Une biopharma de pointe installe son usine à Y-Parc

EconomieSpécialisée dans le développement de médicaments et de traitements contre le cancer, la firme américaine Incyte, va investir plus de 100 millions dans la première phase. Elle compte employer quelques 70 personnes d’ici 2020.

La nouvelle usine de production comprenant trois bâtiments pourra accueillir jusqu’à six bioréacteurs de 2000 l. Elle en comptera deux en 2020 lorsque la production sera lancée.

La nouvelle usine de production comprenant trois bâtiments pourra accueillir jusqu’à six bioréacteurs de 2000 l. Elle en comptera deux en 2020 lorsque la production sera lancée. Image: INCYTE

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur?

La Health Valley vaudoise prend une nouvelle dimension: déjà présente au Biopôle d’Epalinges au-dessus de Lausanne avec son siège européen, la firme américaine biopharmaceutique Incyte, spécialisée dans les traitements en oncologie, va construire une nouvelle usine de production à Y-Parc, à Yverdon-les-Bains. Dans une première étape, elle prévoit d’investir un montant de plus de 100 millions de francs pour ce site qui devrait être opérationnel en 2020.

Le site est destiné à la production d’anticorps monoclonaux, utilisant une nouvelle technologie de bioréacteurs. Les travaux devraient commencer encore cet hiver. Durant la période de construction, le personnel d’Incyte, installé dans un bâtiment du Parc Scientifique et Technologique à proximité du chantier, va s’étoffer peu à peu pour atteindre quelque 70 emplois au démarrage de la nouvelle usine. Si celle-ci tourne à sa pleine capacité, elle pourrait employer 130 personnes. La société a acquis un terrain de 21 000 m2, mais elle a également réservé une surface supplémentaire de 47 000 m2 pour une future extension.

Plus de 1100 collaborateurs

La société biopharmaceutique, qui est basée à Wilmington dans l’Etat du Delaware, est avant tout un laboratoire de recherche qui compte plus de 1100 collaborateurs dans le monde, dont une centaine entre Lausanne et Genève. Outre les Etats-Unis, elle a des équipes de chimistes et de biologistes dans différents sites en Europe, notamment aux Pays-Bas, ainsi qu’au Japon où elle vient de s’implanter. «Nous devons être capables de développer et de fabriquer des produits pour le reste du monde, a indiqué mardi à Yverdon le PDG français d’Incyte, Hervé Hoppenot. Notre usine à Yverdon nous permettra d’atteindre un taux de fiabilité de 100%.»

Parmi les principaux critères d’implantation qui ont permis à Y-Parc de l’emporter sur ses concurrents, le PDG citait sa capacité à mettre en œuvre une production de haute technologie, à trouver les compétences pour exploiter l’usine avec une main-d’œuvre qualifiée, ainsi que la disponibilité du terrain, non loin de Lausanne et immédiatement constructible.

Michael Morrissey, vice- président d’Incyte, Philippe Leuba, conseiller d’Etat, et Hervé Hoppenot, PDG

Quelque 80% des activités d’Incyte sont orientées vers le domaine de l’oncologie, a expliqué Hervé Hoppenot, ancien dirigeant chez Novartis. S’inspirant de «la nouvelle vague d’innovation», avec l’objectif même de changer la pratique traditionnelle de la médecine en cancérologie, les chercheurs développent des biotechnologies basées sur l’immunologie. Celle-ci vise à rétablir les mécanismes de défense et le système immunitaire du patient afin de stopper la maladie. La démarche est similaire à celle adoptée avec succès dans le traitement du sida. D’ailleurs, a-t-il expliqué, une partie des scientifiques qui ont rejoint l’entreprise ont travaillé sur le virus de l’immunodéficience humaine (VIH).

Considérée par les experts en pharma comme l’une des sociétés les plus innovantes dans son domaine, Incyte compte 17 molécules en études cliniques. Certaines sont menées en partenariat avec le CHUV et d’autres instituts de la région. Des collaborations qui devraient se renforcer, selon les dirigeants de la firme biotech. Aujourd’hui, toutefois, seuls trois traitements sont commercialisés – dont l’un contre la myélofibrose, maladie rare de la moelle osseuse, par Novartis – qui lui apportent des revenus. Ces derniers sont réinvestis; la société n’est pas encore profitable. La production et la commercialisation en propre de traitements développés sur un cycle de dix ans – certains, les chercheurs le savent, sont voués à l’échec – doivent permettre d’atteindre les objectifs de croissance et de bénéfices attendus par les investisseurs. Incyte veut donc disposer d’unités opérationnelles aux Etats-Unis, en Europe et au Japon.

Yverdon a le sourire

Cotée à la Bourse américaine du Nasdaq, qui comprend les grandes sociétés high-tech, l’entreprise a l’ambition de devenir «un des leaders mondiaux de biopharmacie dans les années 2020». Incyte est arrivée à Genève au printemps 2015 et l’an dernier au Biopôle des hauts de Lausanne en acquérant les opérations européennes d’Ariad Pharmaceuticals, autre société d’oncologie américaine, spécialisée dans les maladies orphelines. Son nouveau site à Yverdon a de quoi réjouir la Ville, comme l’a souligné son syndic, Jean-Daniel Carrard, qui est aussi président d’Y-Parc. L’implantation a d’ailleurs incité les autorités de la commune à investir 8 millions de francs dans un nouveau parking à Y-Parc, à côté de l’usine. Il comprendra 500 places sur deux étages, qui pourront être élevés à six étages dans le futur! (24 heures)

Créé: 07.11.2017, 20h43

En chiffres

68 000


C’est en m2 la surface destinée à la société biopharmaceutique Incyte dans Y-Parc. 21 000m2 ont été acquis, le reste est réservé à une extension future.

100


C’est le montant, en millions de dollars - comme de francs - qui seront investis dans la première phase afin de construire les trois bâtiments de la nouvelle usine: production, administratif et technique.

6%


C’est la part de consommation en électricité que représentera la nouvelle usine de produits biopharmaceutiques dans la consommation totale de la Ville d’Yverdon. Une partie sera alimentée par des panneaux photovoltaïques sur la toiture de l’usine.

Articles en relation

Une nouvelle directrice pour Y-Parc

Economie Juliana Pantet a fait l'unanimité. Cette Yverdonnoise a œuvré dans la promotion économique aux Etats-Unis et au Canada. Plus...

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

L'actu croquée par nos dessinateurs, partie 5

Des dizaines d'automobilistes ont été bloqués dans le Chablais, pendant plusieurs heures pour certains. La situation était également chaotique sur les routes secondaires parsemées de congères.
(Image: Bénédicte) Plus...