Un parasite chinois met les buis vaudois en boule

JardinsApparue progressivement, la pyrale du buis a envahi tout le canton. Ses dégâts usent les jardiniers.

Le passage de la pyrale laisse les feuilles de buis racornies et désséchées et peut condamner la plante

Le passage de la pyrale laisse les feuilles de buis racornies et désséchées et peut condamner la plante Image: Chantal Dervey

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Des mètres de haies brunies, des buissons desséchés par centaines, la plante reine des jardins à la française a triste mine lorsqu’elle héberge un parasite récemment débarqué en Europe: la pyrale du buis. Cette chenille d’un papillon de nuit originaire de Chine, importée involontairement, a fait ses premières apparitions en Suisse dès 2008. D’abord confinés à certaines régions, comme La Côte dans le canton de Vaud, les foyers se sont propagés et aucune zone du pays n’est épargnée.

Professionnels ou amateurs, les jardiniers doivent composer avec ce ravageur vorace, capable de décimer un buisson de taille moyenne en à peine deux jours. «C’est vraiment une plaie, se désole Bertrand Nanchen, chef jardinier à Montreux. Il faut agir dès les premiers dégâts, car déjà en une nuit l’atteinte à la plante peut être conséquente. Il faut intervenir dès les premiers symptômes.»

«Un particulier qui veut sauver deux buis dans son jardin, c’est possible, mais pour nous qui avons des buis dans presque tous les parcs, traiter est presque peine perdue»

Le traitement existe et il est même biologique. Pulvérisé assez tôt sur une plante infestée, c’est-à-dire lorsque les larves sont encore petites, le bacille de Thuringe paralyse les mandibules des chenilles et les empêche de boulotter leur menu exclusif de feuilles de buis. Elles en meurent en deux jours. Mais le remède est éphémère et le jardinier confronté à d’importants volumes peut vite se percevoir en Sisyphe des espaces verts. «Le traitement n’est efficace que sur la larve, précise Pascal Romerio, responsable des cultures sous serres de la ville d’Yverdon. Vous pouvez traiter un buisson aujourd’hui et un papillon revient y pondre demain.»

Stratégies de lutte variées

Urbain Girod, patron des pépinières et de la jardinerie de Saint-Triphon, est moins défaitiste: «Trois générations se succèdent au cours d’une saison normale et si on éradique correctement la première génération (ndlr: entre mars et avril) ce sera plus simple de lutter par la suite.» Il n’en reste pas moins qu’une fois le parasite décelé, la surveillance doit être continue et les traitements rigoureux pour éviter la mort des arbustes. «S’il n’y a plus de feuilles, le buis est fichu, s’il reste des feuilles, un coup de cisaille et ça repart», affirme le pépiniériste, qui réconforte tous les jours des jardiniers horrifiés.

Dans les villes, les politiques divergent. Lausanne, où la guerre est déclarée depuis trois ans, a connu un pic de virulence l’an dernier. «Il a fallu éliminer les buis très atteints et ceux qui présentaient le plus de risques, déplore Pascal Besson, adjoint au chef du secteur sud des parcs et domaines. Nous surveillons continuellement les plantes et traitons biologiquement.»

Autre stratégie à Yverdon: «Nous avons décidé de nous concentrer sur quelques buis situés dans des endroits historiques, comme le château. Partout ailleurs, on laisse tomber, se résigne Pascal Romerio. Il faudrait engager une personne exclusivement pour la lutte contre la pyrale d’avril à octobre. Un particulier qui veut sauver deux buis dans son jardin, c’est possible, mais pour nous qui avons des buis dans presque tous les parcs, traiter est presque peine perdue.» (24 heures)

Créé: 27.05.2016, 07h07

Sus à la pyrale

Observer est la première mesure, conseille Urbain Girod, pépiniériste à Saint-Triphon. Les signes d’infestation sont des petites toiles à la surface de la plante et des feuilles brunies et racornies.

Traiter Pas plus cher qu’un insecticide et biologique, le bacille de Thuringe s’achète en jardinerie et grandes surfaces et se pulvérise sur les plantes. «Il faut que cela ruisselle, pour atteindre les chenilles qui se cachent à l’intérieur des buis.»

Re-traiter Cinq jours après la première administration ou en cas de pluie. Et maintenir la surveillance tout au long de l’été. A noter que le froid ne tue pas l’insecte, qui hiberne en cocon et reprend ses attaques au retour des beaux jours.

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