Affaire Tridel: deux audits vont être menés

LausanneLe syndic de Lausanne veut faire toute la lumière sur des indemnités versées à des administrateurs de l'usine d'incinération de la ville.

Le Conseil communal de Lausanne a consacré mardi soir un long débat à ce qu'il est convenu d'appeler désormais l'affaire Tridel.

Le Conseil communal de Lausanne a consacré mardi soir un long débat à ce qu'il est convenu d'appeler désormais l'affaire Tridel.

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Deux audits vont être menés sur l'affaire Tridel, a annoncé le syndic de la ville de Lausanne Grégoire Junod. La double démarche vise à faire toute la lumière sur ce qui s'est passé à propos de deux rémunérations exceptionnelles octroyées, dont l'une de 80'000 francs à Olivier Français.

Le Conseil communal de Lausanne a consacré mardi soir un long débat à ce qu'il est convenu d'appeler désormais l'affaire Tridel, soit l'usine d'incinération de la ville. Deux rémunérations exceptionnelles ont été octroyées en 2016: 80'000 francs au municipal d'alors Olivier Français et 50'000 francs à Stefan Nellen, président et administrateur de Tridel.

Deux audits

Devant le législatif, le syndic a annoncé que le conseil d'administration de Tridel s'était réuni vendredi. Il a accepté qu'un audit soit confié au Contrôle des finances de Lausanne (CFL). Un deuxième audit sera assuré par une autre société. Les deux examens menés en parallèle devront éclaircir ce qui s'est passé et comment cet argent n'est pas revenu dans la caisse communale.

Le syndic Grégoire Junod a jugé que l'affaire n'avait «pas de caractère pénal». Elle pose en revanche d'importants problèmes de «confiance et de loyauté» de la part d'un municipal qui représente la ville au sein d'une société en main publique ainsi que d'un président et administrateur d'une société dont Lausanne est l'actionnaire principal.

Relations de confiance

Pour Grégoire Junod, l'enjeu principal de cette affaire réside dans ces relations qui doivent reposer sur la confiance. «Ce n'est pas une affaire politique», mais, a minima, ces deux personnes auraient dû informer le collège de ce qui se passait afin d'éviter que la municipalité ne le découvre par la suite.

Car de l'aveu même du syndic, «on se trouve dans une zone grise». Les 80'000 francs ne sont pas allés dans la poche d'Olivier Français, mais à des associations dans lesquelles il joue un rôle important: 30'000 francs au festival du film alpin, 20'000 à la défense des intérêts d'Isenau et 30'000 à la fondation VD 3209 qu'il a co-créée.

Procédure pas respectée

Sur les 50'000 francs donnés à Stefan Nellen, ce dernier en a fait verser 20'000 à une fondation culturelle lausannoise. Grégoire Junod a rappelé que le municipal et ingénieur Olivier Français avait touché 38'000 francs par le passé pour un mandat exécuté en faveur du CEVA genevois.

L'argent avait été versé à la ville de Lausanne qui avait alors décidé de l'octroyer au festival du film alpin des Diablerets. Dans ce cas-là, la procédure normale avait été respectée en toute transparence, a souligné Grégoire Junod, déplorant qu'il n'en ait pas été de même dans le cas de Tridel.

Attaques contre Olivier Français

Si le syndic s'est montré mesuré et factuel, l'extrême gauche a fait part de toute son «indignation» devant ces sommes soustraites à la caisse communale. Pierre Conscience (Ensemble à gauche) a dénoncé «les pratiques» d'Olivier Français et parlé de «conflits d'intérêts». Il a annoncé d'autres interventions pour «aller plus loin» contre l'ancien élu PLR de la ville, aujourd'hui conseiller aux Etats.

Le PLR Philippe Miauton a fustigé au contraire «un travestissement de la réalité» avec la volonté de monter «une affaire politique» contre «une cible rêvée». «Olivier Français est tout sauf vénal», a lancé le conseiller communal en parlant tout au plus «d'une maladresse» de sa part. Selon lui, «il n'y a eu aucune volonté réelle de cacher ou de s'enrichir».

Pas de manquement

«Il n'y a eu aucun manquement de la part de la municipalité de Lausanne», a encore affirmé le syndic Grégoire Junod, en ajoutant que la responsable des finances, Florence Germond, n'avait pas eu connaissance des informations plus tôt. Celle-ci a relevé qu'elle n'avait imaginé «à aucun moment» que des administrateurs pourraient s'octroyer des indemnités de départ. Le Conseil communal a finalement adopté une résolution demandant que l'audit soit rendu public dans la mesure du possible. (ats/nxp)

Créé: 14.11.2017, 22h43

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