À L’Écusson vaudois, c’est chez Ecoffey

L'esprit des lieuxA Bottens, Aline Hutter représente la 4e génération de la famille aux commandes de ce lieu typiquement vaudois.

Aux commandes de L'Ecusson vaudois de Bottens depuis 2010, Aline Hutter poursuit une tradition familiale débutée en 1929, il y a trois générations.

Aux commandes de L'Ecusson vaudois de Bottens depuis 2010, Aline Hutter poursuit une tradition familiale débutée en 1929, il y a trois générations. Image: Vanessa Cardoso

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À Bottens, les clients ne vont pas «à L’Écusson Vaudois», mais «chez Ecoffey». L’an prochain, cela fera en effet nonante ans que la famille tient cet établissement installé dans une massive maison bernoise en bordure de la route cantonale reliant Lausanne à Thierrens. Un emplacement qui, au passage, en faisait il y a bien longtemps un lieu d’arrêt incontournable pour les paysans du plateau du Jorat remontant du Comptoir Suisse puis, plus récemment, pour les motards se rendant au Motocross de Combremont-le-Petit.

Ces traditions ont disparu, mais la famille Ecoffey est toujours aux commandes. Représentante de la 4e génération, Aline Hutter a repris l’établissement avec son mari Alexander Hutter le 1er janvier 2010; ils entameront donc dans quelques jours leur 10e année aux commandes de ce café-restaurant institutionnel. Mais en ce jeudi, la patronne accueille ses clients du café matinal comme d’habitude, en les saluant quasi tous par leur prénom. «Un café de village joue un rôle social. Certains ne viennent que pour entendre un petit mot, alors on se doit de le leur donner», estime-t-elle. Inutile de dire que ces mêmes clients reçoivent leur consommation habituelle avant même de l’avoir commandée.

«Ce que j’apprécie ici, c’est que c’est un des derniers vrais bistrots vaudois», explique Édouard. La cagnotte au mur ou le baby-foot dans un coin en témoignent. Habitant d’un village voisin, il vient tous les jours boire l’apéro. «Parce que c’est sympa et parce que, nous les vieux, il faut bien qu’on fasse tourner ce genre d’établissement: les jeunes n’y vont plus. Et puis aussi parce que la serveuse est jolie…»

Derrière son comptoir, Daniela prend le compliment avec le sourire. Après avoir pas mal voyagé, cette Brésilienne est arrivée à Bottens par hasard, il y a une année, après avoir répondu à une petite annonce. «J’ai tout de suite aimé l’ambiance villageoise: les gens y sont encore sympas et détendus.»

À la table voisine, Édouard Mivelaz, 90 ans, se déplace une fois par semaine depuis Lausanne pour boire le café avec son ami Roland Rime. «J’habite Echallens, mais j’aime bien venir ici, explique ce dernier. Comme j’ai été membre du FC Bottens, j’y retrouve des copains. D’ailleurs autrefois, on avait les vestiaires à l’étage.» Ils n’y sont plus aujourd’hui, mais les joueurs passent toujours «Chez Ecoffey» après l’entraînement.

Un groupe de dames ouvre la porte. «La gym tonic du jeudi matin», annonce la patronne. Alors qu’il est à peine 10 h, certaines s’autorisent une petite bière limonade. «Oui, mais on a transpiré avant, se justifie l’une d’elles en rigolant. On vient toujours après notre cours. Depuis qu’on a commencé, en 1984. C’est notre motivation pour tenir quand Gladys nous fait transpirer.»

Gladys Bober – son nom complet – est à la fois une habitante du village et une habituée des lieux. «Je viens deux fois par semaine après les cours, mais aussi régulièrement pour manger; car on cuisine vraiment très bien ici.»

Le compliment reviendra plusieurs fois dans les discussions. Il n’est pas surprenant, puisque le chef et mari de la patronne est un ancien du réputé restaurant lausannois La Grappe d’Or. Derrière ses fourneaux, le chef met un point d’honneur à travailler avec des produits frais. Très frais même pour ce qui est des légumes, herbes aromatiques et certains fruits: ils poussent dans un immense jardin potager s’étendant jusque sous les fenêtres de la cuisine.

De l’autre côté du restaurant, un autre végétal contribue au charme de l’endroit: un vieux marronnier offrant son ombre bienfaisante sur la terrasse en été. C’est sous ses branches qu’un autre habitué des lieux, l’écrivain, poète et homme de radio Émile Gardaz (1931-2007) a écrit un jour que L’Écusson Vaudois était «le café qui réussit à préserver une ambiance de vaste chambre de famille». ()

Créé: 15.12.2018, 11h00

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Les gens



Ancien poissonnier, Christian Gilliéron apprécie le service rapide et la présence de monde.





Ancien joueur du FC Bottens et ancien arbitre, Roland Rime aime retrouver les copains au café.





Aline Hutter, représentante de la 4e génération de la famille Ecoffey aux commandes de l’établissement, sert la joyeuse équipe de la gym tonic du jeudi matin.

Café-restaurant L’Écusson Vaudois
Route de Thierrens 2,
1041 Bottens
tél. 021/881.13.46.

www.ecussonvaudois.ch

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