Les paysages vaudois ont leur machine à remonter dans le temps

InternetLes internautes sont appelés à géolocaliser des photos de toute la Suisse, dont 445 images du canton mises en ligne.

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C’est un site Internet qui tient de la machine à remonter le temps. Smapshot a été lancé en mars dernier par un ancien doctorant de l’EPFL qui développe désormais son projet pour la HEIG-VD. Timothée Produit a eu cette idée: mettre en ligne d’anciennes photos de paysages et appeler les internautes à l’aide pour les géolocaliser sur une carte en trois dimensions de la Suisse. «Faire participer le public est à la base du projet, explique le jeune chercheur. Aujourd’hui, il n’existe pas véritablement de moyen de géolocaliser des images d’archives de manière automatique.»

De quoi avait l’air la Maladière, à Lausanne, avant la construction de son énorme rond-point? Et qu’y avait-il avant les autoroutes qui ceinturent la capitale vaudoise? Plus de 400 photos aériennes prises dans le canton de Vaud dans les années 1960 viennent tout juste d’être mises en ligne sur le site, qui rassemble désormais 2423 images de tout le pays. Après avoir visionné un tutoriel pour comprendre comment géolocaliser une image, l’utilisateur part à la recherche des paysages qui lui rappellent des souvenirs. Il peut ensuite désigner l’endroit exact d’où chaque photo a été prise et la comparer avec le paysage d’aujourd’hui.

Une collection vaudoise

Ces clichés d’antan proviennent en grande partie de la Collection Perrochet Pleinciel, un fonds de 35 000 images conservées à l’EPFL, aux Archives de la construction moderne (ACM). «C’est une collection unique en Suisse, et peut-être même dans le monde», relève Salvatore Aprea, conservateur délégué des ACM. Les images sont en effet le résultat d’une campagne nationale de photographie aérienne réalisée entre 1960 et 1968. Fait cocasse, on ne la doit pas aux topographes de la Confédération, mais à un fabricant de cartes postales lausannois, Perrochet SA.

«C’est une collection unique en Suisse, et peut-être même dans le monde»

«A l’origine, ces images avaient un but commercial, explique Salvatore Aprea. Aujourd’hui, grâce à la géolocalisation, elles acquièrent une valeur scientifique. C’est d’abord une ressource pour la recherche historique sur les villes, le bâti, l’environnement, et même sur la société. Cela permet d’en comprendre l’évolution, dans le bon et dans le mauvais sens.»

Grâce à une petite communauté d’utilisateurs, une grande partie des paysages mis en ligne a déjà pu être identifiée. Mais il y a encore du pain sur la planche, car la collection d’images sera sans cesse alimentée à mesure que d’autres photos seront numérisées. SmapShot devrait en effet accueillir bientôt quelque 180 000 clichés anciens de la Suisse appartenant à l’Ecole Polytechnique de Zurich. «C’est une opération de science pour tous qui nous permettra de capter un maximum d’informations sur ces images, se réjouit Salvatore Aprea. Il n’y a pas de limite au nombre de personnes que nous pouvons sensibiliser à travers un tel outil!»

(24 heures)

Créé: 12.06.2017, 17h43

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