Vaud aide le Sénégal à créer sa filière d’apprentissage

FormationA l’instigation du DFAE, le Canton agit comme expert à Dakar, qui veut instaurer un système dual inspiré du modèle suisse.

La ministre vaudoise de la Formation, Anne-Catherine Lyon, a notamment visité le Centre national de qualification professionnelle de Dakar lors de son séjour au Sénégal.

La ministre vaudoise de la Formation, Anne-Catherine Lyon, a notamment visité le Centre national de qualification professionnelle de Dakar lors de son séjour au Sénégal. Image: DR

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«C’est un mandat extrêmement motivant, et j’espère que nous pourrons participer à sa mise en œuvre.» Conseillère d’Etat en charge de la Formation, de la Jeunesse et de la Culture, Anne-Catherine Lyon rentre enthousiaste d’un court séjour africain où elle a vécu la concrétisation d’un travail initié il y a un an. Emmenée par le directeur de l’enseignement postobligatoire, Séverin Bez, une petite équipe de l’encadrement vaudois a relevé le défi lancé par Didier Burkhalter, chef du Département fédéral des affaires étrangères (DFAE): aider le Sénégal à construire les bases d’un système dual (formation en entreprise) inspiré du modèle suisse. La signature d’une charte, la semaine dernière à Dakar, marquait l’aboutissement de cette collaboration inédite, que la ministre vaudoise aimerait voir se poursuivre.

Des structures inspirées de la France

L’initiative de cette coopération est née lors du Sommet de la francophonie, en novembre 2014, à Dakar. Macky Sall, président du Sénégal élu le 25 mars 2012, fait part au conseiller fédéral neuchâtelois, alors président de la Confédération, de son vif intérêt pour le système suisse de formation duale. Le Sénégal, dont les structures de formation sont largement inspirées de la France métropolitaine, peine à intégrer suffisamment les compétences acquises en entreprise, d’une part, et souffre d’une économie informelle où leur valorisation est inexistante.

Didier Burkhalter propose alors que la Suisse mette son savoir-faire à disposition, et met au concours le mandat requis par son homologue sénégalais auprès des cantons. Les Vaudois déposent une offre de service et emportent le morceau. En lien étroit avec l’ambassade de Suisse à Dakar, l’Institut fédéral des hautes études en formation professionnelle, l’ONG Apprentissages sans frontières et la Fédération vaudoise des entrepreneurs, la petite équipe de spécialistes mise sur pied par Séverin Bez se livre, un an durant, à un examen attentif de la formation professionnelle au Sénégal, et met sur pied un catalogue de propositions et de recommandations pour aider le pays de l’Ouest africain à structurer son système. Lundi et mardi dernier, un symposium en vue de proposer l’apprentissage dual, sous l’égide de la présidence sénégalaise, concrétisait la démarche.

Comprendre le contexte

«Notre position d’expert nous imposait d’abord de bien comprendre le contexte, de ne pas chercher à imposer des recettes toutes faites, détaille Anne-Catherine Lyon. Il existe autant de points communs – sur la finalité de la démarche, sur les grandes questions liées à la transmission du savoir – que de différences entre nos deux pays. En Suisse, deux tiers des jeunes passent par la formation professionnelle; au Sénégal, ils ne sont que 5%.» Le défi est essentiel: la moitié de la population sénégalaise a moins de 22 ans, et le nombre total d’habitants (14 millions aujourd’hui) devrait doubler en une génération.

Se concentrant sur treize métiers pilotes (agriculture, tourisme, mécanique, construction, informatique…), les experts vaudois ont créé une sorte de guide pratique du système dual, recensant les démarches à suivre pour passer d’une formation centrée sur des lycées professionnels vers un modèle qui intègre les entreprises, multipliant ainsi les possibilités de former des jeunes. «Actuellement, au Sénégal, les employeurs ont souvent une vision utilitaire des formations, explique la ministre vaudoise. Lorsqu’ils en ont besoin, ils commandent aux lycées professionnels des formations de très courte durée. La volonté des autorités sénégalaises est d’introduire comme chez nous une culture de la formation professionnelle où les jeunes font partie intégrante des entreprises, du tissu économique.» La création de l’équivalent de notre certificat fédéral de capacité fait partie des propositions issues du travail des Vaudois. Autre proposition en forme de défi, valoriser les «acquis de l’expérience» issus d’une économie «non scolarisée», dont les acteurs n’ont passé par aucune filière officielle, où le savoir se transmet à l’ancienne, tels des compagnonnages.

Combat quotidien

«Ce qui me frappe, c’est à la fois le niveau très impressionnant de nos interlocuteurs et le dénuement problématique auquel ils font face, relate encore Anne-Catherine Lyon. Leurs équipements sont insuffisants, vétustes, inadaptés, la formation est un combat quotidien. Mais leur volonté force le respect: 3% de la masse salariale doit être affectée via une taxe à la constitution du nouveau système dual! Nous avons donc édicté une liste d’éléments à observer pour une bonne mise en œuvre.» Parmi ces recommandations, la constitution d’un comité de pilotage composé à parts égales de représentants de l’Etat, des syndicats et du patronat.

Le mandat vaudois est officiellement terminé. Mais l’envie de poursuivre est vive. «Le DFAE doit décider d’une continuation. Ce n’est pas une question d’argent. Nous apportons du savoir-faire!» Comme leur ministre de tutelle, les experts vaudois qui ont participé à l’aventure souhaitent la poursuivre. Et, qui sait, offrir aussi à terme à des apprentis vaudois fraîchement certifiés la perspective d’aller se frotter aux réalités africaines à l’issue de leur formation. (24 heures)

Créé: 11.03.2016, 23h20

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