Quarante commerçants arnaqués à la fausse pub à Vevey

EscroquerieInculpé d’escroquerie, un ressortissant français est jugé pour avoir vendu des encarts publicitaires inexistants. Le Parquet réclame 2 ans de prison.

Le procureur Anthony Kalbfuss requiert une peine ferme, afin de dissuader le prévenu de revenir commettre des méfaits en Suisse.

Le procureur Anthony Kalbfuss requiert une peine ferme, afin de dissuader le prévenu de revenir commettre des méfaits en Suisse. Image: Laurent Crottet

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Pour le procureur Anthony Kalb­fuss, le prévenu est «un vendeur de tapis, qui n’avait pas de tapis à vendre». Il relaie les plaintes de quarante commerçants, en grande majorité vaudois, mais aussi neuchâtelois et fribourgeois, qui réclament justice. Entre le 25 juillet 2014 et le 6 mars 2015, ce ressortissant français, jugé mardi par défaut par le Tribunal de l’Est vaudois à Vevey, a fait croire à ses victimes qu’il leur vendait des encarts publicitaires.

Dans un premier temps, il a approché les compagnies de taxi de la région pour leur proposer de distribuer à leur clientèle un futur plan de leur ville, Vevey, Nyon ou encore Lausanne, avec un espace publicitaire gratuit en contrepartie. Dans un second temps, se targuant de cette collaboration, il a convaincu les quarante commerçants de payer un espace publicitaire sur les plans. Face à son insistance, les victimes lui ont remis de l’argent en mains propres des montants se situant entre 150 francs et 1400 francs – parfois même pour des prestations semblables, le prévenu prétextant des réductions de prix en cas de paiement immédiat en liquide.

Au final, les plans promis n’ont jamais été édités, aucune publicité n’a jamais été faite et les clients n’ont jamais revu la couleur de leur argent. Une fois les montants obtenus, le vendeur s’est systématiquement volatilisé. «C’est exactement le signe de l’escroc, argue le procureur. Il ne travaillait, en outre, pour aucune compagnie de taxi. Et, surtout, n’a jamais eu aucune intention de s’exécuter.» «Faux! rétorque, Julien Lanfranconi, avocat du prévenu. Il n’a pas pu achever la production des plans en raison de ses 23 jours passés en préventive. Mon client n’est pas un escroc, mais juste un bon vendeur. Cette affaire n’a rien de pénal. Elle a été montée en épingle par un article de presse qui a apeuré les plaignants.

C’est un litige civil.» Le Ministère public n’en requiert pas moins 2 ans de prison ferme pour escroquerie par métier et concurrence déloyale ainsi que la révocation d’un sursis portant sur 30 jours-amendes à 50 francs. «Le prévenu ne manifeste pas le moindre regret, explique Anthony Kalbfuss. Et cela après une première condamnation dont il se fiche éperdument. Il lui faut donc un message dissuasif, une peine privative de liberté, afin qu’il ne revienne plus commettre des méfaits en Suisse.» Le jugement sera rendu ces prochains jours. (24 heures)

Créé: 17.04.2018, 22h05

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