Les élèves vaudois ont-ils trop de tests?

ÉcoleLes évaluations, le poids des disciplines, les devoirs à domicile font l’objet d’une vaste consultation des enseignants.

Les tableaux interactifs ont petit à petit remplacé les tableaux noirs dans les écoles.

Les tableaux interactifs ont petit à petit remplacé les tableaux noirs dans les écoles. Image: Jean-Paul Guinnard-A

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La conseillère d’État Cesla Amarelle l’a dit et redit: revoir l’application de la Loi sur l’enseignement obligatoire (LEO) est l’un des chantiers prioritaires de son département. Dans le lexique de la socialiste, cela s’appelle une «consolidation de la LEO». Il n’est pas nécessaire d’aller jusqu’à modifier la loi, ce qui demanderait un vote du Grand Conseil. Le travail se passe à l’échelon, au mieux, réglementaire, qui reste de la compétence gouvernementale.

Le mois passé, les 92 établissements scolaires ont ainsi reçu un questionnaire de douze pages. Il porte sur la révision du Cadre général des évaluations, ce bréviaire mis au goût de la nouvelle LEO il y a six ans, et que nombre de profs jugent à la fois trop floue ou trop contraignante selon ses chapitres. Le formulaire de consultation envoyé le 19novembre aborde notamment les évaluations proprement dites - y en a-t-il trop, quelle serait leur fréquence idéale? -, mais aussi les devoirs à domicile ? combien d’heures par semaine les élèves devraient-il s’y consacrer? -, les programmes personnalisés pour les élèves à besoins particuliers, ou encore le poids des différentes disciplines dans les décisions de promotion, d’orientation, de certification.

«La consultation se veut large. Nous avons suggéré que les conseils d’établissement donnent aussi leur avis»

Tous ces thèmes sont régulièrement abordés au sein du groupe de travail LEO, où la conseillère d’État côtoie syndicats, représentants des parents d’élèves, directeurs d’école, etc. Ce sont aussi les sujets de discussion récurrents lors des nombreuses visites de Cesla Amarelle dans les établissements, relève Giancarlo Valceschini, directeur général de l’enseignement obligatoire. Formellement, ce sont les directions qui ont reçu le questionnaire, à charge pour elles de le transmettre aux enseignants, d’en discuter si elles le souhaitent en conférence des maîtres et de transmettre les différentes réponses au DFJC. «La consultation se veut large. Nous avons aussi suggéré que les conseils d’établissement (ndlr: où siègent parents d’élèves et autorités communales) puissent donner leur avis.»

«Sur des sujets aussi importants, il faut vraiment que les enseignants aient le temps d’échanger, d’argumenter, de débattre»

D’abord fixé à mi-décembre, le délai de réponse a été repoussé à fin janvier, après que des récipiendaires se sont plaints du timing trop serré. Président de la Société pédagogique vaudoise (SPV), Gregory Durand approuve la démarche mais regrette une forme de «précipitation». «Sur des sujets aussi importants, il faut vraiment que les enseignants puissent avoir le temps d’échanger, d’argumenter et de débattre entre eux. Et cette consultation intervient en décembre, à une période toujours chargée», observe-t-il.

Le travail de synthèse qui attend le DFJC s’annonce ardu. Sur la question délicate du poids des disciplines par exemple, les syndicats ne parlent pas d’une même voix. La Société vaudoise des maîtres·sse·s secondaires (SVMS) a elle-même proposé l’une des variantes que le DFJC soumet aux sondés. «Le système actuel (ndlr: où les branches sont réparties en petits groupes avec des minima différents à atteindre) est déséquilibré, lance le président Gilles Pierrehumbert. Les sciences n’ont que quatre notes, ce qui leur donne un poids énorme par rapport aux autres disciplines du même groupe qui ont une douzaine de notes. Les activités créatives ne comptent pas assez, etc.»

La SVMS propose un système semblable à celui de l’école de maturité, où il faut cumuler un minimum de points dans les branches fondamentales doublées d’un minimum de points dans la totalité des disciplines. La SPV y voit une avancée mais s’est prononcée en défaveur de cette idée et demande une réflexion plus générale sur les examens et les branches qui y sont soumises.

«Le degré de consensus des retours déterminera bien sûr la rapidité à laquelle les modifications pourront être mises en œuvre», note Giancarlo Valceschini. Il n’est pas dit que ce pourra être fait pour la rentrée 2020-2021.

Créé: 07.12.2019, 08h24

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