Taxer l’avion, l’idée qui divise les partis

Forts en thème (1/4)Faut-il des taxes pour réduire notre empreinte carbone? L’idée ne séduit pas tous les candidats vaudois aux États.

Prendre l’avion coûtera peut-être plus cher à l’avenir.

Prendre l’avion coûtera peut-être plus cher à l’avenir. Image: Lucien Fortunati

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S’ils sont élus au Conseil des États – ou au National, puisqu’ils y briguent aussi un siège –, les candidats auront à mettre la main dans le cambouis de la loi sur le CO2, dont le chantier est ouvert sous la Coupole. Une occasion idéale pour défendre son point de vue sur le thème le plus chaud de l’année, qui promet d’occuper encore très longtemps les politiciens: le changement climatique.

Lors de l’examen de la loi, le Conseil des États a notamment voté la création d’une taxe de 30 à 120 francs sur les billets d’avion. Le sujet reviendra sans doute sur la table des sénateurs après le renouvellement des Chambres. Outre le principe d’instaurer une telle ponction, l’utilisation de l’argent ainsi perçu – des centaines de millions escomptés – est débattue.

«Nous demandons cette taxe depuis longtemps et ce qu’a voté le Conseil des États nous satisfait, note la Verte Adèle Thorens. Ce qu’il faudrait préciser maintenant, c’est qu’une partie de ce qu’elle rapportera à la Confédération serve à élargir une offre alternative de transport public. C’est-à-dire à de nouvelles destinations en trains de nuit, à des tarifs concurrentiels avec l’avion.» L’urgence climatique fait regretter le démantèlement des lignes ferroviaires nocturnes en Europe, un thème sur lequel se sont aussi profilés les Vert’libéraux.


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En principe, la taxe sur les vols sera ristournée pour moitié aux contribuables sous la forme d’un rabais sur les primes maladie (comme le sont les deux tiers de la recette de la taxe sur le mazout). L’autre moitié sera versée à un fonds pour le climat, qui subventionnera notamment l’assainissement énergétique des bâtiments.

Le conseiller aux États PLR Olivier Français, qui brigue un deuxième mandat, a approuvé la loi sur le CO2. «L’urgence est là, et nous avons la responsabilité de prendre des décisions à court terme qui soient fortes et durables pour l’environnement», a-t-il lancé en plénum. Celui qui vient de faire voter une motion imposant au Conseil fédéral d’atteindre d’ici à douze ans «l’autonomie électrique de son patrimoine immobilier» voit dans l’énergie solaire un grand bout de la solution climatique.

Selon lui, la recette de la taxe doit ainsi être affectée au développement de la recherche fondamentale, mais aussi appliquée, dans le domaine photovoltaïque, dans l’énergie mécanique qui permet le stockage de l’électricité. «Il faut aussi une impulsion forte dans la politique de l’aménagement du territoire, pour faciliter l’installation de panneaux solaires.» Notamment en zone rurale et là où les considérations patrimoniales l’emportent, argue le libéral-radical.

Une taxe «antisociale»

Si elle est approuvée par de nombreux partis, la taxe sur le billet d’avion ne fait pas l’unanimité. L’UDC Michaël Buffat entend bien la refuser: «J’y suis totalement opposé, ça ne va pas changer le comportement des gens, mais c’est encore une fois la classe moyenne à qui on fait les poches.» L’élu rejette aussi la hausse du prix de l’essence, prévue dans la loi sur le CO2, «qui pénalise les habitants des régions périphériques». Il en appelle à la «responsabilité individuelle» pour que le consommateur adopte les bons gestes.

Les taxes, par nature «antisociales» car ne tenant pas compte de la capacité financière de l’assujetti, sont aussi combattues par le POP. «Ceux qui ont des gros revenus continueront de voyager en avion et les ménages plus modestes seront principalement touchés», déplore Anaïs Timofte. La candidate aux États préfère réduire les émissions de CO2 en rendant gratuits les transports publics, «à financer par une taxe sur le bénéfice des grandes entreprises». Comme les Verts, le parti ouvrier demande notamment que les caisses de pensions et banques – BNS en tête – cessent d’investir dans les énergies fossiles.

Créé: 07.10.2019, 07h34

Retour en grâce de la loi sur le CO2

Torpillée par le National en décembre 2018, la loi sur le CO2 est revenue à l’agenda politique le mois dernier sous de meilleurs auspices. C’est qu’entre-temps, les grandes manifs pour le climat ont fait beaucoup de bruit, ici et ailleurs. Le Conseil des États ne s’y est pas trompé et a montré de l’ambition pour cette loi qui donne suite à l’engagement pris par les signataires de l’Accord de Paris: limiter la hausse de la température mondiale à 2 degrés.

La Suisse doit réduire de 50% ses émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2030. Pour atteindre ce but, la Chambre haute a même pris des mesures plus contraignantes que celles proposées par le Conseil fédéral. Notamment en instaurant une taxe sur les billets d’avion qui alimentera un nouveau fonds pour le climat. Celui-ci financera une batterie de programmes énergétiques. Une hausse du prix de l’essence de 10 puis 12 centimes le litre est planifiée.

La loi sur le CO2 prévoit aussi d’abaisser de 130 à 95 grammes de CO2 par kilomètre la valeur limite moyenne pour l’importation des nouvelles voitures. Le Conseil national fraîchement élu se saisira à son tour de ce projet de loi, selon le traditionnel aller-retour parlementaire.

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