Un herbicide a contaminé un lac

Bioley-OrjulazDes analyses ont mis au jour un polluant agricole. La dose atteint trente fois la norme. L’eau potable n’est pas touchée.

Image: Infographie: PHIL FORNEY

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Un lanceur d’alerte anonyme affirmait, il y a quelques semaines, que l’eau de la nappe phréatique située entre Bioley-Orjulaz et Bettens avait subi une pollution. Le «corbeau», qui met en cause depuis plusieurs mois le projet de machine à laver les terres polluées du groupe Orllati, dans la zone industrielle toute proche, ajoutait que les sources de la Molomba étaient contaminées par un micropolluant: le chlortoluron, un produit herbicide.

Contrôles approfondis

Les contrôles effectués au début du mois de février dans l’eau qui alimente entre 10 000 et 15 000 habitants de Bussigny et de plusieurs villages environnants ont montré que c’était faux. Le liquide est parfaitement potable. Des analyses ont toutefois continué entre la zone industrielle de Bioley-Orjulaz et le secteur de protection des sources. La cheffe du Département du territoire et de l’environnement, Jacqueline de Quattro, a communiqué mardi les résultats de ces examens. Elle répondait de manière urgente au Grand Conseil, en réponse aux interrogations du député écologiste Vassilis Venizelos. Les experts ont bien découvert des traces de ce produit dans des étangs. En particulier dans un lac de rétention, où la concentration, actuellement en baisse, a atteint trente fois la norme admissible de 0,1 microgramme (un microgramme égale un millionième de gramme) par litre, alors que le «corbeau» avait indiqué le chiffre de 40 fois la norme. Cet étang a été coupé des flux d’eau du secteur. Selon les spécialistes, la nappe phréatique n’est pas touchée. La durée de vie du chlortoluron ne serait en principe pas suffisante pour atteindre les sources de la Molomba.

Pas de danger

Le produit incriminé présente par ailleurs un danger réduit pour la santé humaine à moins d’être consommé en quantités très élevées. «Le chlortoluron est un écotoxique ciblé sur les végétaux qui ne présente pas, a priori, de danger pour l’homme aux concentrations que nous avons mesurées», relève Cornelis Neet, directeur général de l’environnement.

Les experts ont trouvé l’origine du polluant: il s’agit du traitement de cultures de blé. Une parcelle agricole se situe juste à côté de l’étang pollué. Les spécialistes excluent a priori une cause industrielle liée au groupe Orllati, actif dans le terrassement et la gestion des déchets de chantier. Le lac contaminé se trouve dans le périmètre d’exploitation de l’entreprise. Mais Cornelis Neet est formel: «Aucune autorisation d’utiliser du chlortoluron n’a été délivrée à la société Orllati qui n’a aucune raison d’en employer. Le lien avec cette entreprise semble a priori exclu.»

«Le chlortoluron est un écotoxique ciblé sur les végétaux qui ne présente pas, a priori, de danger pour l’homme aux concentrations que nous avons mesurées»

Selon l’Etat, le paysan qui a employé du chlortoluron est connu et, d’après une première enquête, il a agi dans un cadre légal au mois de novembre dernier. Il bénéficiait d’une autorisation en bonne et due forme. Un usage normal ne devrait toutefois pas aboutir à des concentrations comparables à celles qui ont été découvertes dans l’étang de Bioley-Orjulaz. Un accident s’est-il produit? Ou une imprudence, telle que le nettoyage d’un récipient? Des investigations supplémentaires devraient apporter des précisions.

Le député Vert Vassilis Venizelos se déclare satisfait des réponses apportées à ces questions. Elles portaient aussi sur des entorses aux procédures de mise à l’enquête reprochées à Orllati, sur son site de Bioley-Orjulaz: «L’entreprise n’a pas respecté les procédures usuelles dans deux cas. Le Canton a bien réagi», affirme-t-il.

Orllati est de son côté sur le point d’obtenir un premier feu vert important à son projet de machine à laver les terres polluées. La décision du Canton sur l’impact sur l’environnement vient d’être signée et elle est positive. (24 heures)

Créé: 28.02.2017, 21h04

En bref

Il faut vite relancer une nouvelle réforme fiscale

Les députés ont demandé mardi, via une résolution, par 108 voix contre 7, que le Conseil d’Etat intervienne à Berne pour remettre en chantier «rapidement» une mouture de la réforme fiscale des entreprises (RIE III). La version fédérale, refusée par les Suisses le 12 février, a été acceptée par les Vaudois à 51,3%. Le Canton avait plébiscité à 87% la version cantonale de la réforme, en 2016. Tous les groupes ont approuvé la résolution, hormis La Gauche. P.C.

Pour l’arrestation des personnes déjà expulsées une fois

Le Grand Conseil a approuvé mardi, à une majorité de 72 voix, la possibilité d’arrêter dans les locaux de l’administration vaudoise de personnes ayant déjà été expulsées du territoire. «Il ne peut pas y avoir de zone de non-droit», ont estimé plusieurs députés. La loi actuelle précise que personne ne peut être arrêté dans ces locaux deux heures avant ou après une convocation. La révision de l’application cantonale de la loi sur les étrangers n’est pas terminée. P.C.

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