PS: entre ambitions et calculs électoraux

Candidates socialistesFabienne Freymond Cantone se lance dans la course au Conseil d’Etat. Florence Germond renonce.

Fabienne Freymond Cantone, députée et municipale de Nyon, se lance dans la course au Conseil d'Etat.

Fabienne Freymond Cantone, députée et municipale de Nyon, se lance dans la course au Conseil d'Etat. Image: Vanessa Cardoso

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La liste des prétendantes socialistes au Conseil d’Etat s’affine. La syndique d’Avenches, Roxanne Meyer Keller, a pris les devants en se déclarant candidate à l’investiture pour le Château cantonal, lors du congrès extraordinaire la semaine passée. Une assemblée qui devait surtout servir à distribuer quelques dérogations et calmer le jeu après le psychodrame relatif à la fin de carrière d’Anne-Catherine Lyon au gouvernement vaudois.

Aujourd’hui, c’est au tour de la municipale et députée de Nyon Fabienne Freymond Cantone de sortir du bois (ndlr: lire ci-dessous). En parallèle, la cheffe des Finances de la Ville de Lausanne, Florence Germond (lire ci-contre), renonce à concourir. Les autres pointures du parti attendent de voir venir. On peut citer les noms de la sénatrice Géraldine Savary et des conseillères nationales Cesla Amarelle, Rebecca Ruiz ou encore Ada Marra.

Pour espérer décrocher une place sur le ticket socialiste aux côtés des conseillers d’Etat Nuria Gorrite et Pierre-Yves Maillard, ces dames devront franchir un chemin semé d’embûches. Il reviendra aux délégués réunis en congrès le 14 janvier prochain de désigner la personne qu’ils souhaitent voir siéger au gouvernement vaudois. D’ici là, réseautage, intrigues et coups tordus devraient animer la grande famille socialiste. Il faut dire que si la droite ne s’organise pas mieux en vue des élections cantonales, la candidate choisie par le congrès PS aura de grandes chances d’accéder au Conseil d’Etat. De quoi aiguiser les appétits.

Arithmétique électorale

En dehors des préférences personnelles, inimités et autres considérations, les délégués se poseront une question fondamentale: laquelle des candidates est la plus à même de permettre à la gauche de conserver sa majorité au gouvernement en 2017? L’élection au Conseil d’Etat se joue à la majoritaire. Il faut ratisser large pour être élu. Les délégués devront porter leur choix sur une personne capable de mobiliser électoralement. «Je rappelle que nous avons fait, aux dernières élections fédérales, toute la gauche réunie, à peine 40%. Et qu’un scrutin majoritaire se joue plutôt autour de 45-50% pour être élu au deuxième tour», chiffrait Pierre-Yves Maillard sur les ondes de la RTS la semaine dernière.

Cela étant posé par le boss socialiste, Géraldine Savary est la candidate idéale. Sur le papier. Depuis 2007, elle est très bien élue au Conseil des Etats. Une élection à la majoritaire. Mais la sénatrice est handicapée par sa situation maritale. Elle est l’épouse du nouveau syndic de Lausanne, Grégoire Junod. Sa candidature ne semble possible que dans des circonstances particulières. Si les socialistes se retrouvent dans une position très délicate. Elle pourrait alors se présenter en joker et faire un peu oublier son mari.

Les conseillères nationales, elles, se targuent d’avoir été élues sur une circonscription à l’échelle cantonale. Ce qui donne des indications sur leurs forces électorales.

Les municipales Roxanne Meyer Keller et Fabienne Freymond Canton, quant à elles, peuvent jouer la carte régionale. «Le vote régionaliste, c’est bien. Mais il faut d’abord faire le plein de voix dans le bassin où nous en avons le plus, c’est-à-dire Lausanne», relève un ancien cadre du PS, habitué aux petits calculs électoraux socialistes.

Les chaises musicales

La candidate choisie libérera un mandat. Les délégués devront également prendre en compte cet effet domino. Si Géraldine Savary se présente, elle provoquera une complémentaire aux Conseil des Etats. Tout comme les municipales Roxanne Meyer Keller et Fabienne Freymond Cantone dans leur commune. Des élections périlleuses pour les socialistes. La situation est moins complexe pour les conseillères nationales. Si l’une d’elles accède au gouvernement, le vient-ensuite Samuel Bendahan reprendra le siège à Berne.


«Il y a de belles choses à faire au gouvernement»

La municipale et députée de Nyon Fabienne Freymond Cantone se porte candidate à l’investiture socialiste pour l’élection au Conseil d’Etat. Interview.

Pourquoi vous lancez-vous?

Je suis à un stade de ma carrière où, après pratiquement quatorze ans de députation, dix ans de Municipalité, j’ai envie de faire de la politique à un autre niveau. Comme j’estime qu’il y a de belles choses à faire au gouvernement, que j’ai l’énergie pour, eh bien j’utilise la formule consacrée: «Je me mets à disposition de mon parti.»

Mais qu’est-ce que vous voulez faire au Conseil d’Etat?

La question est large. Premièrement, je fais de la politique depuis vingt ans. J’aimerais continuer à en faire comme j’en fais. C’est-à-dire être proche des gens. J’aime cette proximité et la taille de notre canton la permet. Deuxiè­mement, pour moi, le Conseil d’Etat actuel marche très bien, avec de bons résultats. Ils ont un fonctionnement collégial. Ils ont le respect des différents membres qui le composent. Je me vois bien continuer dans cette ligne.

Vous avez un déficit de notoriété par rapport à d’autres papables, comment allez-vous faire pour avoir l’aval des socialistes vaudois?

J’aimerais expliquer ma façon de travailler, qui n’est pas de faire des coups politiques, mais un travail de fond, sur la durée. Ces prochains mois, je vais prendre contact avec les différentes sections, régions, rencontrer les militants. J’ai aussi été très impliquée dans l’élaboration du paquet logement. On me verra dans la campagne contre le référendum en février. Enfin, on m’a dit qu’il fallait que je sois plus active sur les réseaux sociaux. (Rires)

Quel est le profil de votre candidature?

J’ai des valeurs fortes: justice, égalité de traitement, Etat fort, solidarité. J’ai l’expérience d’un Exécutif et un réseau cantonal. Je suis une personnalité passionnée, enthousiaste et à l’écoute. J’ai passé des moments un peu compliqués dans ma vie (ndlr: elle a souffert d’un cancer en 2011). On a aussi pu voir que j’ai su faire avec. J’ai su dépasser ces difficultés et les transformer en quelque chose de positif, de fortifiant. On en ressort plus humain. Et puis, je suis la mère de trois grands enfants. Ce qui me laisse pas mal de disponibilité.

Certains leaders du parti estiment qu’une candidate non universitaire provenant d’une région périphérique apporterait un peu de diversité…

Je ne suis surtout pas une socialiste périphérique. Je suis socialiste, point. J’ai le soutien de ma région, mais je ne me présente pas comme la can­didate de La Côte. En revanche, ce que je trouve intéressant pour mon parti, c’est que la région de Nyon est un conden­sé du canton. On a le lac, la campagne et la montagne. On a une ville-centre avec toutes les problématiques qui vont avec. Oui, je suis universitaire. Je suis la première de ma famille à l’être et j’en suis fière. Mais la qualité de la proximité aux gens ne se juge pas à l’aune des études que l’on a faites.

Bio express

Naissance en 1963 à Nyon. Elle a trois grands enfants, deux filles et un garçon. Formation: HEC Genève. Elle a travaillé pour une grande fiduciaire internationale et pour une banque. Elle a été élue au Conseil communal de Nyon en 1997. Elle accède au Grand Conseil en 2002. Depuis 2006, elle est municipale à Nyon. Elle a eu sous sa responsabilité les Finances, les Services industriels, l’Urbanisme et les Ressources humaines. Désormais, elle s’occupe de la Culture et des Espaces verts.

Créé: 06.10.2016, 07h06

«Je ne peux pas abandonner ma ville de Lausanne»


Elle n’ira pas. Florence Germond ne sera pas candidate au Conseil d’Etat. En tout cas pas en 2017. «Cela fait plusieurs mois que mon parti m’a posé la question. Après une longue réflexion, j’arrive à la conclusion que je ne peux pas abandonner ma ville», explique la municipale. Avant de préciser: «La politique au niveau du Canton m’intéresse. J’ai tout de même passé dix ans dans l’Administration cantonale. Mais pour l’instant j’ai envie de mettre toutes mes forces dans mon mandat lausannois.»

Florence Germond était pressentie comme une redoutable candidate dans la course pour le Château cantonal. Elle a terminé devant tout le monde lors des élections communales au printemps dernier. Après un premier mandat, sa gestion des finances de la Ville est saluée jusque dans les rangs de la droite. Sa candidature au gouvernement vaudois aurait aussi eu l’avantage pour les socialistes de tirer la liste de la puissante section lausannoise au Grand Conseil. «Mon parti a de belles candidatures annoncées, ou qui vont s’annoncer», estime la municipale.

Depuis cet été, Florence Germond est à la tête d’un dicastère maous regroupant, notamment, les finances et la mobilité. «Je pense avoir encore de nombreux défis à relever à Lausanne. Je veux accompagner le syndic et le collège municipal pour répondre au mieux aux besoins des Lausannois», justifie l’élue.

En restant dans sa ville, la municipale aura aussi les coudées franches pour mener la campagne référendaire contre la troisième réforme fédérale de l’imposition des entreprises (RIE III). Une réforme qu’elle juge mauvaise pour les caisses communales, mais que le Conseil d’Etat actuel soutient.

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