Quand agriculteurs et WWF font sillon commun

Par son projet Connexions naturelles, l’ONG permet de concrétiser des idées en faveur de la biodiversité.

Exemple concret chez Urs Gfeller, à Sédeilles, en présence de la responsable du projet au WWF Noélie Nodiroli.

Exemple concret chez Urs Gfeller, à Sédeilles, en présence de la responsable du projet au WWF Noélie Nodiroli. Image: FLORIAN CELLA

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«Beaucoup d’agriculteurs ont envie de prendre des mesures en faveur de la biodiversité, constate Noélie Nodiroli. Mais vu l’importante charge de travail qu’ils ont déjà en temps normal, ces derniers peinent souvent à se concrétiser. Le projet Connexions naturelles du WWF Suisse a donc pour but d’apporter un coup de pouce financier et humain permettant aux envies de se réaliser.»

La proposition a visiblement été entendue dans les campagnes. En deux ans, Connexions naturelles a permis à une quarantaine de projets d’aboutir en Suisse romande, dont un quart dans le canton de Vaud. De toutes petites choses, comme la pause de quelques nichoirs à oiseaux, jusqu’à la creuse d’étangs ou la «forêt comestible» d’Urs Gfeller à Sédeilles (voir ci-contre). Avec en conséquence, des coûts de réalisation à la charge du WWF très variables: de 200 à près de 30'000 fr. par projet. «Ce nombre de projets est nettement supérieur à ce que nous avions imaginé au départ, mais pour l’instant, nous arrivons administrativement et financièrement à suivre le rythme des demandes», apprécie Noélie Nodiroli.

«Il n’y a pas qu’à l’autre bout du monde que l’environnement est malmené»

Jusqu’ici, tous les projets soumis par les agriculteurs - généralement des domaines bio, mais toutes les demandes sont étudiées - ont été acceptés. Tous avaient en effet un point commun: ils permettaient de (re-) créer des infrastructures écologiques en milieu agricole; des «connexions naturelles» utilisées par les espèces animales et végétales pour s’abriter ou se déplacer. Un gain pour la nature et la biodiversité, mais aussi pour les agriculteurs, puisque ce type de réalisation leur permet de toucher des contributions supplémentaires liées à la politique agricole 2014-2017.

Cette action très locale permet aussi au WWF Suisse de se différencier du WWF International. «Parce qu’il n’y a pas qu’à l’autre bout du monde que l’environnement est malmené», rappelle Noélie Nodiroli. Enfin, elle possède un aspect social en permettant des rencontres et des échanges entre les bénévoles et les agriculteurs lors des journées de travail. «On sent chez les bénévoles un grand intérêt, et parfois un peu d’inquiétude, pour ces gens des métiers de la terre qui ont un rôle crucial à jouer dans notre environnement», rapporte la responsable. (24 heures)

Créé: 10.08.2017, 11h38

Une forêt qui se mange

Maraîcher à Sédeilles, dans la Broye vaudoise, Urs Gfeller a eu l’idée de planter une «forêt comestible» sur une surface de 6000 m2, soit un petit peu moins qu’un terrain de football. «Le principe est de planter un grand mélange d’espèces, sur un principe très extensif, en direction de la permaculture, explique le maraîcher. J’avais envie depuis longtemps de développer ma production de baies et de fruits quand j’ai découvert cette culture, qui existe déjà à l’étranger». Retenu par le projet Connexions naturelles du WWF Suisse, son projet a bénéficié de l’achat de toutes les plantes par l’ONG, ainsi que de la mise à disposition de bénévoles pour les phases de plantation.

«Nous avons commencé avec 35 arbres fruitiers haute tige, l’automne passé. dans quelques semaines, nous planterons entre deux et trois cents plantes et nous compléterons encore par la suite avec des plantes couvre-sols». Des ajustements et des retouches seront inévitables, en fonction du développement de chaque espèce. Mais le maraîcher se donne dix ans pour «mettre au point» sa forêt comestible et récolter près de cent variétés de fruits et plantes aromatiques différents: des pommes aux noisettes et des fraises des bois au romarin en passant par des espèces moins connues comme l’amélanchier ou l’argousier.

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