Les paroles du «Notre Père» changent, il faut s’habituer

PrièreLa nouvelle traduction entre en vigueur dimanche à l’occasion de la fête de Pâques. Elle semble encore peu connue dans les lieux de culte lausannois.

Connaissez-vous le nouveau «Notre Père»?
Vidéo: PATRICK CHUARD et ROMAIN MICHAUD

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Non, ce n’est pas un poisson d’avril. Certaines paroles du «Notre Père», la prière la plus importante et la plus récitée des chrétiens, va changer officiellement dimanche. «Ah bon?» s’étonnent de nombreux Lausannois questionnés sur le sujet devant les lieux de culte à la veille du week-end pascal. Visiblement peu au courant. «Je suis pour les traditions, s’insurge une jeune femme devant Saint-François. Je serais pour laisser comme c’était et ne pas tout bouleverser.» Mais non! répond une quadragénaire venue prier à l’église du Valentin. «Le «Notre Père» ne change pas vraiment, c’est seulement une phrase qui est traduite différemment.»

Tout juste. Le passage «ne nous soumets pas à la tentation» devient «ne nous laisse pas entrer en tentation». C’est ainsi que la prière sera récitée ou chantée dès ce dimanche dans les églises et les temples de Suisse romande. Un changement mineur mais sur lequel trébuchent et hésitent encore de nombreux chrétiens. Même les plus éminents. «Il faut y penser quand on commence la prière et être attentif pendant la récitation, sinon on se lâche et on se trompe… Il va me falloir quelque temps», admet Mgr Jean Scarcella, le père-abbé de Saint-Maurice, responsable des questions liturgiques à la Conférence des évêques suisses.

La nouvelle version rend mieux l’esprit du texte original
Si la prière change, c’est parce qu’une nouvelle traduction de la Bible liturgique des catholiques a été approuvée par Rome en 2013. L’Église adapte ses textes en conséquence, dont la prière du «Notre Père» qu’on trouve dans l’Évangile de Matthieu. La nouvelle version rend mieux l’esprit du texte original et élimine l’idée que Dieu lui-même soumet le chrétien à la tentation. Elle aurait dû entrer en vigueur en 2017, mais elle a été repoussée à Pâques 2018 «afin de permettre de faire cette démarche ensemble avec nos frères protestants», déclarait récemment Christophe Godel, vicaire épiscopal pour le canton de Vaud, dans l’«Écho Illustré».

Fâchés à juste titre de n’avoir pas été consultés, les protestants ont suivi. Essentiellement pour pouvoir continuer à réciter la prière de concert avec les catholiques. Très divisé, le Synode de l’Église évangélique réformée vaudoise (EERV) s’est résolu à l’approuver en novembre 2017. «Tout mon être théologique se révolte contre cette modification, mais je vous invite à l’accepter par pur pragmatisme», avait alors déclaré la pasteure Florence Clerc Aegerter. De son côté le Réseau évangélique suisse (RES) s’est prononcé «sans conviction» pour la nouvelle formule en décembre.

De toute façon, moi je succombe souvent à la tentation
Faudra-t-il réimprimer tous les livres contenant la prière? Et combien coûtera ce changement? Les catholiques ne peuvent avancer un prix. «Le nouveau missel est encore en cours d’édition, il devrait sortir en 2019. Et sa parution est de toute manière prévue, elle ne dépend pas du changement seul de cette prière», explique Jean Scarcella. En attendant, les paroisses qui le souhaitent peuvent commander les post-it préimprimés avec le nouveau texte, à coller dans les livres actuels, au Centre romand de pastorale liturgique.

Dans les églises protestantes, «les seuls ouvrages pérennes sont les psautiers «Alléluia». Un feuillet autocollant a été imprimé et distribué aux paroisses afin d’être collé sur l’ancienne version de la prière», explique Xavier Paillard, président de la Conférence des Églises réformées de Suisse romande (CER). Le prix des 30'000 feuillets pour les différents cantons se monte à 2800 francs.

Bien éloignés de ces soucis, les chrétiens interrogés à Lausanne livrent pas mal de versions différentes. «Ne nous laissez pas succomber à la tentation», récite ainsi une retraitée, adoptant une version d’avant 1966. «Ne nous laissez pas tomber en tentation», hasarde un homme qui avoue peu fréquenter les églises. «De toute façon, moi je succombe souvent à la tentation», ajoute un autre Lausannois.

Créé: 30.03.2018, 13h01

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