Tempête de critiques sur la taxe au sac-poubelle

RéactionsLes 2 francs pour 35 litres provoquent la colère. Des municipaux tentent de calmer le jeu.

L’usine Tridel, à Lausanne, est capable de traiter 114?000 tonnes de déchets par an.

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Peuple «tondu», «pompé», «vache à lait». Les internautes se sont lâchés sur 24 heures.ch lorsqu’ils ont appris que 200 communes allaient faire payer 2 francs le sac à ordures de 35 litres dès l’an prochain . C’est le principe du «pollueur payeur» prévu par une loi fédérale et confirmé par la plus haute Cour de justice du pays. Mercredi à midi, le sondage de notre site avait reçu 2440 réponses: 74,2% estiment que 2 francs, c’est trop. Seuls 19,6% des votants trouvent ce montant «normal» et 4,3% estiment que c’est «trop peu».

Sérieuses inquiétudes

Au-delà de la réaction épidermique, de sérieuses inquiétudes s’expriment: «Quand on a un revenu de 3200 francs. avec un loyer de 1453 francs, le sac à 2 francs, c’est trop cher.» Les communes tiendront-elles compte des défavorisés, des familles nombreuses et des nouveau-nés avec les couches en pagaille? «C’est une taxe de plus, c’est juste. Sans mesures d’accompagnement, ça ne passe pas», déclare Olivier Français, municipal PLR des travaux à Lausanne.

Mesures d’accompagnement? Impossible dans l’immédiat d’obtenir une description précise. Pour aider les familles, il est question de distribuer gratuitement des rouleaux de sacs. A Lausanne, le produit de la nouvelle taxe correspond à trois points d’impôts, qui seront rétrocédés sous forme de «baisse fiscale plus ou moins complète», relève Olivier Français.

A Bussigny, un recul de deux points devrait être décidé l’automne prochain. «Les communes ont la volonté de réduire les impôts», souligne le vice-syndic Jean-Daniel Lüthi, qui s’est engagé en faveur de l’harmonisation régionale de la gestion des déchets. Mais, avertit-il, «elles auront des charges supplémentaires, notamment sur le Service du feu, qui pourraient ramener la baisse à zéro». Autant dire que les diminutions d’impôts sont loin d’être acquises partout.

Les magasins accusés

Sur le web, des menaces apparaissent: «J’hésite à aller jeter mes déchets dans la forêt.» C’est déjà punissable. «Des mesures de police devront être mises en place», répond Olivier Français. Selon lui, l’harmonisation entre les communes permettra d’éviter le tourisme des déchets.

Les grands magasins en prennent aussi pour leur grade. «Est-ce que la Coop et la Migros accepteront de réduire leurs emballages inutiles?» déclare un commentateur. Coop affirme disposer d’un «concept national»: «Après la zone des caisses, des tables sont à la disposition des clients pour emballer (ou déballer…) leurs achats. Bien sûr, sous ces tables, il y a des conteneurs à déchets. Le client a toujours le droit de laisser le matériel d’emballage dans le magasin.»

De son côté, Migros met en avant son projet de réduire les emballages afin de diminuer l’impact sur l’environnement de 10%. Le distributeur nuance en rappelant que la qualité et la conservation du produit sont aussi en jeu. (24 heures)

Créé: 04.04.2012, 19h46

Tridel vue comme une «pompe à fric»

Les Vaudois se sont-ils fait avoir en votant, en 2001, une subvention de 90 millions de francs pour la construction de l’usine d’incinération lausannoise Tridel?

L’installation est accusée d’être surdimensionnée, sur le dos des contribuables. La critique est renforcée par la perspective de la taxe au sac. Cette dernière incitera à encore mieux trier les déchets, ce qui devrait réduire les besoins en incinération et donc accroître la surcapacité du côté de Tridel.

Sur 24 heures.ch, les jugements sont parfois péremptoires: «Tridel est une vraie pompe à fric», peut-on lire. Olivier Français reconnaît que cette inquiétude est «légitime». La commune a fixé l’objectif d’un taux de tri des déchets avoisinant les 60%. Mais, affirme le municipal lausannois, «l’augmentation du tri ne compensera pas une croissance de la population supérieure aux prévisions. Nous avons toujours dit que l’usine devait être surdimensionnée dans l’optique d’une durée de vie de trente-cinq à quarante ans.»

Par ailleurs, rappelle-t-il, une partie de la région de Nyon devrait bientôt envoyer ses déchets incinérables dans l’usine lausannoise. Quant aux accusations de mauvaise gestion, Olivier Français les réfute, chiffres à l’appui: «On calcule le coût à la tonne de déchets. Au démarrage de l’usine, nous étions à 182 fr. 75 la tonne. Nous sommes passés à 188 francs aujourd’hui, alors que le plan financier prévoyait 220 francs. C’est la preuve d’une gestion optimisée.»

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