Les députés soutiennent l'essor de l'éducation numérique

Grand ConseilAprès le Conseil d’État, c’est au tour du Grand Conseil d’insister sur le développement de l’enseignement du numérique à l’école.

La conseillère d'Etat Cesla Amarelle a défendu l'inclusion de l'informatique à l'école après avoir traité avec les députés la loi sur la formation professionnelle.

La conseillère d'Etat Cesla Amarelle a défendu l'inclusion de l'informatique à l'école après avoir traité avec les députés la loi sur la formation professionnelle. Image: JEAN-BERNARD SIEBER/ARC

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur?

En acceptant une motion de Catherine Labouchère (PLR) à une très large majorité, les députés chargent le gouvernement de renforcer l’enseignement numérique à l’école obligatoire. Cela tombe bien, le Conseil d’État a déjà indiqué dans son programme de législature qu’il voulait «développer l’éducation numérique et la culture générale de la numérisation dans l’ensemble du système de formation».

«Que l’on approuve ou que l’on ait des réticences à son égard, la société numérique est bien réelle, a noté Catherine Labouchère. La formation devient indispensable pour la comprendre.»

«Les risques de l’école numérique sur l’environnement et sur la santé sont trop importants et les avantages trop incertains»

Le rapport de commission rappelle que la motionnaire a déjà déposé en 2016 un postulat sur la transition numérique et qu’elle «se réjouit de voir que la réponse a en partie intégré le programme de la législature en cours». De son côté, la conseillère d’État Cesla Amarelle, responsable de la formation, «se réjouit» de cette nouvelle motion. Enfin, la commission a voté à «l’unanimité» la prise en considération de ce texte.

Le débat en plénum ne s’annonçait donc pas très virulent. Néanmoins, il y a eu quelques voix discordantes. La Verte Sabine Glauser Krug a relevé que, aujourd’hui: «L’addiction aux écrans est un problème médical reconnu. Les risques de l’école numérique sur l’environnement et sur la santé sont trop importants et les avantages trop incertains. Si les enfants ont besoin d’être connectés, c’est à la nature.» Le député d’Ensemble à Gauche Hadrien Buclin a émis lui aussi «quelques réserves»: «Une certaine prudence est nécessaire dans le développement de l’enseignement de l’informatique, notamment face aux risques pour les écoles de dépendance aux grandes multinationales de l’informatique.»

Le socialiste Alexandre Rydlo voudrait, lui, aller plus loin: «Au-delà de la question des tablettes numériques dans l’enseignement, il me semble que l’instruction de la programmation informatique est essentielle.»

Développer l’esprit critique

La conseillère d’État a d’abord voulu rassurer en expliquant que pour comprendre les algorithmes, il n’est pas nécessaire de recourir constamment à des tablettes. «Je ne voudrais pas que cette question de l’approche des sciences informatiques aboutisse au sein du parlement à un débat pour ou contre les tablettes numériques à l’école, parce que ce n’est pas du tout le débat, a estimé Cesla Amarelle. La question est de savoir comment améliorer l’une des compétences les plus importantes pour nos enfants au XXIe siècle qui va être le développement de l’esprit critique.» (24 heures)

Créé: 01.05.2018, 21h51

La loi précisera mieux les rouages de l'orientation

Les députés ont consacré une partie de l’après-midi de mardi à la loi sur l’orientation professionnelle, véritable machine à prévenir les décrochages des jeunes après l’école. Le système mérite la plus grande attention dans le canton de Vaud où le taux de diplômés chez les moins de 25 ans est un des plus bas de Suisse.

Emmanchée sous le règne d’Anne-Catherine Lyon, la révision de la loi de 1980 couche sur le papier des pratiques déjà utilisées depuis plusieurs années.

Ainsi, le fameux «case management», qui consiste à regrouper des compétences administratives autour du «cas», devient formalisé dans un article de loi. Enfin presque, puisque le PLR Philippe Vuillemin a plaidé et obtenu que la formule soit transcrite en français. La loi parlera donc de «gestion de cas» pour la formation professionnelle.

Il s’agissait aussi de pérenniser toutes les mesures de la transition pour les élèves qui ne trouvent pas chaussure à leur pied à la sortie de l’école obligatoire. Le rapporteur de la commission, le Vert Jean-Marc Nicolet a rappelé la nécessité de consolider tous les dispositifs propres à aider les jeunes à ce stade de leur parcours. Il cite la proportion encore très importante (13,5%) de ceux qui sont sans solution. Il y a également urgence à faire reculer l’âge d’entrée des jeunes en apprentissage, la moyenne vaudoise restant très élevée par rapport, notamment, à la Suisse alémanique.

Les professionnels responsables de l’orientation ne seront plus nécessairement que des psychologues. La loi prescrit qu’ils soient «au bénéfice d’une formation spécialisée reconnue par la Confédération».
Un court débat s’est engagé à l’initiative de Jean-Louis Radice du groupe PDC-Vaud Libre qui se demandait ce que recouvrait cette «formation spécialisée». La conseillère d’État Cesla Amarelle a précisé qu’elle incluait une formation universitaire de conseiller en orientation par le biais d’un MAS (Master Advanced Studies) de deux ans en ressources humaines, dispensé à Lausanne, Fribourg, Genève et Neuchâtel. L’ouverture à ce type de diplôme rencontre les exigences de la libre circulation.

Mais surtout, la loi révisée consacre l’obligation pour les professionnels de suivre régulièrement de la formation continue. «Cela permet de rester connecté aux réalités du marché du travail et de réactualiser les conseils dans un contexte où beaucoup de nouveaux métiers émergent», insiste Cesla Amarelle, appuyée par plusieurs députés. La révision est en bonne voie: le premier débat a été achevé mardi. Lise Bourgeois

En bref

Terrain pour le futur gymnase d'Echallens

Les députés ont donné leur blanc-seing à un crédit de 5 millions pour acheter à la commune d’Echallens un terrain de 18 hectares en vue du futur gymnase d’Echallens. Situé sur la fraction nord d’une grande parcelle qui se trouve à proximité du chemin du Tabousset, l’endroit est facilement accessible et trône au milieu d’une une zone à faible densité d’habitation. Le crédit d’ouvrage suivra. Vingt-cinq classes devraient ouvrir à la rentrée 2020 et 25 autres à la rentrée suivante. Mais ce calendrier est encore provisoire, précise Pascal Broulis. L. BS

Articles en relation

«Croire que la transition numérique peut se passer de l’État est une erreur»

Interview Les deux conseillers d’Etat lémaniques, Nuria Gorrite et Pierre Maudet, proposent de créer une conférence intercantonale sur le numérique. Plus...

[VIDÉO] A l’école vaudoise, on apprend déjà à coder

Enseignement La Conseillère d’Etat Cesla Amarelle lance un appel à projets pour stimuler l’enseignement du numérique, à la traîne dans le canton. Des initiatives existent déjà. Plus...

Trop de jeunes Vaudois restent sur le carreau

Formation Alors que la Suisse vise 95% de diplômés à l’âge de 25 ans, le taux cantonal plafonne à 84,8%, en queue de classement. Le remède choisi: valoriser la formation professionnelle. Plus...

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

L'actualité croquée par nos dessinateurs partie 6

Paru le 11 décembre.
(Image: Bénédicte) Plus...