Un satellite suisse sera envoyé dans l’espace dans une fusée de SpaceX

InnovationLa start-up de l’EPFL Astrocast a décroché un billet pour l’espace: l’un de ses satellites sera envoyé en orbite grâce à une fusée d’Elon Musk.

Fabien Jordan (au premier plan, à dr) devant l’un des satellites de sa start-up, Astrocast. Cet été, il sera placé en orbite basse par une fusée SpaceX.

Fabien Jordan (au premier plan, à dr) devant l’un des satellites de sa start-up, Astrocast. Cet été, il sera placé en orbite basse par une fusée SpaceX. Image: DR

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«SpaceX a confirmé notre fenêtre de lancement, entre fin juillet et fin août», précise Fabien Jordan, CEO d’Astrocast, confirmant une information de Bilan. Contrairement à la Tesla du patron, le satellite d’Astrocast ne sera pas envoyé dans l’espace depuis la monstrueuse fusée Falcon Heavy. Il quittera la Terre à bord de la traditionnelle Falcon 9, dont le premier étage est réutilisable. «Ce que réalise SpaceX depuis quelques années est extraordinaire. Cette société nous fascine, nous la suivons depuis longtemps. Et, derrière elle, c’est toute l’industrie du spatial qui est en plein bouleversement. Certaines sociétés, comme la nôtre, en profitent pour tirer leur épingle du jeu», poursuit l’entrepreneur, dont la société est l’une des nombreuses entreprises à bénéficier de l’arrivée en force du privé dans un secteur jusqu’alors monopolisé par une poignée d’États.

Corollaire de cette ouverture: les prix sont à la baisse, permettant à de nombreux acteurs de tenter l’aventure du new space entrepreneurship. «Le lancement prévu cet été coûte quelque 70 millions de dollars, essentiellement à la charge d’un ou deux gros clients de la mission, qui ont droit aux égards et à toute l’attention. Mais à côté de cette mission principale viennent se greffer plusieurs petits satellites, ce qui fait baisser le ticket d’entrée. Pour nous, la mise en orbite sera facturée environ 250'000 dollars», détaille Fabien Jordan, dont la start-up vient de lever plus de 4 millions de francs et qui vient de lancer un nouveau tour de table.

Concrètement, le satellite d’Astrocast, engin d’environ 4 kilos aux dimensions d’une boîte de chaussures, jouera en quelque sorte les cobayes. «Il s’agit d’un satellite de démonstration qui sera placé en orbite polaire. Il ira donc d’un pôle à l’autre et doit prouver que notre système fonctionne, poursuit Fabien Jordan, ancien de l’aventure Swisscube. D’ailleurs, pour maximiser nos chances de succès, un deuxième satellite sera mis en orbite dans la foulée, cette fois à bord d’un lanceur indien.»

L’année qui commence s’annonce donc comme un test grandeur nature pour Astrocast, qui voit déjà plus loin. Dès 2019, ce n’est rien de moins qu’une constellation de 64 satellites que la start-up prévoit d’envoyer en orbite basse, à quelque 600 km de la planète bleue.

Le but? Créer une toile de minisatellites qui quadrillent la Terre sur huit plans orbitaux. «Nos satellites, qui permettent de relayer de petits paquets de données, visent avant tout l’Internet des objets.»

Ainsi, plutôt que par un réseau mobile classique, la solution d’Astrocast pour connecter les objets passe par l’espace. «Avec notre solution, les possibilités sont quasi infinies. Du monitoring d’une flotte de camions à des gilets de sauvetage connectés qui enverraient des messages d’urgence en passant par l’agriculture, notre concept permet de très nombreuses applications.»

Grâce à un système complet qui comprend les satellites mais aussi les programmes informatiques et des terminaux miniatures format carte de crédit qui permettent d’échanger avec le satellite, c’est une solution clés en main que propose Astrocast. «Notre approche est disruptive. Elle veut prouver que, contrairement à une idée reçue, les coûts liés à l’espace ne sont pas prohibitifs et pourraient même s’avérer meilleur marché que des solutions terrestres.» (24 heures)

Créé: 23.02.2018, 17h15

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