Une carrière professionnelle guidée par l’agenda de la famille

Femmes cheffes d'entrepriseDirectrice d’une société immobilière, Véronique Bornand-Sickenberg a choisi comme priorité de s’occuper de son fils

Véronique Bornand-Sickenberg et son fils cadet, Guillaume, 22 ans, avec qui le temps ne compte pas.

Véronique Bornand-Sickenberg et son fils cadet, Guillaume, 22 ans, avec qui le temps ne compte pas. Image: FLORIAN CELLA

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Le visage radieux, Véronique Bornand-Sickenberg se dit parfaitement comblée dans sa carrière professionnelle. Pourtant ses choix ont toujours été guidés par le vécu de sa famille, surtout de son fils Guillaume, handicapé, pour qui elle n’a pas hésité à renoncer à des postes enviables afin de l’accompagner dans ses soins. Cette priorité envers ses proches, elle n’en affiche aucun regret, étant parvenue à accomplir de manière indépendante des activités qui l’intéressent.

Quand on évoque son titre actuel, directrice de RayBo Invest SA, elle sourit, car il s’agit d’une petite société immobilière responsable de la gestion du patrimoine familial créée avec son père, Raymond Bornand. La société possède une dizaine d’immeubles et deux bijouteries-horlogeries à Crans-Montana. Et dans ses bureaux à Montreux, où elle travaille à temps partiel, elle voit cette activité d’abord comme un éternel apprentissage d’une législation sur les biens immobiliers et de ses règles en fréquents changements. Son père a été son premier employeur, dans les années 1990, quand il dirigeait la société Audemars-Piguet Suisse SA, alors indépendante du fabricant du Brassus, et qui était basée dans la maison familiale de Morges. Formée dans la vente, avant de faire une formation d’employée de commerce, sa fille était son assistante et s’occupait du service après-vente.

Aujourd’hui, la gérance d’immeubles n’est pas sa seule activité. La maison familiale, dans un quartier résidentiel calme, a été aménagée en partie en bed & breakfast. Aidée par son fils, qui joue les réceptionnistes – même en période d’examen d’apprentissage d’employé de commerce dans un grand palace lausannois –, Véronique Bornand-Sickenberg est dans son élément. Elle retrouve dans cette tâche accessoire ses penchants: le goût de l’accueil, des rencontres et du savoir-vivre. La maison compte quatre chambres et reçoit différentes catégories de clients, dont certains sont des fidèles.

Cette vocation pour les réceptions et l’hébergement d’hôtes, elle avait pu le développer chez PHF Production, la société événementielle fondée par Nadège et Philippe Fehlmann, organisatrice du salon Arvinis et du Marché de Noël dans les anciennes halles CFF à Morges.

«J’ai aimé travailler avec eux, dans le monde du vin et des gens de la terre. Et j’apprécie cet univers des salons.» Véronique Bornand-Sickenberg a été hôtesse puis l’assistante des deux personnalités morgiennes durant cinq ans. Dix ans plus tard, en 2015, elle est nommée directrice, un poste qu’elle ne conservera pas longtemps – environ un an –, étant appelée au chevet de son fils souffrant de gros problèmes de santé. Mais c’est là, ose-t-elle confier, qu’elle a pris de la bouteille!

Tellement qu’elle s’est lancée à fond dans le nouveau Marché de Noël au pied du château de Morges, au sein d’un comité très motivé et solidaire. Grâce à un partage des tâches qui n’engloutit pas ses membres et d’un succès qui a dépassé les attentes, l’équipe remet ça en cette fin d’année.

Il est vrai que Véronique Bornand-Sickenberg, qui a 50 ans cette année, fonctionne plus par passion que guidée par un plan de carrière. Et l’horlogerie est toujours restée au cœur de sa vie parfois mouvementée. Ainsi quand son mari, lui aussi au service de grandes marques horlogères, s’expatrie pour plus de quatre ans à Hongkong, elle l’accompagne avec ses deux fils. Une expérience forte. Mais cette fois il y a trop de grains de sable pour le cadet en chaise roulante. Jusque-là, la famille n’avait pourtant pas hésité à voyager dans le monde entier. Maisaprès dix-huit mois, la mère rentre au pays avec ses fils.

Parmi les jobs qui jalonnent sa carrière, lui laissant une latitude de temps, elle a travaillé aussi pour une boîte de com et de déco au service de marques de montres. Une passion pour l’horlogerie décidément héréditaire – son fils décore les roues de sa chaise roulante avec des cadrans de montres de luxe – qu’on épouse pour la vie! Mais une autre chose lui tient à cœur: son engagement auprès de Just for Smiles, une association qui redonne le sourire à de jeunes handicapés par diverses activités audacieuses. Pour sûr, celui de Véronique est contagieux. (24 heures)

Créé: 25.06.2018, 09h56

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