Max Gotavalo, 71 ans, clubber invétéré et mascotte du MAD

SeniorsLe «Papi du MAD» danse tous les samedis soir sur de la musique electro. Une accoutumance tardive, développée à la retraite.

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«Tant que je peux grimper les escaliers du MAD, j’y vais!» La phrase est lâchée par Max Gotavalo, bientôt 72 ans, en pleine ascension des quatre étages de la boîte de nuit lausannoise. On peine à le suivre, aussi parce qu’il y a des choses à voir: aux «Salut Papi!» se mêlent les tapes dans la main de jeunes hommes au sourcil à la Obispo, les bises collées par des jeunes femmes au décolleté plongeant et les selfies. Le septuagénaire, qui racontait dernièrement dans On en parle, sur la RTS, fouler le dancefloor tous les week-ends depuis dix ans, est connu ici comme le loup blanc.

«C’est la mascotte du MAD! explique Manu, 35 ans. Avant, son boulot de pâtissier ne lui laissait pas le temps de faire la fête. Il prouve qu’il n’y a pas d’âge pour commencer à s’amuser.» Frédéric, un autre trentenaire, connaît aussi la vie du retraité. «On se ressemble, je suis boulanger, et comme moi, Max est un vrai clubber! Il aime bouger et voir «monter» la soirée en dansant sur les podiums.»

Internaute et numismate

Ces amis de la nuit, il ne les voit jamais à l’extérieur. «Je suis beaucoup trop indépendant», explique-t-il. L’autre «lieu» où il les croise, c’est Facebook. Chaque dimanche, il y poste les photos événementielles sur lesquelles il a posé la veille. Même son nom lui vient de la plate-forme. Pour s’y inscrire, l’homme, qui aime raconter sa vie mais aspire à la discrétion, se cherchait un pseudo. «Je suis souvent allé en vacances en Equateur, à Otavalo. Cela m’a inspiré.»

Le profil numérique du facétieux indique qu’il a travaillé au MAD et qu’il vit à Quito. Il n’en est rien. Né à Vevey en 1944, l’ancien pâtissier diabétique de chez Zürcher, à Montreux, retraité depuis dix ans, vit à Saint-Légier, dans la maison familiale qu’il a entièrement retapée. Il y collectionne les lampes à pétrole, les timbres et les anciennes monnaies, et possède un atelier en sous-sol où il peut «tout réparer». Un vrai retraité.

Ce qui différencie sa cave de celle d’un contemporain, c’est l’armoire qui y trône. Elle contient toutes les tenues du clubber: chemises bariolées, T-shirts à tête de mort, déguisement d’animal, chapeau à plumes… «Je trouve tout ça au gré de mes voyages. Je dois avouer que je n’aime pas trop être habillé comme tout le monde.» Ses baskets rouges viennent, elles, de Métro Boutique, «où ils ont des trucs formidables».

«Danser n’importe comment»

Si Max a toujours bourlingué – célibataire sans enfants, il a notamment travaillé en Ecosse ou en Allemagne, sur un paquebot –, l’armoire n’a pas toujours contenu la fabuleuse panoplie. Cette nouvelle collection a débuté après ses premières soirées en boîte, il y a près de vingt ans. «Gaëlle et Kathy, deux de mes apprenties, ont tellement insisté pour que je les accompagne que j’ai cédé, même si je me demandais bien ce que j’allais faire là-bas.» Le virus s’est vite installé. «Ça m’a plu! On pouvait danser n’importe comment, et sans devoir inviter une jeune fille… A la retraite, je me suis lancé seul et suis sorti de plus en plus.» Aujourd’hui, le septuagénaire appelle les DJ par leur prénom et dit adorer la techno et l’electro, bien plus que le R’n’B et le reggaeton.

Habitué à fréquenter des jeunes sa vie durant, Max n’aime pas se sentir vieillir. «Dans la tête, je me sens encore jeune, mais le corps, maintenant, me rappelle un peu que j’ai 72 ans.» La chose l’enquiquine, car les vieux, Max n’aime pas ça. «Ils m’intéressent peu, ne parlent que de leurs problèmes.» Ce qu’il redoute le plus, c’est la maison de retraite. «Quand je vois des sujets sur les EMS à la télé, ça me fait chialer de voir tous ces vieux casés là.» Son rêve serait d’en découdre sur la piste de danse. «Au MAD, ce serait la plus belle mort», sourit-il. (24 heures)

Créé: 18.01.2016, 08h10

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Moyenne d'âge, 26 ans

Igor Blaska, patron du MAD, connaît bien Max Gotavalo, un des 6000 membres du club. «On a quelques habitués de son âge, voire plus âgés. Max vit le truc comme s’il avait 25 ans.» Ce qui le situe juste en dessous de la moyenne d’âge de l’enseigne lausannoise, qui est de 26 ans. Seuls 15% à 20% de la clientèle ont 45 ans et plus, et ces derniers se retrouvent au JetLag, dernier étage réservé aux plus de 28 ans. Max, lui, se sent à l’aise partout. «C’est une belle manière de rester connecté avec la société. Nous sommes surtout un grand lieu de rencontre, où 80% des 2000 personnes qui passent chaque soir se connaissent.»

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