Papa, maman et deux enfants? Un modèle qui change

Portrait de familles 1/4Plus de la moitié des Vaudois vit encore dans une famille avec enfants. Mais les typologies se multiplient.

Martha et Laurent Cavin sourient d’être si représentatifs des familles vaudoises.

Martha et Laurent Cavin sourient d’être si représentatifs des familles vaudoises. Image: Philippe Maeder

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Allongement de l’espérance de vie, baisse de la natalité ou augmentation du nombre de divorces, la société évolue à vitesse grand V. L’image symbolique de la famille fait toutefois de la résistance. Plus de la moitié des habitants de ce Canton vivent encore dans un ménage où grandissent des enfants de moins de 25 ans. Et dans cette moitié de population, la majorité des familles - à peu de chose près - est composée d’un couple avec deux enfants (44%, contre 39% un seul enfant et 17% trois enfants et plus).

En 2013, lors de la première enquête fédérale sur les familles et générations 39 028 familles de ce type ont été recensées dans le Canton. Un des chiffres utilisé comme base de la récente publication cantonale Portraits des familles vaudoises, Des chiffres pour les décrire.

«L’idée de la famille typique est une notion évoluant dans le temps, rappelle d’emblée Jacques-Antoine Gauthier. La composition «deux adultes plus deux enfants» est quelque chose de récent. La famille emblématique était bien plus nombreuse il n’y a pas si longtemps.» Le sociologue de l’Université de Lausanne n’en constate pas moins que cette composition est encore celle à laquelle aspirent la plupart des jeunes adultes. «L’intention reste, mais la vie moderne contrarie l’idéal: la prolongation des études, le retardement des naissances, ou de manière générale la priorisation du «je» sur le «nous», font que dans les années qui suivent, cette projection ne se concrétise pas toujours.»

Autres formes familiales

Voilà qui explique la multiplication et la diversification des autres formes de structures familiales: couples sans enfants (24,7% des ménages), familles monoparentales (6,8% des ménages), ménages pluri-familiaux et autres colocations. A relever toutefois que les ménages constitués d’une personne seule (jeune ou âgée) sont les plus nombreux, avec un total à peine supérieur à celui des familles avec enfants (37,5% contre 36,2).

Autre information intéressante de l’étude, c’est dans les communes de couronne d’agglomération (communes dont au moins un tiers de la population active travaille dans un centre) que la famille vaudoise emblématique est la plus courante. Elles y constituent 40% des ménages, contre 31% dans les communes-centre et 32% dans les communes rurales, comme l’illustre l’exemple de la famille Cavin à Echallens ci-dessous.

Cette donnée interpelle Claudine Wyssa, présidente de l’Union des communes vaudoises. «La péréquation intercommunale ne tient plus compte de ce critère, mais les coûts, eux, restent. La présence de ce type ménages engendre en effet d’importants coûts de structures d’accueil préscolaire, parascolaires et scolaires.»

Egalement syndique de Bussigny, Claudine Wyssa constate aussi au jour le jour les conséquences sur sa commune de l’évolution de la famille type. «Le nombre croissant d’enfants de parents divorcés complexifie par exemple beaucoup l’organisation, ne serait-ce que parce qu’ils se trouvent souvent avec deux domiciles.»

Croisement de courbes

L’étude estime toutefois que la part des familles avec enfants est appelée à diminuer. Elle devrait en effet progresser moins vite que les autres catégories. D’ici 2030, l’ensemble des ménages avec enfants passerait ainsi de 101 600 à 116 400, avec une proportion en diminution dans le temps (32% en 2010, 29% en 2030).

Symbole de cette évolution, nous sommes précisément en train de vivre la période où les couples sans enfants deviennent les plus nombreux.

(24 heures)

Créé: 30.12.2015, 14h00

Une famille emblématique à Echallens

Mariés, deux enfants et propriétaires d’une maison mitoyenne dans la couronne de l’agglomération lausannoise. A Echallens, Martha et Laurent Cavin sourient d’être si représentatifs des familles vaudoises. Mais si avoir deux enfants a toujours été une évidence pour lui, ce n’était pas le cas pour elle. «Je ne sais pas exactement pourquoi, mais je ne voulais qu’un enfant, explique la jeune femme. Cela venait peut-être du fait que j’ai été fille unique durant neuf ans». Toujours est-il que deux ans après la naissance de Julie, un déclic s’est produit, pour le grand plaisir de son mari. «Un après-midi, je lui ai téléphoné et je lui ai dit: OK, on y va pour le deuxième», se souvient, amusée, la maman challensoise. Thomas naîtra de manière totalement naturelle le 11.11.11; une jolie performance sachant que sa sœur était déjà née un 29 février.

Martha et Laurent Cavin sont tous deux des enfants de Crissier. Fraîchement mariés et avec la perspective de devenir parents, ils s’étaient mis en quête d’un logement pour leur future famille au début des années 2000. «Nous avons d’abord cherché dans la région où nous avions grandi, mais nous nous sommes vite rendu compte que pour trouver quelque chose dans notre budget, il allait falloir s’éloigner de la ville.» Pour se rendre à son travail à l’administration communale lausannoise, la présence d’un service de transport public efficace était toutefois indispensable.

C’est comme ça que le couple a atterri à Echallens. «Le trajet en LEB jusqu’à Chauderon prend le même temps que celui en bus depuis Crissier», souligne Laurent. «Et nous nous sentons désormais très bien à Echallens. Même si nous pouvions partir, par exemple pour une maison plus grande, nous ne le ferions pas», complète son épouse. S.MR

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