Les communes se lancent dans la campagne contre «No Billag»

Votation fédéraleAprès les politiques romands, les collectivités publiques affichent leur intention de protéger «la cohésion nationale».

Laurent Wehrli, président de l'Association Non à No Billag.

Laurent Wehrli, président de l'Association Non à No Billag.

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Lundi, les habitants du Mont-sur-Lausanne recevaient dans leur boîte aux lettres un courrier de la Municipalité les invitant à refuser l’initiative «No Billag». Tous ses membres se sont ralliés à l’Association contre la disparition des radios et TV. «C’est une attaque des néolibéraux contre le service public, qui pourrait bien être suivie d’autres», prévient le syndic Jean-Pierre Sueur (PLR). La Commune a été l’une des premières à dégainer. Elle était suivie hier par Renens et par Morges, qui ont diffusé un communiqué allant dans le même sens. D’autres collectivités devraient suivre en vue de la votation du 4 mars. À l’instar de Lausanne, dont le syndic, Grégoire Junod, (PS) indique toutefois qu’elle n’a pas pour habitude «de faire des envois à toute la population». Un communiqué suivra.

Les initiants de «No Billag» comptent sur la suppression des 451 francs annuels de la redevance radio-TV (alors qu’elle sera ramenée à un plafond 365 fr. dès l’an prochain) pour faire aboutir ce texte. En décembre, la classe politique romande avait eu l’occasion de dénoncer les dangers de cette suppression. Ce n’est donc pas une surprise si les Municipalités vaudoises commencent à emboîter le pas.

«C’est un objet qui réunit au-delà des clivages partisans. Il dépasse même les questions relatives à l’avenir de la presse en touchant à la cohésion nationale»

Mais est-ce seulement le rôle des communes de donner un mot d’ordre en vue d’une telle votation? «La règle générale est que, sur les objets non communaux, les Municipalités peuvent communiquer leur prise de position à condition que leurs membres soient unanimes», rappelle Claudine Wyssa (PLR), présidente de l’Union des communes vaudoises. Bon nombre d’objets de votations fédérales ne déclenchent pas nécessairement une vague de communiqués. Il en va autrement pour la question de «No Billag», constate la présidente des communes vaudoises.

«C’est un objet qui réunit au-delà des clivages partisans, analyse Claudine Wyssa. Il dépasse même les questions relatives à l’avenir de la presse en touchant à la cohésion nationale.» Elle souligne la consultation des Verts visant à regrouper les communes. «Mais il en est qui préfèrent communiquer en dehors de toute couleur politique», ajoute-t-elle.

À la présidence de l’Association contre la disparition des radios et TV, le conseiller national Laurent Wehrli (PLR) se félicite de voir les Municipalité s’engager dans cette campagne contre «No Billag». «La Confédération et les cantons savent ce que notre pays a à perdre en termes de cohésion nationale au cas où l’initiative aboutirait, dit-il. Presque tous les partis nationaux ont pris position, les sections cantonales aussi et je me réjouis de voir que les communes suivent.»

Laurent Wehrli s’attend à voir les messages communaux se multiplier. «Cela prendra des formes diverses, de la lettre du Mont au communiqué, en passant par la présence de municipaux sur les stands dans les marchés», dit-il. Reste à voir si les administrés suivront la position prise par ceux qu’ils ont élus. (24 heures)

Créé: 16.01.2018, 16h08

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