Yvan Luccarini veut sortir du capitalisme et réorganiser les liens sociaux

Elections cantonalesLe chantre veveysan de la décroissance veut réduire drastiquement le temps de travail et les inégalités.

Yvan Luccarini se définit comme «objecteur de croissance».

Yvan Luccarini se définit comme «objecteur de croissance». Image: DR

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Comme il le dit, Yvan Luccarini est passé du «gentil gars à qui l’on tape sur l’épaule» au «concurrent». D’inoffensif à sérieux rival à Vevey: inconnu lors de sa candidature à la Municipalité en 2011, il a réalisé de très bons scores ensuite. Le chantre de la Décroissance est en effet passé à sept petites voix d’être élu à l’élection complémentaire de 2015. Il ne lui a manqué que 75 voix l’an dernier. Pas reproductible à l’échelon cantonal, où il avait fini 18e sur 21 en 2012. Mais ne dites pas à Yvan Luccarini que sa postulation au Conseil d’Etat (au sein d’Ensemble à Gauche) est une candidature de combat. «Pas du tout, nous sommes les seuls à vouloir sortir du capitalisme. Et la réélection des conseillers d’Etat sortants leur paraît acquise, or il faut changer de personnes au gouvernement.»

Pour une société anticapitaliste, il avance des pistes locales: travailler, produire et consommer dans la région. «Moins de biens, plus de liens!»: «Les gens peuvent se rendre des services qui renforcent la cohésion sociale et répondent à des besoins hors marché.» Lui s’investit aussi bénévolement dans plusieurs associations, comme Viv(r)e la gratuité (qui organise marchés et projections gratuits), ou pour le bimestriel Moins!

Yvan Luccarini répète à chaque élection que décroissance ne rime pas avec austérité. Mais «des choses devront être drastiquement réduites ou supprimées»: diminuer la consommation d’énergie pour en finir avec le nucléaire, limiter les transports de denrées en produisant local. «Il faudra plus de gens pour travailler la terre. Cela créera des emplois.» Le but étant de réduire les inégalités, «en commençant par un impôt vraiment progressif».

Travailler moins pour gagner plus: «Réduire le temps de travail à vingt heures par semaine. Pas pour être moins payés, mais en répartissant mieux. Par exemple, avec des robots aux caisses, rétribuer les caissières avec ce gain, non les actionnaires. En Grèce, des modes d’organisation alternatifs se mettent en place. Je trouve bête d’attendre d’être dans le dénuement pour faire les choses autrement.»

Longtemps indépendant (gérant d’une salle de billard puis dans la microédition), Yvan Luccarini a privilégié son rôle de père de ses filles (6 et 8 ans) en travaillant à 25-30% depuis 2011 dans une épicerie. «Je ne revendique pas mon mode de vie pour tous. Mais je m’efforce de mettre en pratique mes convictions. C’est ce qui rend heureux.»

Plus entendu depuis le succès du film Demain ? «Surtout grâce à notre travail de terrain (débats et conférences). Pour cette élection, je m’attends à des résultats très différents à Lausanne et sur la Riviera qu’ailleurs dans le canton.» (24 heures)

Créé: 19.04.2017, 18h08

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