Un psy tentera de guérir un drôle de voleur de voitures

JusticeLe Tribunal correctionnel de Lausanne a jugé la médecine plus apte que la prison pour calmer un jeune homme de 19 ans.

Le Tribunal correctionnel de Lausanne mise sur la médecine plutôt que sur la prison pour calmer un jeune homme de 19 ans

Le Tribunal correctionnel de Lausanne mise sur la médecine plutôt que sur la prison pour calmer un jeune homme de 19 ans Image: Philippe Maeder

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur?

C’est un malade davantage qu’un délinquant. Mieux vaut, pour lui comme pour la société, le confier à un psy plutôt qu’à des geôliers. Malgré une expertise psychiatrique concluant à un risque élevé de récidive, tel est en substance le pari pris mardi par le Tribunal correctionnel face à un prévenu âgé de 19 ans.

Mehdi* a subi près de 400 jours de détention provisoire pour des faits peu communs. Il ne purgera pas les quelque 200 jours qui le séparent des 20 mois qu’il vient d’écoper. Sauf s’il manque ses rendez-vous de psychothérapie… Récidiviste, ce jeune homme s’est retrouvé derrière les barreaux essentiellement pour son obsession à voler des voitures pour aller faire des tours, prendre de l’essence sans payer puis les abandonner.

«Je ne sais pas quoi dire», répond-il à la question de savoir pourquoi il a d’abord nié malgré les vidéosurveillances et les traces ADN qui l’accusent. Face aux juges, il fait profil bas, assure s’être calmé. La mécanique auto le passionne, il voudrait faire un apprentissage dans la branche. Le hic, c’est qu’il a commis son premier vol d’usage dans un garage où il a effectué un stage.

En février 2017, alors qu’il purge une condamnation antérieure à la prison des Léchaires pour mineurs et jeunes adultes, il profite d’une permission de 24 heures pour s’introduire de nuit dans ce garage en cassant une fenêtre. Il pique une cinquantaine de francs dans la caisse, et la clé d’une Toyota exposée devant l’établissement. Interdit de permis de conduire pour une durée indéterminée, il se met au volant et file. La voiture sera retrouvée une semaine plus tard, abandonnée dans un parking.

Le garçon, qui a entre-temps obtenu sa libération conditionnelle, remet ça un mois plus tard dans un autre garage avec deux copains. Ils piquent l’Audi S4 V6 du propriétaire. Mehdi la munit de plaques dérobées sur une voiture en stationnement. La S4 est retrouvée le lendemain abandonnée dans l’Ouest lausannois.

Rebelote quelques jours plus tard. Le jeune homme s’introduit dans un garage en Valais. Il file au volant d’une Audi S3 – elle sera retrouvée trois jours plus tard à Pully, accidentée. Entre-temps, il subtilise une autre Audi S3 dans un garage non fermé. Il l’utilisera pendant plusieurs jours, prenant de l’essence sans payer. Celle-ci n’a pas été retrouvée. «Non, je ne l’ai pas revendue», répond Mehdi à la présidente qui s’étonne de cette disparition. Enfin, durant cette même période, la vidéo surveillance d’une station-service le surprend à partir sans payer au volant d’une Mercedes censée appartenir à un copain.

C’est après avoir tenté de pénétrer dans un dernier garage dans le Gros-de-Vaud que le jeune homme sera arrêté. Au tribunal, qui lui demande comment il a vécu la période de détention qu’il a subie au Bois-Mermet, il répondra que c’était mieux qu’aux Léchaires, parce qu’on y met moins la pression.

* Prénom fictif (24 heures)

Créé: 18.05.2018, 20h01

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

L'actu croquée par nos dessinateurs, partie 5

Le président de La Poste n'échappe pas aux critiques, paru le 18 juin
(Image: Bénédicte) Plus...