Elle abandonne Clooney pour la nutrition infantile

PortraitMarie-Hélène Pradon Après avoir dirigé la communication de Nespresso, cette mère de trois enfants s’occupe de promouvoir les produits pour bébés du groupe veveysan.

Marie-Hélène Pradon, business manager pour la nutrition infantile chez Nestlé.

Marie-Hélène Pradon, business manager pour la nutrition infantile chez Nestlé. Image: Vanessa Cardoso

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Elle le dit avant même qu’on ne lui pose la question: non, elle ne regrette pas «la période Clooney». En tant qu’ancienne responsable de la communication de Nespresso, elle a pu côtoyer la star à plusieurs reprises. Elle le dépeint comme quelqu’un d’exigeant et avec beaucoup d’humour. Le fameux «What else?» des pubs avec le bel Américain a été trouvé grâce à un coup de génie d’une personne de son équipe, un soir au restaurant. Mais Marie-Hélène Pradon n’a eu aucune peine à tourner la page des cafés après sept années passées à les promouvoir.

Depuis 2011, elle met ses nombreuses compétences professionnelles au service des bébés. D’abord pour lancer les produits BabyNes. Ces capsules de lait infantile que l’on insère dans une machine pour obtenir un biberon tiède comme il se doit en une minute chrono. «J’ai malheureusement dû renoncer à allaiter mes filles après quelques semaines, explique cette mère de trois jeunes adultes. Je me souviens de la valse des seize biberons en 24 heures que je devais préparer. Mes jumelles avaient pas mal de problèmes de régurgitation et leur alimentation était une préoccupation constante pour moi. Je me sens très proche des parents, car la vie avec des petits n’est pas un long fleuve tranquille.»

C’est toutefois sans calcul que cette pétillante quinquagénaire est devenue, après cinq ans au service du lait en capsule, «business manager» pour la nutrition infantile de Nestlé en Suisse. Elle qui a commencé sa carrière dans le groupe veveysan chez Purina (alimentation pour animaux) explique: «Le poste que j’occupe aujourd’hui est de loin celui que je préfère. Pourtant, la nutrition infantile est un domaine très exigeant, très sensible et nous avons des responsabilités énormes vis-à-vis des bébés et de leurs parents.» Lorsqu’on émet des critiques sur BabyNes et son prix élevé, Marie-Hélène Pradon ne se démonte pas: «Avec ce système, on achète la rapidité, la praticité et aussi une certaine tranquillité d’esprit. On ne peut pas se tromper, le biberon sera toujours à la bonne température et bien mélangé. Mais BabyNes est clairement pour un marché de niche.»

Pour éviter de passer de longues heures sur la route, cette frontalière loue un pied-à-terre à Clarens et rejoint son mari pour les week-ends dans la maison familiale. Marie-Hélène Pradon aime jardiner, bricoler, débroussailler, décorer. Dans le futur, elle pourrait envisager de se mettre à son compte pour se lancer dans la rénovation de maison ou la décoration d’intérieur. Elle envisage prochainement de retapisser son escalier. Raccrocher son tablier? En aucun cas. «J’ai toujours vu ma mère travailler beaucoup, pour moi c’était une évidence de ne pas arrêter à la naissance de mes enfants. Je dois admettre que j’ai ressenti une certaine culpabilité à un moment, mais les week-ends ont toujours été entièrement dédiés à la vie de famille.»

Ce n’est qu’aujourd’hui, alors que les enfants sont hors du nid, que Marie-Hélène Pradon se permet des loisirs et du temps pour elle: skating, course à pied, randonnée, badminton, cuisine du monde. Un tajine au citron confit ou aux amandes et pruneaux risque bien de finir sur la table la prochaine fois qu’elle invitera des amis. «J’ai attrapé le virus des voyages en Australie lorsque j’ai suivi celui qui allait devenir mon mari. Nous avons passé deux ans sur place dont six mois pour voyager.»

Grenoble, Londres puis Paudex

La jeune femme n’en était pas à son premier déplacement. De sa petite ville natale de Voiron, près de Grenoble, elle a poursuivi ses études en école de commerce à Nice, pour décrocher son premier emploi en région lyonnaise et finir (après l’escapade chez les kangourous) à Paris. Puis départ à Londres avec ses trois enfants en bas âge pour suivre son époux. Bouger ne lui fait pas peur. Elle pourrait envisager un autre déménagement tout en restant chez Nestlé. Son mari suivrait. Le couple a toujours fonctionné ainsi: celui qui a la meilleure opportunité professionnelle entraîne l’autre dans son sillage.

Basée en Suisse depuis 2003, Marie-Hélène Pradon prend le large le plus souvent possible. Jordanie, Rajasthan, Sri Lanka, Namibie. Elle songe à se rendre au Costa Rica ou pourquoi pas à Oman. Ses enfants ont hérité de son goût pour les déplacements. Son fils étudie actuellement à Toronto, l’une de ses filles est architecte à Paris et l’autre vient de terminer ses études en droit de l’homme et cherche un emploi. Leur maman a fait de la politesse et du respect des autres une priorité dans leur éducation.

Lorsque l’on demande à Pascale Mary, sa meilleure amie, ce qui caractérise Marie-Hélène Pradon, elle répond sans hésiter: «C’est un tourbillon de bonne humeur. Elle a un rire communicatif et beaucoup d’énergie.» Les deux copines, qui se connaissent depuis l’année d’études préparatoires à l’école de commerce, habitent loin l’une de l’autre mais se réservent des week-ends sportifs régulièrement. «Marie-Hélène est quelqu’un de très engagé envers les gens qu’elle aime et les causes qui lui tiennent à cœur. Elle ne supporte pas que l’on égratigne ceux qui lui sont chers. On la taquine aussi sur son travail, car elle défend avec la même passion l’alimentation infantile.» Elle décrit la marraine de son fils comme une personne «très chaleureuse». «Les jeunes l’adorent car elle emploie le ton qu’il convient. Et comme maman, je la sens très fière des causes que ses enfants soutiennent. Elle veut évidemment le meilleur pour eux, mais sans leur mettre de pression.» (24 heures)

Créé: 17.04.2018, 08h40

Bio Express

1966 Naissance à Voiron (à 25 km de Grenoble), le 21 novembre.
1990 Départ pour deux ans en Australie où elle travaillera au consulat de France.
1992 Mariage avec Emmanuel.
1994 Naissance d’Amandine et Margaux. Elle a participé volontairement à un protocole d’étude sur les jumeaux qui a rendu sa grossesse assez anxiogène du fait d’un suivi plus rigoureux.
1998 Naissance de Bastien.
2000 Début chez Nestlé pour Purina, à Londres.
2003 Arrivée à Paudex, chez Nespresso, où elle restera sept ans et vivra des années «magnifiques et des moments incroyables».
2011 Lancement de BabyNes en Suisse.
2016 Devient «business manager» pour la nutrition infantile de Nestlé en Suisse.

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