Les tests cantonaux en 8e sont-ils trop stressants?

ÉcoleL’épreuve cantonale de référence, valant 30% de la moyenne, inquiète certains élèves, parents et profs. Le combat devient politique.

Vassillis Venizelos (député Les Verts au Grand Conseil) dénonce une situation inutilement stressante. Marie-Pierre Van Mullem (Présidente de l'Association VD des parents d'élèves) a l'impression que les parents pensent qu'il s'agit d'un examen d'orientation. Gregory Durand (Président de la Société pédagogique vaudoise) estime que le stress provient en partie de l'orientation en fin de 8e année.

Vassillis Venizelos (député Les Verts au Grand Conseil) dénonce une situation inutilement stressante. Marie-Pierre Van Mullem (Présidente de l'Association VD des parents d'élèves) a l'impression que les parents pensent qu'il s'agit d'un examen d'orientation. Gregory Durand (Président de la Société pédagogique vaudoise) estime que le stress provient en partie de l'orientation en fin de 8e année. Image: Laurent Crottet, Florian Cella, DR

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Une «épreuve cantonale de référence», abrégée ECR, c’est un test que passent tous les élèves d’une même volée, le même jour et à la même heure. Cette année, ils étaient 31'000 écoliers à le faire (lire encadré). Si personne ne remet en cause ce système, un front commun se dessine pour alléger le poids du test des écoliers de 8e année (12 ans), qui vaut 30% de la moyenne annuelle depuis 2013.

Cette situation provoque le stress de certains élèves, parents et enseignants, alors que la fin de la 8e année est le moment où les enfants sont orientés vers la voie prégymnasiale (VP) ou la voie générale (VG). Le combat pour changer cette règle s’est fait jour la semaine dernière au Grand Conseil, à l’instigation du député écologiste Vassilis Venizelos. Son but: réduire l’ECR de 8e à une simple note, comme en 6e et en 10e.

L’idée est soutenue par l’Association des parents d’élèves et une partie des enseignants. «La situation actuelle est inutilement stressante», commente Vassilis Venizelos. Ce mardi, il déposera d’ailleurs un postulat pour demander au Conseil d’État une étude sur un changement de règle et sur le réel impact de la pondération de 30%. «Je ne suis pas un grand admirateur de notre système qui donne trop d’importance à l’évaluation normative des enfants, ajoute Vassilis Venizelos. Avec ce système en 8e année, cela amène à une vision selon laquelle on va rendre les élèves meilleurs en leur créant une embûche.» Lui-même se défend de vouloir protéger ses enfants: «L’un vient de passer son ECR de 8e et cela s’est bien passé.»

Mieux expliquer aux parents

La semaine dernière, lors d’une première discussion sur ce sujet, plusieurs parlementaires de droite ont indiqué leur soutien à ce poids de 30%. Parmi eux: la libérale-radicale Florence Bettschart-Narbel, dont les enfants ont eux-mêmes passé cet ECR. «On fait beaucoup de cas de cette pondération. Ces épreuves provoquent du stress, mais la vie n’est pas un long fleuve tranquille. Ce qu’il faudrait, c’est une meilleure information aux parents, pour expliquer que ces épreuves sont juste une continuité de ce qui a été déjà fait en classe durant l’année.»

Piloter le système scolaire

Néanmoins, parents d’élèves et profs sont critiques face au poids de l’ECR en 8e année. L’Association vaudoise des parents d’élèves (APE) milite ainsi pour que la note obtenue compte comme un test classique. «La pondération actuelle donne aux parents l’impression qu’il s’agit d’un examen d’orientation», regrette Marie-Pierre Van Mullem, présidente de l’APE. «Pourtant les enfants n’auraient normalement pas à réviser de manière particulière pour ces épreuves, censées intervenir dans la continuité des cours et censées servir à piloter le système global d’enseignement. Le département ne communique pas assez là-dessus.»

Les syndicats enseignants ont une vision plus large. Pour Gregory Durand, président de la Société pédagogique vaudoise (SPV), l’épreuve de 8e année n’est que la «pointe de l’iceberg» du stress. «Ce stress trouve son origine en partie dans cette ECR, mais principalement dans l’orientation en fin de 8e année, ajoute-t-il. Notre remise en question est plus globale, car orienter les enfants à 12 ans est bien trop précoce.»

Ne remettant pas en cause ces épreuves en tant que telles, Gregory Durand regrette leurs «conditions» et leur «finalité». «À notre connaissance, elles n’amènent à aucune analyse des résultats pour évaluer l’ensemble du système et le piloter, alors que c’est leur but. Or, aujourd’hui, elles ne sont utiles qu’à l’orientation des élèves.»

Courrier du département

Le Conseil d’État ne prendra en tout cas pas de lui-même l’initiative de changer la pratique. La semaine dernière, la cheffe du Département de la formation, de la jeunesse et de la culture, la socialiste Cesla Amarelle, a déjà dit devant le parlement qu’elle n’ouvrira pas un chantier législatif avant de faire un bilan de cette pondération. Expliquant que ses enfants n’ont pas été stressés par leur ECR de ce mois de mai, elle a ajouté qu’un courrier pourrait être envoyé aux parents pour «les rassurer». (24 Heures)

Créé: 21.05.2019, 06h56

Plus de 30'000 enfants évalués en quatre jours

Quatre épreuves

Durant l’ensemble de la scolarité d’un petit Vaudois, quatre épreuves cantonales de références (ECR) sont prévues: en 4e année (8 ans), en 6e (10 ans), en 8e (12 ans) et en 10e (14 ans).

Quelles branches?

Trois branches sont concernées: le français (pour les quatre ECR), les mathématiques (en 6e, en 8e et en 10e) et l’allemand (seulement en 8e).

Quelles notes?

En 4e, l’ECR ne donne pas de note et est «prise en compte à titre indicatif». En 6e et en 10e, l’ECR donne une note et compte comme un test normal (travail significatif). En 8e, année où se décide l’orientation en voie prégymnasiale ou générale, l’ECR vaut 30% de la moyenne annuelle.

Nombre d’élèves

Un peu plus de 30'000 écoliers ont passé une ECR sur quatre jours, du 6 au 9 mai derniers. Cela représente un tiers des 92'000 élèves de l’école obligatoire.

Anciennes

Consistant à faire passer le même test écrit à tous les écoliers d’une volée, les épreuves cantonales de référence ne sont pas nouvelles dans le canton de Vaud. Elles étaient déjà citées dans la loi scolaire de 1984.

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