Les mouches clarifient les gènes zombies

GénétiqueUne scientifique de l'UNIL a démontré que des gènes mutés dans les neurones et censés ne plus servir pouvaient rester actifs.

«Drosophila melanogaster», la star des laboratoires de biologie.

«Drosophila melanogaster», la star des laboratoires de biologie. Image: Keystone

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Les biologistes les appellent des gènes zombies, ou pseudogènes. Il s’agit de gènes qui ne sont plus actifs à la suite d’une ou de plusieurs mutations. Les recherches d’une scientifique de l’Université de Lausanne (UNIL) montrent que, dans certains cas, ces gènes peuvent malgré tout continuer à jouer leur rôle. Elles font l’objet d’une publication dans la prestigieuse revue scientifique Nature.

Lucia Prieto Godino, première auteure de l’étude et post-doctorante dans l’équipe du Pr Richard Benton, a travaillé sur deux espèces de petites mouches, des drosophiles. L’une étant Drosophila melanogaster, la vedette des labos de biologie à travers le monde. Et l’autre répond au nom de Drosophila sechellia, une espèce vivant exclusivement aux Seychelles, spécialisée dans la détection d’un fruit qui pousse sur ces îles.

Perception des odeurs

Cette étude voulait évaluer la perception des odeurs chez ces mouches. De nombreux pseudogènes sont, en effet, présents, chez certains animaux, dans les répertoires des gènes codant pour les récepteurs olfactifs. Parce que, disent les biologistes, ces animaux perdent souvent les récepteurs pour les odeurs qu’ils n’ont plus besoin de percevoir.

«Nous avons fait une découverte surprenante en mettant en évidence le fait qu’un pseudogène du récepteur olfactif de Drosophila sechellia, a priori non fonctionnel, était en réalité toujours actif», détaille Lucia Prieto Godino. Les chercheurs expliquent cette anomalie par un mécanisme connu sous le nom de «read through» (continue à lire, en traduction française littérale). Il permet à une cellule d’ignorer une mutation qui normalement conduit à la fin de l’expression d’un gène. Mais cela ne fonctionne, semble-t-il, que pour les cellules neuronales.

«Cela renouvelle nos connaissances d’un mécanisme biologique fondamental, commente Richard Benton. Cela peut s’avérer intéressant aussi dans le cadre de notre compréhension des maladies génétiques, qui sont parfois le résultat de mutations de certains gènes.» (24 heures)

Créé: 24.10.2016, 16h56

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