L'abattoir de Moudon à son tour pointé du doigt

Cause animaleUne vidéo de l’association Pour l’égalité animale dénonce une situation déjà connue du vétérinaire cantonal.

Une image tirée du montage vidéo diffusé mercredi matin par l'Association Pour l'Egalité Animale à partir d'images tournées entre mars et octobre 2017 à l'abattoir de Moudon

Une image tirée du montage vidéo diffusé mercredi matin par l'Association Pour l'Egalité Animale à partir d'images tournées entre mars et octobre 2017 à l'abattoir de Moudon Image: DR

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Trois mois après avoir diffusé des images tournées clandestinement à l’abattoir d’Avenches, les antispécistes de l’association PEA (Pour l’égalité animale) reviennent à la charge avec des vidéos tournées à celui de Moudon. Et si en décembre le but était de «faire prendre conscience aux gens de la réalité d’un abattoir», cette fois les militants dénoncent des dysfonctionnements.

En prenant connaissance des images, le vétérinaire cantonal Giovanni Peduto confirme les faits: «Ces images, tournées entre mars et octobre 2017, montrent effectivement des manquements dans certains processus, notamment d’immobilisation des animaux ou d’étourdissement. Mais mon service n’a pas attendu leur diffusion pour prendre les mesures qui s’imposaient.» Le vétérinaire cantonal se demande aussi pourquoi elles sont dévoilées plusieurs mois après les événements. «Ce n’est pas favorable à la protection des animaux», fait-il remarquer.

De manière générale, le vétérinaire cantonal, rappelle que les abattoirs sont contrôlés de manière régulière, mais aussi chaque fois qu’il y a dénonciation ou suspicion de dysfonctionnements. Et que suite aux différentes affaires récentes, son service a bénéficié d’un poste supplémentaire à plein temps.

Patron de l’abattoir moudonnois incriminé, Kamil Yigit confirme le suivi cantonal. «On est vraiment surveillé de près par les vétérinaires et les contrôleurs. Parfois, ça devient même délirant: récemment un contrôleur nous a fait une remarque à propos d’une bête à qui on avait déjà coupé la tête! Donc, de manière générale, je n’ai aucun souci. Mais il peut toujours y avoir un problème ponctuel avec une bête.» Et de recommander de ne pas perdre de vue que, jusqu’à nouvel avis, la grande majorité de la population mange de la viande, mais aussi que de nombreuses familles vivent de cette filière.

Cette réalité n’émeut pas la présidente de l’association PEA, Pia Shazar: «Ce que nous dénonçons, c’est l’hypocrisie du discours. Les gens doivent comprendre qu’il n’existe aucune manière de tuer éthiquement des animaux». Dans le communiqué accompagnant la mise en ligne des nouvelles images mercredi matin, l’association pointe ainsi spécifiquement la société HappyMeat de Renens, «une entreprise ayant su faire parler d’elle (…) avec sa communication surfant sur la mode «viande heureuse» et le respect des animaux».

Fondateur de cette dernière, Kim Chiquet assure toutefois que lui et ses collaborateurs se rendent régulièrement dans les abattoirs avec qui ils travaillent. «Mais il est impossible d’être présent lors de l’abattage de chaque bête. À partir d’un certain point, nous sommes bien obligés de faire confiance.» Surtout quand son entreprise travaille très rarement avec un abattoir, comme c’est le cas avec celui pointé du doigt cette fois-ci. «Mais si on nous signale un problème, alors nous stoppons immédiatement notre collaboration».

HappyMeat a d’ailleurs réagi très rapidement aux révélations en communiquant sur sa page Facebook et son site Internet que suite à des problèmes avec l’un de leurs sous-traitants, ils retiraient temporairement de la vente, les produits en provenance de cet abattoir: «agneaux frais (bête entière et demi-bête), Suisse». (24 heures)

Créé: 14.03.2018, 07h22

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