Venir à bout du harcèlement entre élèves: c'est possible!

Harcèlement entre élèvesPour faire face aux situations critiques, l'école vaudoise privilégie désormais une approche non blâmante.

Bon an mal an, un enfant sur dix devient cible de harcèlement par des pairs.

Bon an mal an, un enfant sur dix devient cible de harcèlement par des pairs. Image: GETTY IMAGES

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Rumeurs, calomnies, humiliations, chantage, menaces, exclusion, vol, baisers forcés, jet d’objets, gifles, agressions sexuelles, on ne réagit pas de la même manière selon la nature des actes. De nombreux témoignages d’élèves révèlent que le harcèlement empire après des sanctions. Aujourd’hui, punir systématiquement n’est pas jugé pertinent dans chaque situation de harcèlement entre élèves. L’école vaudoise s’est dotée de plusieurs outils pour y faire face, dont la méthode de la «préoccupation partagée», approche psychologique dont les premières formations en Suisse ont été dispensées en 2016. Celle-ci est non blâmante et les dernières recherches en ont prouvé la pertinence, avec des taux de réussite naviguant entre 70 et 100%.


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Reste à appliquer le principe et, pour ce faire, chaque cas est évalué dans une gradation allant du jaune au rouge. Dans la zone jaune on trouvera par exemple un surnom pas bien méchant, mais qui pourrait finir par déprécier l’élève si l’on n’y prend garde: «L’adulte qui le repère doit réagir vite, intervenir avant que le réflexe ne s’installe», résume Basile Perret, chef de projet «Harcèlement et violence entre élèves». À l’autre extrémité, dans la zone rouge, il y a la photo dénudée qui se propage à travers le bahut par la disgrâce des réseaux virtuels: «Là, c’est pénal, tranche Olivier Duperrex, médecin responsable pour la santé scolaire. La police intervient et son action est doublée d’un accompagnement par l’école. Il y a des gestes, des actions qui ne sont pas tolérables et nécessitent des sanctions.»

C’est au milieu, dans la zone orange, que l’on répertorie la majorité des situations critiques. La petite tape derrière la tête reproduite quotidiennement, l’ado dodue constamment moquée, les gosses un peu mal équipés pour la vie sociale à qui personne, profs compris, ne veut avoir affaire… Autant de malaises abordés avec la méthode «de la préoccupation partagée». Cette démarche prend en compte les trois partenaires d’une relation d’intimidation: la cible, le groupe d’intimidateurs et les témoins.

Exit la vision d’un agresseur meneur face à une victime que l’on confrontait par le biais d’une médiation de conflit. Cette manière de faire s’est avérée stigmatisante et contre-productive dans les situations de harcèlement entre élèves. Désormais, plusieurs entretiens individuels avec chacun des protagonistes s’attellent à décortiquer la situation préoccupante sans blâmer ni moraliser, à en cerner les enjeux, à débusquer les sentiments individuels qui les actionnent, à désamorcer la dynamique néfaste installée dans le groupe.

Les témoins ne sont plus écartés mais invités à comprendre que leur rôle d’observateurs passifs valide ce harcèlement, qu’ils réprouvent pourtant en leur for intérieur. En bout de course, les élèves sont amenés à percevoir que l’intimidation n’est agréable pour personne et que chacun aspire simplement à être respecté.

En amont de ces actions ciblées, il y a tout un travail de l’ombre, pas toujours identifié comme une prévention, mais qui contribue à améliorer le climat scolaire. «Cela se fait discrètement depuis vingt ans à travers des festivals, des journées des talents où chacun peut avoir sa place», salue Olivier Duperrex. (24 heures)

Créé: 06.04.2018, 07h00

Définition

Harcèlement entre élèves ou intimidation
Actions répétées et forces inégales (rapport asymétrique). Potentiel de nuisance élevé

Violence ou conflit
Actions ponctuelles et relative égalité des forces (rapport symétrique). Potentiel de nuisance moindre.

Les parents ont aussi un rôle

L’école n’est pas le seul lieu de vie et d’expression des jeunes. L’institution appelle les familles à s’impliquer également. L’Unité PSPS recommande aux parents un réflexe simple: ne pas rester seul face à un enfant en souffrance.

L’entourage, l’enseignant principal, le psychologue, les médiateurs, un membre de la direction peuvent être interpellés (directement plutôt que par courrier) pour partager la préoccupation. Enfants, parents, adultes de l’école, professionnels de l’écoute, associations d’entraide peuvent alors se brancher sur une même longueur d’onde et élaborer des réponses concertées.

«Il y a une attente forte que l’école règle ce qui se passe entre élèves, peut-être parce que les parents se sentent démunis. Mais la solution, c’est le réseau», conclut Olivier Duperrex.

Parents et jeunes en difficulté peuvent se tourner à tout moment vers le numéro 147 (téléphone ou sms ou chat via le site www.147.ch) et www.ciao.ch

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