Les physios ne traitent que les urgences, c’est-à-dire?

SantéÉtablir des critères définissant quels sont les cas urgents se révèle compliqué pour les thérapies manuelles.

Les pratiquants de thérapies manuelles, comme les physiothérapeutes ou les ostéopathes, doivent définir quels sont les cas urgents à traiter.

Les pratiquants de thérapies manuelles, comme les physiothérapeutes ou les ostéopathes, doivent définir quels sont les cas urgents à traiter. Image: Toa Heftiba/Unsplash

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Pour protéger patients et soignants, l’OFSP a demandé aux professionnels de la santé d’annuler toute consultation qui ne relève pas de l’urgence. Cette ordonnance fédérale met dans l'embarras de nombreux thérapeutes pratiquant des soins pour lesquels le contact manuel est prépondérant. La notion d’urgence ne leur est pas étrangère mais elle n’a pas été définie sur la base de critères précis. Qu’en est-il pour les physiothérapeutes, les ostéopathes et les chiropraticiens?

Quand Thierry Smets, président de Physiovaud, a appris la décision de l’OFSP, il s’est empressé d’envoyer un courrier aux 680 membres pour leur signaler que l’association avait cherché à définir cette notion d’urgence en partenariat avec l’office du médecin cantonal. «Les critères ont été transmis au Département de la santé et de l’action sociale pour être validés, indique-t-il. Nous attendons une réponse.»

Le président des physiothérapeutes vaudois ne cache pas que l'établissement de ces critères s’est révélé complexe. «Nous n’avons pas de situation vitale. Ce qui est urgent, c’est ce qui est indispensable», estime-t-il. Il y a les cas pour lesquels une absence de traitement expose à des séquelles à long terme, voire irréversibles (par exemple dans le cadre d’un suivi postopératoire pour une prothèse de genou), et les cas où une absence de traitement entraîne une péjoration invalidante d’un état douloureux.

Puis il y a le groupe des personnes traitées pour du maintien à domicile. Ce sont par définition des personnes fragiles, soit par leur grand âge, soit par les comorbidités présentes. Une interruption prolongée de traitement pourrait se solder par un recours à une consultation d’urgence ou par un besoin de placement, malvenus par les temps qui courent. Thierry Smets précise que ces critères ont été partagés avec les associations des autres cantons romands. Il souhaite même disposer d’une base de critères uniforme au niveau national.

De son côté, l'Association des chiropraticiens du Canton de Vaud est aussi en train de préparer une liste de critères qui devra être validée par le médecin cantonal. Émilie Léonard, chiropraticienne au centre médical de Vidy, reconnaît que c’est compliqué dans le domaine de la douleur. «Mais nos compétences dans le diagnostic des pathologies musculosquelettiques pourrait permettre d’éviter d’engorger les services d'urgence avec une masse de patients en douleur aiguë.» La doctoresse précise qu’il y a suffisamment de cabinets ouverts pour répondre aux cas urgents.

À la la Société cantonale vaudoise d'ostéopathie, on attend une clarification du Département de la santé publique. «C’est difficile de spécifier cette notion d’urgence, estime son président, Cédric Le Grand. Est-ce lié à la douleur, au fait qu’on se retrouve handicapé au quotidien? Est-ce quand un patient hésite à se rendre aux urgences? Dans ce cas, on a notre rôle à jouer. Mais il y a ambiguïté. Vu que nous pouvons continuer à travailler en tant qu’indépendant, mais que notre consultation a diminué de plus de 95%, serons-nous indemnisés par l’État?»

Créé: 25.03.2020, 08h07

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