Vendu, le château d’Hauteville deviendra une université

Saint-LégierL’édifice a été vendu à la Pepperdine University. L’école y créera un campus

Construit en 1760, le château d’Hauteville est resté jusqu’ici aux mains de la famille Grand d’Hauteville et de ses trois héritiers. Il constitue l’un des rares témoignages du patrimoine vaudois des XVIIIe et XIXe siècles.

Construit en 1760, le château d’Hauteville est resté jusqu’ici aux mains de la famille Grand d’Hauteville et de ses trois héritiers. Il constitue l’un des rares témoignages du patrimoine vaudois des XVIIIe et XIXe siècles. Image: DR/RIVIERA PROPERTIES

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«C’est un véritable cadeau de Noël après ces longs mois d’attente», se réjouit Alain Bovay, syndic de Saint-Légier. Monument d’importance nationale, le château d’Hauteville a trouvé un acquéreur. La famille Grand d’Hauteville l’a vendu à la Pepperdine University. Cette institution américaine privée dont le siège est à Malibu, en Californie, en fera un campus universitaire semblable à ceux qu’elle exploite à Washington, Londres, Shanghaï, Buenos Aires, Florence, Heidelberg (Allemagne) ou encore à Lausanne.

Le montant de la vente n’a pas été dévoilé. Selon une source, il est légèrement inférieur au prix de 50 millions affiché lors de sa mise sur le marché. De plus, le nouveau propriétaire s’est engagé à investir «plusieurs dizaines de millions de francs pour restaurer l’édifice dans les règles de l’art». Le domaine d’Hauteville fera donc l’objet de deux à trois ans de travaux en étroite collaboration avec les services cantonaux. «C’est une excellente nouvelle pour le patrimoine, réagit Pascal Broulis, conseiller d’État. Car c’est toujours compliqué de vendre un édifice d’une telle ampleur. Il faut des moyens pour l’entretenir. De surcroît, le projet programmé le maintiendra vivant.»

Une vente ardue

Administrateur du domaine d’Hauteville et directeur de Riviera Properties à Vevey, Michel Colatruglio ne peut pas dire le contraire: «Nous avons mis deux ans pour trouver cet acquéreur, alors que des intéressés nous appelaient presque toutes les semaines dans l’idée d’acheter cette propriété.» L’avenir des alentours du château est aussi assuré. Car le domaine compte 30 hectares de champs et de vignes, que les exploitants actuels, l’agriculteur Jean-Luc Morier et la Maison Obrist à Vevey, pourront continuer à exploiter.

Une centaine d’étudiants sont attendus sur le site. «Ce seront des jeunes de toutes classes sociales, précise Alain Bovay. Car l’école, à connotation chrétienne, accueille l’élite, tout en soutenant financièrement des jeunes moins aisés. Selon sa direction, elle participera aussi pleinement à la vie communale.» La Pepperdine University a prévu d’ouvrir ses portes au public pour des activités culturelles. Elle affiche aussi un sens aigu de l’environnement et de la sécurité: ses élèves auront l’interdiction de circuler en voiture et devront donc se déplacer uniquement en transports publics.

À Saint-Légier, on se frotte les mains. Car le village pourra bientôt se targuer d’une offre importante dans le domaine des écoles privées, la Pepperdine University venant s’ajouter à l’École internationale du Haut-Lac. «C’est un créneau économique intéressant pour notre commune, relève Alain Bovay. Mais cette venue profitera aussi au rayonnement de la Riviera.» Actuellement, le bâtiment reste partiellement occupé par les membres de la famille, alors que plusieurs pièces ont été louées. Construit en 1760, le château d’Hauteville est resté jusqu’ici aux mains de la famille Grand d’Hauteville et de ses trois héritiers. Il constitue l’un des rares témoignages presque intact du patrimoine vaudois des XVIIIe et XIXe siècles. Après le décès en janvier 2014 de la baronne Édith d’Hauteville, l’hoirie familiale a décidé de vendre au plus vite le château et son contenu.

La fin de l’inquiétude

Depuis lors, l’avenir de l’édifice a suscité de l’inquiétude, notamment au sein de Patrimoine Suisse. Alors qu’une partie du mobilier a été disséminée lors d’une vente aux enchères en 2015, l’institution déplorait le manque d’intérêt du Conseil d’État. L’édifice figurait aussi il y a quelques années parmi ceux susceptibles d’abriter le nouveau Musée cantonal des beaux-arts, qui ouvrira finalement ses portes à Lausanne. «Nous ne voulions pas que le château devienne une simple résidence d’été, conclut Alain Bovay. Nous sommes donc comblés.»

(24 heures)

Créé: 14.12.2018, 19h23

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