Philippe Jobin se voit bien en sauveur de la droite

PolitiqueLe départ de Pierre-Yves Maillard aiguise l’appétit de l’UDC Philippe Jobin. Un fervent admirateur de Jean-Claude Mermoud.

Philippe Jobin dirige le groupe UDC au Grand Conseil.

Philippe Jobin dirige le groupe UDC au Grand Conseil. Image: VQH/Jean-Bernard Sieber

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Pierre-Yves Maillard n’était pas élu à la tête de l’Union syndicale suisse (USS), le 1er décembre, que Philippe Jobin lançait déjà sa candidature. Il est «à la disposition de son parti», selon l’expression consacrée. Cette annonce n’a pas surpris grand monde, tant le chef du groupe UDC au Grand Conseil n’a jamais fait mystère de ses ambitions. «J’ai peut-être un profil atypique mais je pense que mon parti aurait tout à y gagner», explique l’agriculteur d’Échichens. En effet, Philippe Jobin n’a pas une personnalité clivante. Il préfère la négociation au choc frontal. Dans les rangs de l’UDC, on lui reproche parfois d’être trop proche du PLR. «Ce que nous avons gagné au Grand Conseil, ce sont des victoires pour le groupe UDC», rétorque-t-il.

Philippe Jobin a fait beaucoup parler de lui ces derniers mois: c’est lui qui exigeait la baisse de trois points d’impôts; qui réclamait une enquête parlementaire sur les prisons; qui bataillait avec les ténors de l’hémicycle sur l’aménagement du territoire ou la loi sur le logement. Avec la niaque et une bonne connaissance des dossiers.

Philippe Jobin est arrivé à la politique un peu par hasard, assure-t-il. Tout comme à l’agriculture. Ce fils d’ingénieur, né à Vevey, a fait une première formation de pâtissier-confiseur. Puis il a travaillé cinq ans chez Assura, dans le domaine informatique. Un jour, son beau-père, l’ancien député Jacques Chollet, lui a proposé de reprendre son domaine. Agriculteur? Pourquoi pas! Après une formation il reprend en 1997 un domaine de 6 hectares de cultures fruitières et de 36 hectares de grandes cultures. La paysannerie le mènera à la politique.

«J’ai les pieds dans la terre, admet-il. Mais pas seulement.» Il assure que son parcours de vie lui permet aussi d’être le représentant des villes: «Avec mes différentes formations, j’ai un large panel de connaissances professionnelles. En tant que politique, je suis un autodidacte et je ne cesse d’apprendre.»

Il évoque spontanément la figure de Jean-Claude Mermoud, disparu en 2011, le dernier UDC qui a siégé au gouvernement. Référence obligée quand on est un agrarien en campagne. Mais Philippe Jobin insiste: «Jean-Claude Mermoud aimait les gens, il était proche de la population. J’en ai retenu une grande leçon: je n’agresse jamais personne, je n’attaque que les idées.»

Trop de social

Les idées qu’il attaque, ce sont celles de la gauche et d’une majorité gouvernementale dont la politique s’avère trop coûteuse selon lui: «Je ne nie pas la pauvreté et la difficulté de beaucoup de personnes dans ce canton. Mais on ne peut pas sans cesse étendre l’État social. Les communes souffrent beaucoup de cette politique.» Il n’ignore pas qu’il aurait fort à faire dans une campagne qui l’opposerait à Rebecca Ruiz pour repourvoir le siège du Département de la santé et de l’action sociale (DSAS): «Elle connaît le domaine des assurés, et donc de la santé. Ce qu’on nous propose, c’est de continuer la politique Maillard comme un long fleuve tranquille. J’ai siégé dans la commission de la santé et je n’ai pas peur de me confronter sur ces sujets. Dans d’autres départements je connais parfaitement l’aménagement du territoire, le domaine pénitentiaire ou la loi sur le logement. Et, bien sûr, la fiscalité.» Philippe Jobin travaille beaucoup, c’est le cas en politique (80% de son activité actuelle) autant que dans son domaine. Il est réputé hyperactif: «Si j’étais enfant aujourd’hui on me mettrait sous Ritaline.» Fonceur, il assure «faire toujours ce qu’il s’est engagé à faire». Ses proches le freinent parfois: «On parle souvent de politique à la maison et j’ai parfois droit à des critiques. Je me remets en question car je suis entouré de gens qui n’hésitent pas à me contrarier. Je les écoute, c’est précieux.»

Chrétien engagé

Impossible d’évoquer le caractère de Philippe Jobin sans parler de sa foi. Chrétien évangélique, engagé, il n’a pas peur d’affirmer ses convictions. «C’est peut-être ce qui influence mon rapport aux gens. Des personnes pensent que je fais partie d’une secte, mais ce n’est pas cela du tout.» Avec son épouse, il a entrepris le pèlerinage de Compostelle: ils marchent trois ou quatre jours par année. Partis du lac de Constance, ils arriveront bientôt à Fribourg. «Cela nous permet de prendre des moments pour parler. C’est indispensable pour l’équilibre du couple», explique-t-il.

L’UDC n’a pas encore décidé de lancer un candidat à la conquête du Château. Et Philippe Jobin est conscient qu’il ne sera peut-être pas le candidat retenu. Dans ce cas, on le verrait peut-être en liste pour le National en automne. Cette élection partielle est l’occasion rêvée pour un tour de piste public.

Créé: 11.12.2018, 07h13

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