«Quelque chose doit changer. On ne peut pas tenir avec ces hausses»

Caisses maladiePierre-Yves Maillard décortique les causes de la hausse des primes 2017 dans le canton de Vaud. Le tableau est contrasté.

Le ministre de la Santé vaudois, Pierre-Yves Maillard, réagit à l’annonce des primes de 2017 pour le canton.

Le ministre de la Santé vaudois, Pierre-Yves Maillard, réagit à l’annonce des primes de 2017 pour le canton. Image: Keystone

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Le patron de la Santé publique vaudoise s’alarme de la hausse des primes dans le canton. Mais tout n’est pas noir. Entretien.

La prime moyenne vaudoise augmente plus que l’indice de référence national. Vous êtes déçu?
Bien sûr, une hausse de 4,9% pour la prime de référence vaudoise, c’est alarmant. Cela ne traduit pas tellement l’évolution des coûts puisque, selon l’OFSP, les prestations facturées à la LAMal dans le canton en 2015 ont augmenté (+2,9%) un point de moins qu’en moyenne suisse (+3,9%). C’est le reflet de la relativement bonne maîtrise de nos coûts hospitaliers et en EMS. Dans ces domaines, nous nous situons dans la tendance d’une meilleure maîtrise des coûts. Vaud est surtout pénalisé à deux niveaux. D’abord dans le secteur ambulatoire, où nos coûts croissent trop vite; c’est sans doute encore un effet de la levée temporaire du gel des cabinets. Puis la correction de prime brutale annoncée par la caisse Supra pour 2017 pèse sur le niveau global de la prime de référence vaudoise. Un assureur peut voir son effectif doubler une année avec des primes basses pour le marché, mais son niveau de réserve par assuré est aussitôt diminué par deux puisque les réserves ne suivent pas les assurés mobiles. Conséquence, l’année suivante, l’assureur doit élever massivement ses primes pour se reconstituer des réserves. C’est exactement ce qui se passe cette année chez Supra.

L’assuré n’y comprend rien!
C’est un phénomène de la LAMal que je dénonce depuis dix ans. Les primes encaissées une année ne sont jamais les primes annoncées l’année précédente. Il faut bien sûr encourager les assurés à comparer les niveaux de prime sur le marché et à changer si leur caisse leur annonce une prime qui n’est plus compétitive. Mais je ne me lasserai pas d’expliquer que ce mécanisme a un effet inflationniste sur la hausse des primes annoncées.

Le Canton n’a-t-il pas une marge de manœuvre pour encore mieux maîtriser les coûts à son niveau?
Nos coûts dans le stationnaire sont sous la moyenne suisse, c’est bon signe. On va essayer de limiter encore quelques dépenses hospitalières superflues et mettre un frein à certaines rémunérations excessives. On a introduit la clause du besoin sur les équipements lourds. Les premiers refus d’achat de nouveaux équipements en radiologie et en radio-oncologie tombent, cela participera d’une meilleure maîtrise à long terme. Notre souci, c’est l’ambulatoire hospitalier et en cabinet. Le Canton ne pourra peut-être plus valider une valeur de point cantonale à ce point plus élevée que la valeur moyenne nationale. Tant que les coûts globaux étaient dans la moyenne suisse, c’était acceptable. Mais cette condition n’est plus respectée, il y a donc un besoin d’agir.

Agir par ce biais, est-ce la meilleure solution?
J’ai des réticences car, en baissant les tarifs de manière linéaire pour tous les médecins, on pénalise la majorité, qui a des revenus et une facturation raisonnables. J’aimerais vraiment mieux travailler avec des enveloppes budgétaires par prestataire dans l’ambulatoire, ce serait plus fin, plus juste, plus efficace. Mais quelque chose doit changer, car on ne peut pas tenir avec des hausses de primes à 5% par an.

Quel effet la hausse des primes aura-t-elle sur la politique cantonale des subsides, très ambitieuse?
L’objectif que la charge des primes ne dépasse pas 10% du budget des ménages vaudois est inscrit dans une loi, nous devons le concrétiser dès 2019. C’est un aiguillon pour réussir à tout prix à mieux maîtriser nos coûts. Car, si nous échouons, l’effort en termes de subsides sera accru et pèsera sur le budget cantonal. L’échéance de 2019 nous laisse un peu de temps. La bonne nouvelle, c’est que la dernière tranche de remboursement des primes payées en trop par le passé dans notre canton est importante en 2017. Nous devrions pouvoir recevoir en juin prochain environ 150 francs par assuré, cela atténuera le choc de la hausse des primes 2017. La hausse des allocations familiales intervenue ce mois atténuera aussi un peu le choc. Mais cela ne peut nous satisfaire. (24 heures)

Créé: 27.09.2016, 06h47

Comment changer de caisse?

Résilier son assurance Que votre prime augmente ou non et quel que soit votre modèle d’assurance, vous avez le droit de changer d’assurance-maladie pour la fin de l’année. A cet effet, vous devez dénoncer votre contrat d’ici au 30 novembre (dernier délai pour la réception de l’avis par la caisse). Vous pouvez aussi modifier votre franchise aux mêmes conditions.

Conclure un nouveau contrat Les caisses sont obligées d’accepter tous les clients, quels que soient leur âge et leur état de santé. Elles n’ont pas le droit de leur faire remplir un questionnaire de santé. Le rapport d’assurance ne devient effectif que lorsque la nouvelle caisse a informé par écrit votre ancien assureur. Tant que cette confirmation d’affiliation n’a pas été reçue, vous restez couvert par votre ancienne caisse.

Les complémentaires Elles sont régies par des polices séparées, avec des délais de résiliation qui peuvent être plus longs. Si vous changez de caisse d’assurance de base, rien ne vous oblige à changer d’assureur pour vos complémentaires. Votre ancienne caisse ne peut pas profiter de votre départ pour résilier aussi vos complémentaires. Si vous voulez changer d’assureur, celui-ci peut vous soumettre à un questionnaire de santé, comme pour toute nouvelle complémentaire. Sur cette base, il peut refuser de vous admettre ou vous soumettre à des réserves pour certaines affections. Ne résiliez donc pas une complémentaire tant que vous n’avez pas été accepté par un nouvel assureur.

L.AU./J.MT

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