Un exhibitionniste a semé la panique chez des scoutes

ProcèsL’homme de 33 ans, accusé de s’être masturbé trois fois devant la maison des cadets à Payerne, nie en bloc.

La maison des cadets de Payerne où le camp scout a viré à l’aigre le 5 avril 2013.

La maison des cadets de Payerne où le camp scout a viré à l’aigre le 5 avril 2013. Image: Vanessa Cardoso

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Elles se sont retrouvées nez à nez avec un homme se masturbant volontairement devant elles. Pour de jeunes scoutes âgées entre 10 et 17 ans, la scène a de quoi marquer. Même l’homme, qui a comparu ce lundi devant le Tribunal correctionnel de la Broye et du Nord vaudois pour exhibitionnisme, l’admet. Tout le reste, il le nie en bloc. «Je pense qu’elles ont réellement pu être choquées, mais je ne suis pas la bonne personne. Des erreurs ça arrive, elles ont confondu.»

«Elles se trompent»

Crâne rasé, chaîne autour du cou et veste de survêtement Lacoste, le prévenu, désormais âgé de 33 ans, apparaît sûr de lui. Le fait qu’il ait été interpellé, ce 5 avril 2013 au volant de sa voiture, aux abords de la maison des cadets à Payerne, est pour lui un malheureux concours de circonstances. Une tuile de plus pour ce sans-emploi au bénéfice du revenu d’insertion, qui n’arrive pas à remonter la pente depuis cette affaire. «J’allais chercher mon amie et je me suis arrêté dans les environs de la cabane pour écrire un SMS», justifie celui qui habitait à une dizaine de minutes du lieu. Si l’exhibitionniste, revenu cette journée-là par trois fois près de la cabane pour se masturber devant les jeunes filles, portait la même veste militaire kaki que lui, c’est un hasard, affirme-t-il. Quant à la canette de bière retrouvée sur place et comportant son ADN, elle datait d’une précédente réunion en forêt entre amis. Finalement, si deux des six plaignantes l’identifient formellement, «elles se trompent».

«Vous vous rendez compte que cela fait beaucoup de hasards?» souffle la présidente. Le prévenu n’en démord pas. Malgré un casier judiciaire qui ne joue pas non plus en sa faveur. L’homme a déjà été condamné pour délit manqué de contrainte sexuelle, puis une seconde fois pour contrainte sexuelle. Pour cette nouvelle affaire, il affirme avoir des alibis, même s’il refuse de donner le nom de l’ami qu’il a rencontré cet après-midi-là.

Aucun doute pourtant du côté de la responsable du camp et d’une scoute âgée de 17 ans au moment des faits. Même si l’homme a perdu 20 kilos, il est bien celui qui a semé la panique parmi les jeunes filles. Selon l’acte d’accusation, le prévenu s’était masturbé une première fois, en fin de matinée, devant deux scoutes âgées de 13 et 14 ans qui jouaient sous l’auvent de la maison. Puis dans l’après-midi, en observant le groupe de filles depuis la forêt. Enfin vers 19 h 30, il a pratiqué l’onanisme en se plaçant devant la fenêtre du lieu où dînait la vingtaine de participantes au camp, occasionnant cris et pleurs.

Souvenirs choquants

«Ma fille a été longuement choquée et aujourd’hui ma convocation lui a fait ressurgir des souvenirs», a témoigné la mère d’une plaignante. L’homme écoute, la regarde, mais ne dit rien. «J’ai rarement vu une affaire où autant d’éléments accusent le prévenu et où il persiste à mentir. C’est dommage, aujourd’hui il aurait pu demander pardon», a souligné la procureure, Laurence Brenlla.

«J’ai rarement vu une affaire où autant d’éléments accusent le prévenu et où il persiste à mentir»

Cette dernière a requis une peine privative de liberté de 10 mois ferme, et 60 jours-amende. «Sa culpabilité est grave car il s’en est pris à des jeunes filles sans se poser de questions sur l’impact de ses actes. Il y a une absence totale de prise de conscience et d’empathie. Et il a défié la justice moins de douze mois après sa précédente condamnation. Lorsque l’on sait qu’il vit actuellement avec une compagne qui a des jeunes filles, cela inquiète le Ministère public.»

Pour l’avocate du prévenu, Me Jeanne Clerc, qui plaide l’acquittement, ce dernier n’a aucun intérêt à mentir. «Dans ses précédentes affaires, il a toujours reconnu sa culpabilité et a subi ses peines. De plus, il est de nature très pudique et, selon l’expertise psychiatrique, il ne présente aucun diagnostic de pédophilie.» L’expertise a par contre souligné des traits de la personnalité immatures. Le verdict devrait tomber en fin de semaine. (24 heures)

Créé: 27.03.2017, 20h56

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