Les videurs à risque interdits de discothèques vaudoises

Vie nocturneLes critères pour engager des agents de sécurité individuels sont durcis. Les boîtes de nuit trinquent

Le MAD de Lausanne est touché par la nouvelle donne, avec plusieurs licenciements forcés d'employés donnant entière satisfaction de l'avis du patron.

Le MAD de Lausanne est touché par la nouvelle donne, avec plusieurs licenciements forcés d'employés donnant entière satisfaction de l'avis du patron. Image: Alain Rouèche

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«J’ai connu une faillite et un divorce et je n’ai jamais réussi à résorber mes dettes. Et là je me retrouve dans la situation paradoxale où j’ai un travail et on m’en prive!» Comme Ilario Chiavi, agent de sécurité au MAD de Lausanne, de nombreux «videurs» romands sont rattrapés par leur passé et risquent de perdre leur emploi si ce n’est pas déjà fait.

Le Concordat intercantonal romand sur les entreprises de sécurité a en effet décidé en avril d’étendre les conditions d’engagement des sociétés de sécurité aux agents individuels. Le nouveau régime débute ce mercredi. Les agents doivent donner toutes les garanties d’honorabilité et de solvabilité pour être «carté» par la Police cantonale, c’est-à-dire de recevoir le droit d’exercer. Une mise aux poursuites ou acte de défaut de bien équivaut à un refus catégorique. Un casier judiciaire ou un passé jugé non suffisamment clean sur dix ans est également rédhibitoire. A Lausanne, 30% des agents ne rempliraient pas ces critères. Les 37 discothèques lausannoises emploient quelque 250 agents.

Morella Frutiger, de l'Observatoire de la sécurité à Lausanne, craint que ce modèle ne péjore les efforts entrepris pour sécuriser les nuits lausannoises: «La Ville a pris des mesures en 2012 pour que les établissements soient mieux pourvus en personnel et les résultats sont là. Si à long terme le principe d’élever le niveau d’exigences est louable, il ne faudrait pas qu’il favorise un manque d’agents.»

Le MAD compte parmi les établissements les plus touchés à Lausanne (5 refus sur 34 demandes). C’est aussi le seul de la capitale à s’insurger publiquement contre des critères jugés beaucoup trop rigides. Pour son patron Igor Blaska, cinq des six licenciements qu’il a signés la semaine dernière sont excessifs.

Igor Blaska a bien tenté de signifier son incompréhension aux autorités. En vain. «En Suisse romande, la volonté politique est de cadrer de manière stricte les agents de sécurité», explique Vincent Delay, chef du service juridique de la Police cantonale. La marge de manœuvre est donc quasi nulle.

Créé: 28.09.2014, 15h14

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