«Si la droite obtient cinq sièges, c’est la fin du compromis»

Conseil d'EtatLa gauche goûte peu l’alliance UDC-Vert’libéraux qui cible directement Cesla Amarelle. Mathématiquement rien n’est gagné.

Selon la gauche, les partis de droite revendiquent en réalité cinq sièges sur sept au Conseil d'Etat, en présentant deux candidats (l'UDC Jacques Nicolet et la vert'libérale Isabelle Chevalley).

Selon la gauche, les partis de droite revendiquent en réalité cinq sièges sur sept au Conseil d'Etat, en présentant deux candidats (l'UDC Jacques Nicolet et la vert'libérale Isabelle Chevalley). Image: KEYSTONE

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La droite compte aujourd’hui trois sièges au Conseil d’Etat. Elle a toujours dit qu’elle en voulait quatre. Mais en voudrait-elle maintenant cinq? Réponse: «oui», selon une ribambelle de critiques formulées mardi sur les réseaux sociaux et dans la vraie vie par de nombreux élus de gauche. Ceux-ci se fondent sur la stratégie décidée lundi par le Parti libéral-radical (PLR), l’UDC et les Vert’libéraux («24 heures» du 2 mai).

Retour sur la décision de lundi. Le PLR a fait réélire dimanche soir ses trois conseillers d’Etat au premier tour (Pascal Broulis, Jacqueline de Quattro et Philippe Leuba). Jacques Nicolet, l’UDC, n’a pas réussi. Pour maximiser ses chances au deuxième tour, il s’alliera aux Vert’libéraux, avec qui l’UDC avait refusé jusqu’ici toute union. Mais au lieu de François Pointet au premier tour, les «Vert’lib» lanceront dans la course leur conseillère nationale Isabelle Chevalley.

La gauche accuse donc le PLR d’être revenu sur son discours selon lequel la droite mérite quatre sièges sur sept, au lieu des trois qu’elle possède aujourd’hui.

«Du vent frais» selon le PLR

«Nous voyons le retour de l’incohérence de la droite», commente Stéphane Montangero, député et président du Parti socialiste. «Durant le premier tour, ils nous ont expliqué la nécessité des équilibres. Alors que les forces sont restées stables au Grand Conseil dimanche, la droite veut le pouvoir, quasi tout le pouvoir, en revenant à une situation de 5 contre 2. Cela signifiera un retour à la fin des années 1990, aux crises et aux blocages de cette époque. Ce qui est sûr, c’est qu’avec un 5-2, des compromis, il n’y en aura plus.»

Cette alliance s’est construite dans la rapidité entre dimanche soir et lundi après-midi, au sein des états-majors de droite. Pour le conseiller national Frédéric Borloz, qui préside le PLR, son parti ne revient pas sur son discours: «Nous n’avons pas l’objectif de rafler cinq sièges. Avec deux candidats, nous offrons un choix à la population. Le PLR l’a toujours dit en proposant une alliance. Nous voulons apporter un vent frais, un vent nouveau.»

Il réfute l’idée d’attaquer le siège de la Verte Béatrice Métraux, seule conseillère d’Etat non réélue dimanche. «Je ne fais jamais d’attaque personnelle, ajoute-t-il. J’ai déjà dit que Mme Métraux a bien travaillé, mais que nous aurions fait des choix différents pour son département, par exemple sur le pénitentiaire.»

Du côté des Verts, leur président Alberto Mocchi se dit «très étonné» et «déçu» des Vert’libéraux: «Ils mettent en place une alliance contre nature entre un parti qui se dit écologiste et un parti composé de climatosceptiques, opposés à la Stratégie énergétique 2050. A part prétendre qu’ils veulent baisser les impôts, quel est le programme de Jacques Nicolet et Isabelle Chevalley?»

Mobiliser l’électorat à droite

La gauche dit garder confiance, mais reste prudente. «Les chiffres démontrent que notre alliance fonctionne bien. Mais je reste très prudent. Si l’on cumule les forces des trois partis de droite, aucun scénario n’est exclu.»

L’intérêt d’une alliance large à droite est mathématique, selon ses concepteurs. Dimanche, au premier tour, Béatrice Métraux a récolté 79 600 voix. Cesla Amarelle en a obtenu 72 000, Jacques Nicolet 67 000 et le Vert’libéral François Pointet presque 14 000. En créant un nouveau ticket et en remplaçant François Pointet par Isabelle Chevalley, l’idée est d’additionner les résultats de Jacques Nicolet et François Pointet, pour un total d’environ 80 000 suffrages.

«En présentant deux candidats, nous voulons éviter que notre électorat se démobilise», ajoute Laurine Jobin, secrétaire générale adjointe du PLR. Le parti parle d’expérience. En 2012, entre le premier et le deuxième tour de l’élection, son électorat était passé de 37 000 à 30 000 votants.

Barrer la route à Amarelle

Le problème, c’est que François Pointet a récolté la moitié de ses suffrages (environ 6600) sur des listes «sans dénomination», où les électeurs inscrivent les noms qu’ils souhaitent. «Même la moitié des voix de François Pointet suffirait pour dépasser Cesla Amarelle», explique Kevin Grangier, secrétaire général de l’UDC Vaud.

«On ne peut pas comparer des pommes, des poires et des bananes», commente le conseiller national Vert Daniel Brélaz, ancien syndic de Lausanne et analyste de mathématique électorale. «Il n’y a pas 14 000 voix à récupérer grâce à François Pointet, car les électeurs vert’libéraux n’ont déposé que 1900 bulletins. François Pointet a obtenu le reste de ses suffrages sur d’autres listes.»

Le risque est aussi de voir Isabelle Chevalley brûler la politesse à Jacques Nicolet. Kevin Grangier l’assume: «Nous sommes prêts à prendre ce risque. L’élection de Cesla Amarelle serait le scénario du pire. Si Isabelle Chevalley gagne et que cela permet d’éviter l’élection de Cesla Amarelle, ce sera quand même une victoire.» (24 heures)

Créé: 03.05.2017, 09h42

Six candidats au 2e tour

Le délai de dépôt des listes pour le second tour du Conseil d’Etat tombait mardi à midi. Sept listes ont été présentées, avec six candidats. Trois d’entre elles (PLR, UDC, Vert’libéraux) arborent les noms de Jacques Nicolet et Isabelle Chevalley. Les Verts et le Parti socialiste présentent chacun leur propre liste, avec deux noms: Cesla Amarelle et Béatrice Métraux. A côté, l’Alliance du Centre repart pour un tour avec la démocrate-chrétienne Sylvie Villa. Enfin, Guillaume Morand (dit «Toto Morand») se représente sous la bannière du Parti de Rien (PdR).

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