Les députés ne veulent plus de publicités sexistes

VaudLe parlement a voté une disposition qui bannit l’affichage de pubs dégradantes sur le domaine public.

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C’est par une belle unanimité (moins une abstention) que les députés ont accepté, mardi, d’interdire l’affichage de publicités sexistes sur le domaine public. À tel point que l’on peut se demander pourquoi il a fallu attendre huit ans pour déterrer la motion de l’ancienne députée Verte Sandrine Bavaud, qui est à l’origine de cette nouvelle disposition légale. Quelques jours après la grève des femmes, le député d’Ensemble à Gauche Yvan Luccarini plante le décor: «Les femmes sont sous-représentées dans la sphère publique, sauf dans les publicités.»

«Compléter la loi»

«Il ne s’agit pas de refaire la loi, mais de la compléter», précise pour sa part la conseillère d’État PLR Jacqueline de Quattro. En 2006, le Grand Conseil avait voté une loi interdisant la publicité pour l’alcool et le tabac par voie d’affichage. La modification acceptée mardi étend l’interdiction au sexisme. Une pub est jugée sexiste lorsque «des hommes ou des femmes sont affublés de stéréotypes sexuels mettant en cause l’égalité entre les sexes; […] la personne sert d’aguiche, dans une représentation purement décorative; la sexualité est traitée de manière inconvenante».

«Il n’y a pas de visée pudibonde», assure la Verte Léonore Porchet. Il s’agit de dire stop aux publicités qui «surfent grossièrement sur les stéréotypes sexistes».

Le canton compte quelque 3700 espaces d’affichage, dont une grande partie se trouve dans l’agglomération lausannoise. La compétence décisionnelle reste en main des Communes en matière d’affichage. L’accent est mis sur «l’autorégulation». La commission consultative sur les procédés de réclame délivrera des préavis qui ne seront pas contraignants pour les Communes. Elle sera étoffée du Bureau cantonal de l’égalité entre les femmes et les hommes et d’un éthicien ou d’un sociologue lorsque la commission sera saisie pour des questions relevant du sexisme. «C’est un bon compromis, qui préserve l’autonomie des Communes et qui leur donne un instrument sur lequel elles peuvent s’appuyer pour prendre une décision», estime la socialiste Muriel Cuendet Schmidt.

«Cette nouvelle disposition légale nous permettra d’avoir un espace public vaudois moderne»

Pour Jacqueline de Quattro, cette modification de la loi est «surtout un message fort à l’adresse de la population et des entreprises: le Canton ne veut pas de publicité sexiste». La conseillère d’État rappelle que vous ne pouvez pas échapper à une affiche sexiste sur le domaine public, «elle vous saute aux yeux». Il est donc nécessaire de protéger les plus vulnérables, à commencer par les enfants. «Ces publicités sexistes participent à forger de mauvaises opinions, ajoute la députée de l’Alliance du Centre Circé Fuchs. Cette nouvelle disposition légale nous permettra d’avoir un espace public vaudois moderne.» Quant à Sandrine Bavaud, elle «est ravie» de la réponse qui est faite à sa motion, selon la députée Verte Rebecca Joly.

Créé: 18.06.2019, 21h15

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