Un été à la campagne à la rencontre de nos paysans

La Clé des ChampsLa rédaction vous invite à visiter plus de trente fermes pas comme les autres, à la découverte de l’extraordinaire diversité du monde agricole vaudois. Avec six belles échappées hors du canton.

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«Le terrain, il n’y a rien de meilleur!» Il faut voir la joie des journalistes et des photographes de «24 heures» à leur retour d’un reportage dans les campagnes vaudoises. Spécialement celle des rédacteurs basés à Lausanne, plus habitués aux faits divers, aux conférences de presse ou à la chronique politique qu’aux sillons ensoleillés de notre terroir.


A lire aussi, l'édito: Nos paysans, les pieds sur et dans la terre


«C’était super! Je me suis même pris un petit coup de corne affectueux de la part du seul mâle d’un troupeau de bufflonnes», jubilait Alain Détraz en revenant du Moulin d’Amour, à Gollion. Ces bovidés exotiques au lait riche – idéal pour la fabrication de la mozzarella – y broutent depuis deux ans la bonne herbe du canton. Même ravissement chez Gregory Wicky, tombé sous le charme des braunswiss de la famille Baumgartner, à Gland: «J’ai adoré caresser la tête de ces vaches aux longs cils et au regard doux!» Éblouis, mais pas aveuglés. Ils ont regardé la réalité paysanne bien en face, en journalistes, au-delà de l’image d’Épinal, sans occulter les diffi­cultés d’un monde agricole confronté à de nombreux défis et aux attentes souvent contradictoires de la population (on veut de la viande heureuse, mais pas chère, des carottes parfaitement coniques, mais 100% bios).

«Je me suis même pris un petit coup de corne affectueux de la part du seul mâle d’un troupeau de bufflonnes»

Ce bonheur que nous avons eu à prendre la clé des champs, à discuter «avec des gens qui ont des choses à dire», nous allons vous le transmettre au fil de l’été à travers une brassée de reportages qui seront publiés quotidiennement, dès lundi et durant toutes les vacances scolaires, en dernière page du journal et sur nos plateformes numériques, enrichis de galeries photo et de vidéos.

L’idée de cette série d’été a germé dans le droit fil de nos précédents projets, en particulier celui de l’an dernier où nous étions partis «Par Monde et par Vaud» en quête de compatriotes assez hardis pour larguer les amarres et aller jusqu’au bout de leur rêve, repartant de zéro pour s’investir loin du pays. Cette épopée nous avait propulsés aux quatre coins de la planète, dans les endroits les plus improbables. Cette fois, c’est une aventure de proximité que nous avons souhaité partager avec nos lecteurs. Et l’étonnement n’est pas moins fort. L’audace, l’inventivité, la prise de risque, la ténacité et le brin de folie: toutes ces qualités que nous avions décelées chez nos Vaudois de l’étranger, nous les avons retrouvées à foison chez nos paysans.

Diversité

Comment avons-nous sélectionné 34 fermes sur les quelque 3500 exploitations que compte le canton? Disons-le tout net, notre approche n’a rien de scientifique, ni aucune prétention à l’exhaustivité. Nous avons simplement fait appel aux idées de la rédaction, en les complétant avec les suggestions de spécialistes de l’agriculture. À noter que nous avons sciemment écarté la viticulture, un secteur très important, puisque Vaud – avec ses 3800 hectares de vignes – est le deuxième canton viticole suisse derrière celui du Valais, mais qui sera abondamment traité dans nos colonnes avec la Fête des Vignerons. Des dizaines de maraîchers, arboriculteurs ou éleveurs incarnant le présent et l’avenir de la paysannerie nous ont accueillis sur leur domaine et ont consacré du temps au plus fort des travaux de l’été. Il en résulte un éventail passionnant, qui a valeur d’exemple, illustrant l’extraordinaire diversité de l’agriculture en terre vaudoise.

Nos équipes se sont aussi égayées ailleurs en Suisse pour vous proposer, chaque samedi, de belles échappées rurales. Nous irons en Thurgovie, dans le Jura, en Valais, au Tessin, dans le canton de Berne et même en plein cœur de Zurich, où la campagne s’invite en ville.



Le tour du canton en 34 exploitations

1° Truffes au Mont-sur-Lausanne
Spécialisé dans les grandes cultures, Christophe Corbaz a créé deux truffières. Il espère sentir l’odeur de sa première truffe cet automne.

2° L’école à la ferme à Ropraz
Poules, paons, cygnes noirs, cerfs… La ferme du Mélèze abrite une multitude d’animaux qui font le bonheur des écoliers.

3° L’Apothèque du Jorat
Quatre jeunes pousses vertes passionnées par la nature partageaient la même envie: proposer des plantes médicinales locales. Ils ont commencé gentiment au fond du jardin. Leur projet est florissant.

4° Du lait à Froideville
David Jaccoud croit en l’avenir du lait industriel et vient d’investir dans une nouvelle écurie «pour que les enfants puissent continuer à voir une vache se faire traire».

5° Les noix de Lovatens
Olivier Pichonnat a misé sur la culture de la noix en plantant près de 3000 noyers en 2010. Neuf ans après, il attend sa première récolte.

6° Tout bio à Vaux-sur-Morges
La famille Gebhard exploite la Ferme en Berauloz depuis trois générations. Viande bovine, hautes cultures, semences: tout est produit en mode bio. Et même les betteraves sucrières.

7° Des bufflonnes à Gollion
D’étranges bovidés paissent aux alentours du Moulin d’Amour depuis 2017. Le lait des bufflonnes de Serge Baudet est transformé en mozzarella à la Fromagerie André à Romanel-sur-Morges.

8° Libres cochons de Vullierens
À la ferme en Croix, les cochons de Caroline et Rudolf Steiner sont lâchés, en toutes saisons, dans les pâturages. Ils mangent et prennent des bains de boue ou de soleil quand ça leur chante.

9° Un bioverger à Marcelin
Un nouveau modèle de verger est expérimenté depuis 2013 sur le site de Marcelin, sous la conduite de l’équipe de la Ferme bio des Sapins.

10° Légumes au bord de la Senoge
La famille Bourgeois, à Vullierens, s’est tournée vers la production de légumes et la vente directe: asperges, fraises, tomates, aubergines, courgettes et courges, pour finir l’année en beauté.

12° Des fruits oubliés à Oulens
Le verger du Talent d’Alain et Annelise Vulliamy compte plus de 250 espèces d’arbres fruitiers, toutes des variétés oubliées ou en voie de disparition.

13° Mauvaises herbes à Goumoëns
Claude et Carine Jaquier cultivent, en famille, une surface de 18 hectares axée sur les cultures spéciales, comme la multiplication des graminées et des fleurs sauvages.

14° Des lentilles à Goumoëns
Dans sa jolie ferme à Canack, Laurent Vulliamy fait pousser des lentilles vertes et du maïs pour la polenta. Il produit aussi des fraises à cueillir soi-même et gère avec sa femme Sara l’épicerie du village.

15° La Malterie de Bavois
Deux exploitations agricoles ont uni leurs efforts pour proposer aux brasseurs suisses un malt de haute qualité cultivé dans le respect de l’environnement.

16° Oignons de la plaine de l’Orbe
Le domaine de la famille Egger, à Chavornay, s’étend sur 238 hectares, sans compter les forêts et l’étang. Philippe et Simon sont les rois de l’oignon, qu’ils pèlent et mettent sous vide avec leur machine hi-tech.

18° Votre Cercle de vie à Château-d’Œx
Esther et Nicolas Mottier poursuivent le travail traditionnel du Pays-d’Enhaut tout en construisant pas à pas leur rêve d’un lieu touristique reconnectant l’être humain aux valeurs de la terre.

19° Les secrets du fromage d’alpage aux Mosses
Blaise Chablaix raconte avec passion la fabrication artisanale du fromage dans son alpage au-dessus des Mosses. Mais aussi les difficultés d’un petit paysan de montage.

20° Les patous de la Forclaz
En-dessus de la Forclaz, Jean-Pierre Vittoni fait paître ses moutons gardés avec l’aide de cinq chiens patous, dont deux débutent leur formation.

21° La délicieuse polenta d’Aigle
Dans son domaine de La Perrole, Pierre-Alain Schweizer cultive des légumes et des spécialités de céréales comme l’engrain, la polenta et l’orge selon les principes de la biodynamie.

23° Tomates en fête à Salavaux
Le maraîcher Benjamin Blaser, à Salavaux, s’est spécialisée dans la tomate depuis plus de vingt ans. Il en a testé plus de 1000 variétés, soit un tiers des espèces recensées dans le monde et organise chaque été une grande fête dédiée à ce fruit.

24° Le houblon de Grandcour
Sur son magnifique domaine de la Bluette à Grandcour, Philippe Pillonel a été le premier de Suisse romande à se lancer dans le houblon. Il cultive aussi un jardin d’aromatiques, se profile sur la diversification des semences et soigne des chevaux.

25° Dans les champs de tabac
C’est dans la Broye, entre Vaud et Fribourg, que se concentre 80% de la production suisse de tabac. À Vers-chez-Savary, Thierry Jaccoud nous dit tout sur la culture de l’herbe à Nicot.

26° Les petits fruits de Sédeilles
Maraîcher vert à succès, Urs Gfeller s’est lancé il y a trois ans dans la création d’une forêt de comestibles: 170 variétés de petits fruits sur une surface de 6000 m2 où les grands arbres se marient aux buissons.

27° Des Incas à Treytorrens
Le village de Treytorrens est sans doute le plus grand fournisseur de quinoa de Suisse au prorata des habitants. Trois exploitants, les familles Charbon, Scheidegger et Bütikofer, y cultivent cette plante des Incas.

29° Du grain au pain à Pomy
À la ferme des Terres Rouges, Caroline et Fabien Thubert-Richardet sont à la fois paysans, meuniers et boulangers. Ils produisent des céréales bios qu’ils transforment en farine dans leur propre moulin et fabriquent du pain à l’ancienne.

30° Méthanisation à Lignerolle
Frédéric Petermann et ses partenaires exploitent une étable de vaches laitières à Lignerolle. L’agriculteur s’est lancé dans la réalisation d’une installation de biogaz intégrant les engrais de ferme de l’étable et d’autres exploitations.

31° Le luthier paysan de Premier
Le maître luthier Hans Martin Bader s’est installé dans une magnifique ferme historique à Premier. Il y conjugue l’exercice de son art et les travaux de la terre.

32° Reine de son domaine à Premier
Gabrielle Candaux, 39 ans, divorcée, deux enfants, est depuis le début de l’année seule patronne de l’exploitation familiale à Premier. Particularité: c’est une pension pour génisses.

33° Bergers voyageurs à Vaulion
Colette et Luc Rempe élèvent des brebis et produisent du fromage et de la viande à la bergerie du Petit-Boutavent. Ils s’activent de mars à novembre et voyagent beaucoup. Ils ont notamment enseigné la fabrication du fromage à des femmes du Sultanat d’Oman.

35° La grande mue d’un domaine viticole à Perroy
L’exploitation viticole de la famille Taurian s’apprête à vivre de grands changements. La fille Marilyne, veut donner une orientation plus durable au domaine et se diversifier: fruits, légumes, céréales, fabrication de pain, activités culturelles, etc.

36° Champions de la diversification à Gland
Stéphane et Stéfanie Baumgartner exploitent le domaine des Avouillons. Vente de lait à la ferme, présentation du monde agricole aux enfants, parrainage de poules… Pour ces champions de la diversification, l’avenir passe par l’interactivité.

37° L’amour des vivaces à Trélex
Esthète, fleuriste, décorateur, pépiniériste, Remy Jaggi cultive une grande variété de vivaces. Ses fleurs sont vendues au marché et dans ses magasins d’une incroyable poésie.

38° Étonnants agrumes de Borex
Niels Rodin s’est spécialisé dans la culture d’agrumes. Sous ses serres de Borex poussent Combawa, faustrime, yuzu, citron caviar et mains de Bouddha.

39° Vaches connectées à Crassier
Le député et syndic Serge Melly achève de rénover son domaine à Crassier. Il s’est lancé dans le bio avec l’arrivée des nouvelles technologies. Les vaches iront se faire traire toutes seules quand ce sera nécessaire.

Créé: 06.07.2019, 08h26

L'agriculture dans le canton de Vaud

Vaud arrive au 2e rang des cantons suisses pour l’étendue de sa surface agricole utile (près de 110'000 hectares, alpages non compris), après le canton de Berne.

Les grandes cultures occupent les deux tiers de la surface agricole. Vaud est d’ailleurs le premier canton producteur de blé panifiable, de maïs, de grain, de betteraves sucrières et de colza.

Le nombre d’exploitations agricoles est passé de 4372 en 2007 à 3628 en 2017.

En progression constante, l’agriculture biologique représentait près de 8% de la surface cultivée en 2017.

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