Les «crache-sang» pullulent à Lavaux

NatureUne colonie anormalement nombreuse du coléoptère, inoffensif pour l’homme et la vigne, a été observée à la hauteur de Saint-Saphorin.

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Le lieu est idyllique: une terrasse ombragée d’un grand cèdre, avec vue sur les vignes et le lac. C’est là qu’un lecteur va régulièrement pique-niquer avec son amoureuse. Mais récemment le rendez-vous galant a été un peu gâché par la présence en nombre d’un drôle de «scarabée» noir. «Il y en avait plein partout, ils nous montaient dessus!» explique-t-il.

L’insecte est en fait un coléoptère: le crache-sang, timarque ou chrysomèle noir. Inoffensif pour l’homme et la vigne, il vit sans trop de prédateurs directs. Sa carapace rigide le protège des oiseaux et, s’il est attaqué, le crache-sang fait le mort et libère un liquide orangé (de l’hémolymphe) rebutant et toxique, par la bouche et les articulations, d’où son nom. «Il est assez courant dans le bassin lémanique; ce n’est pas une nouvelle arrivée à Lavaux», indique Yannick Chittaro, biologiste au Centre suisse de cartographie de la faune. Observer l’animal en grand nombre n’est pas une première non plus. «Un collègue en avait signalé 1000 sur un endroit près de Neuchâtel en juillet 2005. Les pullulations locales peuvent donc arriver.»

Aptère (dont les élytres sont soudés, et qui ne peut donc pas voler), le crache-sang ne parcourt que «quelques dizaines, voire centaines de mètres durant sa vie», indique le biologiste. Ainsi, il n’est pas étonnant de l’observer très localement. Surtout si des routes lui barrent le passage: entre la terrasse idyllique et le domaine des Faverges, juste en dessus, la route de Vevey est constellée de coléoptères écrasés.

La colonie pourrait d’ailleurs avoir profité des méthodes culturales bios des Faverges pour se développer. «Il se nourrit uniquement de gaillets, c’est donc dans les zones non désherbées qu’il va retrouver son milieu naturel, qui se raréfie ailleurs», explique Yannick Chittaro. La plante couvrante se plaît dans les vignes biologiques favorisant la biodiversité, confirme Gérald Vallélian, le vigneron des Faverges, médaillé d’argent de la FeVi, qui a immortalisé les larves au printemps (photo).

«Après quelques années dans la culture biologique, on a une forte augmentation de matière organique dans le sol, et le gaillet aime ça!» À tel point que cela peut devenir problématique: très dense, la plante est difficile à faucher et rencontre peu de concurrence. «La présence du crache-sang est une aubaine: sur une petite parcelle, je n’ai pas eu besoin de faucher, ils avaient tout ratiboisé!» Si le prochain hiver n’est pas trop rude et que l’insecte a laissé la vie sauve à quelques plants de gaillet, il y a fort à parier que la colonie sera encore plus nombreuse l’été prochain.

Créé: 19.08.2019, 08h20

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