Les gymnasiens vaudois convergent à Renens

Rentrée scolaireAttendu depuis plus de 20 ans par l’Ouest lausannois, le Gymnase de Renens ouvre avec un an d’avance pour contenir le boom du nombre d’élèves dans le canton.

Cadeau de bienvenueLes nouveaux élèves du Gymnase de Renens ont tous reçu un sweat-shirt aux couleurs de l’établissement.

Cadeau de bienvenueLes nouveaux élèves du Gymnase de Renens ont tous reçu un sweat-shirt aux couleurs de l’établissement. Image: Patrick Martin

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Tout un symbole. Hier, le nouveau Gymnase de Renens ouvrait ses portes à ses tout premiers élèves. Et il est à l’image de sa ville d’élection: tout à la fois flambant neuf, encore en travaux et entouré de chantiers, posé au milieu d’une zone industrielle en pleine renaissance.

GYRE de son petit nom, aussi abrégé CEOL, pour Centre d’enseignement post-obligatoire de l’Ouest lausannois, l’établissement est officiellement le onzième gymnase vaudois. Ce qui n’allonge pas vraiment la liste, puisqu’il fusionne avec celui de Provence, inauguré en 2010 déjà. C’est donc sur deux sites distincts, un sur Renens et un sur Lausanne, que le CEOL accueillera cette année un effectif d’environ 1200 élèves, dont 750 dans les nouveaux locaux. Une rentrée partielle, puisque le site de Renens finira de se remplir l’an prochain seulement, pour accueillir 450 gymnasiens de plus.

En ce premier jour de cours, les élèves affectés à Renens découvraient donc leur nouveau royaume, un complexe d’une sobriété toute moderne, fait de deux blocs entourant une cour. Signes particuliers: échafaudages et ouvriers font toujours partie du paysage, quelques câbles pendent encore par-ci par-là et la cafétéria n’ouvrira que fin octobre. C’est que le Gymnase de Renens, commencé en 2014, a été construit en quatrième vitesse: «Il ouvre avec un an d’avance, se félicite Anne-Catherine Lyon, conseillère d’Etat en charge de la formation. Sans cela, nous aurions été dans une situation très difficile par manque de locaux dans le canton.» De fait, l’Ouest lausannois a beau attendre «son» gymnase depuis plus de 20 ans, le CEOL répond à des besoins qui dépassent largement ceux du district.

Gymnase de banlieue?

«Parmi les gymnases vaudois, c’est en fait le seul qui soit vraiment cantonal», répète volontiers le directeur de l’établissement, Patrick Monbaron. En effet, sur les 750 élèves du nouveau site de Renens, il estime que seuls 150 à 200 viennent de l’Ouest lausannois. «Nous avons des élèves de la région de Nyon, de la vallée de Joux et même de Villeneuve», précise-t-il.

Dans la cour de l’établissement, on le constate, des gymnasiens des quatre coins du canton convergent vers Renens. Avec plaisir la plupart du temps. Mais pour certains, ils y atterrissent surtout faute de place ailleurs. «Venir ici, ce n’était pas mon premier choix», confesse Loïc Lambelet, 19 ans. Venu de la région morgienne, il aurait bien fait sa troisième année de matu près de chez lui. «Ce que je voulais, c’était rester au Gymnase de Morges, ou alors, au moins aller à Lausanne. Renens, ce n’est pas vraiment la ville, plutôt la banlieue.»

A vue de nez, étudier dans la capitale reste un must pour certains, comme Wesselia Ngoenha, 14 ans. Venue de Cossonay, la jeune fille se serait bien vue rejoindre le Gymnase de la Cité ou Auguste-Piccard: «C’est un peu plus loin, mais c’est le centre-ville!» explique-t-elle. Tout le monde n’a pourtant pas les mêmes préférences, comme Lucas Jaccard, 15 ans, lui aussi de Cossonay: «Venir ici, c’est quand même vraiment facile. En plus, le Gymnase est nouveau, et de toute façon, où qu’on aille, on se fera des potes!» Le jeune homme met le doigt sur un des atouts stratégiques du CEOL: la gare de Renens, toute proche, et sa capacité à drainer des élèves de presque toutes les régions.

Provoc et bienveillance

S’il y a encore des réticences, Patrick Monbaron les avait anticipées, mais il n’y voit qu’une raison de plus pour «convaincre» et «rassembler», deux termes qu’il répète volontiers. Pour avoir dirigé le Gymnase de Provence ces cinq dernières années, c’est un exercice qu’il a d’ailleurs déjà pratiqué: «J’ai connaissance de deux personnes qui ne voulaient pas venir étudier à Renens, mais j’en ai déjà entendu tellement à Provence!» Aujourd'hui, il l’assure: ce gymnase, pourtant mal aimé à ses débuts, est désormais victime de son succès. On le croit sans peine. A l’heure du discours de bienvenue pour les troisième année, c’est presque une standing ovation que reçoivent les doyens de Provence.

Pour transformer l’essai aux commandes du Gymnase de Renens, Patrick Monbaron a quelques cordes à son arc. Il y a bien sûr la maturité bilingue français-anglais, qui sera l’une des spécificités de Renens. Mais le directeur insiste, ce ne sera qu’une carte de visite parmi d’autres. Comme à Provence, c’est sur le facteur humain qu’il semble compter avant tout, armé lui-même d’un esprit qu’il qualifie volontiers de «provoc», du haut de ses 62 ans. Exemple du style Monbaron: «Un jour un père est venu me voir, et il a simplement déclaré «Ma fille porte le voile!» Je lui ai répondu: «La Vierge Marie aussi.» Ce qui nous a tous les deux fait rire.»

Dans une région connue pour sa diversité culturelle, le directeur du Gymnase de Renens prêche l’ouverture et ne voit pas de raison de se braquer sur la question du voile, par exemple. Son credo: «Je crois en la bienveillance. Ça ne signifie pas tout accepter de la part des élèves, mais il faut les accueillir avec ce qu’ils ont, avec leurs compétences, et les encourager.» (24 heures)

Créé: 22.08.2016, 21h39

Loïc Lambelet

19 ans, Echandens, 3e année

«J’aurais voulu aller à Morges ou alors à Lausanne. Renens, ce n’est pas vraiment la ville, plutôt la banlieue.» (Image: Patrick Martin)

Lucas Jaccard

15 ans, Cossonay, 1re année

«Venir ici, c’est vraiment facile. Le gymnase est nouveau, et de toute façon, où qu’on aille, on se fera des potes.» (Image: Patrick Martin)

Un nouveau gymnase tous les cinq ans

Le Gymnase de Renens apporte une bouffée d’oxygène à des gymnases vaudois qui peinent à contenir le nombre croissant d’élèves. Il y a encore quatre ans, les projections tablaient sur 10'791 gymnasiens pour la rentrée 2016. Ils seront finalement 12'656, soit près de 2000 de plus. Pour faire face, le Canton a joué plusieurs cartes. Il a, par exemple, opté pour le maintien du Gymnase de Provence, qui fusionne avec celui de Renens, alors qu’il devait disparaître. Il a aussi fait construire des extensions pour augmenter la capacité d’autres sites. Le Gymnase Auguste-Piccard, à Lausanne, a ainsi gagné neuf classes en préfabriqué à la rentrée dernière et, entre 2013 et 2014, celui de Nyon a ouvert un nouveau bâtiment d’une quarantaine de classes. Le Canton a aussi annoncé son intention d’investir pour permettre au Gymnase intercantonal de la Broye d’accueillir 400 élèves de plus ces prochaines années.
Mais ce n’est pas tout. Au menu des grands chantiers, le Canton promet déjà trois nouveaux gymnases d’ici à 2030: à Aigle, à Echallens et à Rolle. Par la suite, une planification dévoilée en 2012 table sur une nouvelle école tous les cinq ans pour suivre le rythme de la démographie vaudoise. «2030, c’est demain, commente Anne-Catherine Lyon, mais il n’y a pas de doute, nous y arriverons!» Projet le plus avancé, le Gymnase d’Aigle s’implantera sur le site de l’Hôpital d’Aigle au début de la prochaine décennie. Quant à Echallens et à Rolle: «Nous en sommes au stade de la recherche et de l’acquisition de terrains», explique la conseillère d’Etat.

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