Améliorer la cicatrisation des pontages vasculaires

MédecineUne découverte valdo-genevoise pourrait améliorer le résultat de ces opérations.

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Les pontages – au niveau du cœur comme des membres – sont l’un des actes de chirurgie vasculaire les plus pratiqués au monde, avec un million d’interventions par an. Pourtant, le taux de réobstruction est de 50%, indiquent l’Université de Genève (UNIGE) et le Centre hospitalier universitaire vaudois (CHUV). Les deux institutions ont découvert une méthode pour améliorer le résultat de ces opérations. Une recherche publiée dans The Journal of Controlled Release.

Le pontage vasculaire consiste à contourner une artère bouchée en réalisant une déviation de la circulation sanguine à l’aide d’une veine du patient. «Le problème est qu’il se produit souvent une réaction «inflammatoire» proche des deux sutures. Cette inflammation provoque une surproduction cellulaire, ou hyperplasie, qui peut finalement obstruer le vaisseau», explique la Dre Florence Delie, maître d’enseignement et de recherche à la Section des sciences pharmaceutiques de l’UNIGE. Dans ce cas, une autre opération peut être nécessaire précocement.

Afin de limiter cette inflammation, les médecins administrent parfois par voie orale un médicament, l’atorvastatine. «Cette méthode pose un double problème, reprend la Dre Delie. D’une part, le comprimé diffuse son principe actif dans tout l’organisme: seul un petit pourcentage arrive au pontage. D’autre part, le médicament peut causer des effets secondaires dans le reste du corps et endommager le foie et les muscles du patient.» La docteure en pharmacie s’est intéressée à ce problème lorsque le Dr François Saucy, chirurgien vasculaire au CHUV, lui a demandé de trouver un moyen d’administrer le médicament lors de l’opération.

L’important, en effet, est de bloquer l’hyperplasie dans les quatre semaines suivant l’opération, le temps que la cicatrisation se fasse. «Nous avons pensé poser un gel autour de la cicatrice qui libérerait le médicament. Mais avec le gel seul, la drogue serait écoulée en trois jours.» Pour qu’elle se diffuse lentement pendant quatre semaines, l’équipe genevoise, composée également d’Olivier Jordan et de Ioanna Mylonaki, a pensé ajouter au gel des microparticules de polymère contenant le médicament. «Le polymère est comme une grosse pelote de laine. L’eau présente dans notre corps passe au travers et rend le médicament soluble. Celui-ci va alors passer dans le gel, puis dans le vaisseau du patient.» La technique, étudiée chez le rat, doit encore faire ses preuves chez le cochon. Des essais cliniques pourraient être menés chez l’homme dans cinq ans. Une application serait envisageable dans les dix ans, si les chercheurs trouvent un partenaire industriel.

Au CHUV, où il se pratique près de 200 pontages périphériques et 300 pontages aortocoronariens, le Dr Saucy se réjouit: «Cette découverte pourrait réduire significativement les échecs de pontages liés à la prolifération des cellules. Cela réduirait le taux de réintervention et d’occlusion du pontage, évitant des conséquences désastreuses pour le patient.»

Créé: 10.06.2016, 20h48

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