Les centristes vaudois s’échauffent pour le marathon électoral

PolitiqueVaud Libre bénéficie de la création des petits partis avant les communales de 2016. Beaucoup redoutent la politique partisane.

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Deux députés, deux syndics, trois municipaux, 150 conseillers communaux et 450 adhérents. C’est le portrait en cinq chiffres de Vaud Libre, la fédération qui ambitionne de réunir les partis indépendants des communes vaudoises sous une bannière. A la veille du marathon électoral des fédérales de 2015, des communales de 2016 et des cantonales de 2017, Vaud Libre prospecte aux quatre coins du canton. Elle a annoncé récemment avoir accepté deux nouveaux membres: l’Entente morgienne et l’Entente indépendante de Romanel.

Des arrivées qui s’ajoutent aux sept membres actuels: Montreux Libre, Vevey Libre, l’Union pulliérane, le Forum d’Ecublens, le Parti indépendant nyonnais, le mouvement Ouverture, à Bex, et Riviera Libre, actif au niveau du district. L’idée est claire: la population a voté en 2011 pour obliger une vingtaine de Communes de plus de 3000 habitants à passer au système électoral proportionnel, avec donc des listes de partis. Les élus s’inquiètent, préférant une politique villageoise sans partis. Alors que des «ententes» et des mouvements indépendants se créent un peu partout ( lire ci-dessous), Vaud Libre dit proposer une alternative à la politique partisane. «Nous sommes en discussion avec des mouvements sur la Riviera, en Lavaux et dans le Chablais», explique le député de Vevey Jérôme Christen, médiatique fer de lance de Vaud Libre. «Nous privilégions les régions où nous sommes déjà présents.» Jérôme Christen est l’un des seuls à avoir été élu avec l’étiquette Vaud Libre. Beaucoup l’ont obtenue en cours de mandat, soit comme dissidents – à l’image du député Serge Melly, ancien libéral-radical –, soit lorsque leur parti a adhéré à Vaud Libre.

Relais cantonal

Mais à quoi Vaud Libre sert-il? Nouveaux ou anciens, ses membres ont les mêmes attentes: une certaine visibilité, un relais au Grand Conseil, un soutien logistique durant les élections, un lieu d’échanges avec d’autres indépendants et une vision supracommunale. «C’est particulièrement important dans des régions comme le Chablais, avec des dossiers tels que l’Hôpital intercantonal de Rennaz», note Anne Bielman, présidente du mouvement Ouverture, créé en 2002 et membre de Vaud Libre depuis l’an dernier.

«Mélange d’idées» sont des mots qui reviennent fréquemment parmi les adhérents. Exemple à Romanel, avec le président de l’Entente indépendante Guillaume Deriaz: «Nous n’avons ni mot d’ordre ni ligne politique et prônons la liberté d’expression parmi nos membres, tout comme Vaud Libre. Nous réunissons la moitié des 60 élus du Conseil communal. Certains sont de droite, d’autres de gauche, d’autres du centre.»

Et quid de la ligne politique de Vaud Libre, avec un discours centriste parfois bien profilé au Grand Conseil, alors que les Ententes se disent indépendantes? «Nous sommes une fédération et non pas un parti cantonal. Chacun garde son indépendance au niveau communal», explique Emmanuel Gétaz, président de Vaud Libre et candidat à la Municipalité de Montreux. «Nos membres partagent des valeurs politiques proches.»

Sur le terrain, la différence entre centrisme et indépendance n’inquiète pas. L’indépendance est assurée, selon Eric Décosterd, à la tête de l’Entente morgienne. «Il n’existe pas une grande différence entre ces deux termes. Les mots d’ordre ne sont ainsi pas l’habitude de Vaud Libre.»

Quelques déçus

Il n’empêche que Vaud Libre a perdu quelques membres ces derniers temps. Reproche principal: une visée politisée et cantonale. Avec trois élus sur 35 à Yvorne, le mouvement Arc-en-Ciel, créé en 2005, s’est distancié de Vaud Libre dont il était membre observateur. «Nous avons en commun la promotion du développement durable économique, social et environnemental, mais Vaud Libre est partisan, au centre de l’échiquier politique», estime le président Jean-Louis Crot. «Arc-en-Ciel réunit des gens de droite, de gauche et du centre, travaillant pour le bien de la commune.»

Mais alors comment font les élus indépendants qui auraient des visées cantonales? Membre observateur de Vaud Libre durant sept ans avant de s’en éloigner cet été, le parti Gens de Gland a trouvé la solution. Avec 28 conseillers communaux sur 75, il autorise ses membres à se présenter aux cantonales et aux fédérales sur les listes d’autres partis. Exemples: l’ancien député Philippe Martinet avec les Verts et l’actuel député Gérald Cretegny avec le Parti démocrate-chrétien. «Nous sommes un parti politique, mais nous nous considérons avant tout comme des habitants de Gland», explique leur président, Laurent Bachelard.

Les partis traditionnels, eux, restent sereins face à ce centre en progression. En 2011, l’UDC et le Parti socialiste se voyaient déjà vainqueurs dans les villages obligés de changer de système électoral et «trustés par des crypto-libéraux». Président du PS vaudois, Stéphane Montangero prévoit de déposer des listes dans deux tiers de ces localités. «Nous n’avons pas lutté pour ce système dans l’idée d’augmenter nos élus en 2016, explique-t-il. L’objectif est de le modifier à moyen terme, en 2021 ou en 2026, voire en 2031.»


Aubonne rêve d'unir tous les partis

Aubonne, Montherod, Saubraz et Saint-Oyens, dans le district de Morges, caressent un rêve encore plus fou que de créer une simple entente communale: réunir sur une même liste tous les partis, de l’UDC aux socialistes, au lieu que chacun crée sa propre liste. «Nous sommes en plein processus de fusion et les quatre Municipalités veulent proposer une transition en douceur», explique le syndic d’Aubonne, Luc-Etienne Rossier. En 2016, le saut sera très important pour ses trois petits voisins, qui ne connaissent aujourd’hui que des Conseils généraux où les citoyens siègent sans avoir besoin d’être élus. «Nous sommes en contact avec les partis et les choses avancent bien», se réjouit Luc-Etienne Rossier (24 heures)

Créé: 30.12.2014, 16h26

Des ententes créées pour éviter les partis traditionnels

Le bien-être du village sans étiquette politique! Et donc avec une seule liste de candidats villageois. C’est le principe qui prévaut dans une majorité des localités qui passeront au système proportionnel pour les élections communales de 2016. Des ententes se créent, comme à Aubonne, à Saint-Sulpice, à Oron, à Corsier, à Saint-Prex, à Blonay, à Echallens, etc. Et tant pis pour ceux qui aimeraient fédérer tout de suite tous les indépendants.
«Une entente est une transition entre l’ancien et le nouveau système, avec un spectre beaucoup plus large qu’un parti traditionnel», souligne Daniel Mosini, syndic de Saint-Prex. Plus de la moitié des élus de sa commune ont annoncé leur intérêt.
A Saint-Sulpice, c’est l’entier de la Municipalité et trois quarts du Conseil qui adhèrent à l’idée du tout nouveau «Saint-Sulpice Ensemble». «Pour débattre des achats de la commune ou du plan général d’affectation, il n’y a pas besoin d’avoir un parti, et notre idée est de garder la philosophie actuelle du village», note Nicolas Weber, président de Saint-Sulpice Ensemble.
Les préoccupations actuelles sont la création proprement dite des ententes, c’est-à-dire l’enregistrement des noms, avec des statuts et un comité. Les décisions à plus long terme, comme peut-être des alliances avec d’autres mouvements, viendront l’an prochain. «Notre assemblée générale décidera au printemps si nous voulons ou non adhérer à un mouvement régional comme Vaud Libre», explique Charles Blanchod, président du Groupement des indépendants de Blonay.

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