Amis des bêtes accusés de déforestation

EpalingesUne cinquantaine d’arbres a été abattue sur une parcelle, dont a notamment hérité la SVPA et sur laquelle elle souhaite construire.

Selon la SVPA, nombre des arbres abattus étaient pourris en leur centre et en fin de vie, malgré les apparences.

Selon la SVPA, nombre des arbres abattus étaient pourris en leur centre et en fin de vie, malgré les apparences. Image: Kunst

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Un nouvel abattage d’arbres mobilise des citoyens vaudois, entichés de nature. Cette fois-ci, la grogne monte des bords d’un terrain de 18'000 mètres carrés à Épalinges, parcelle dont ont hérité plusieurs institutions, aux rangs desquelles la Société vaudoise pour la protection des animaux (SVPA) et la Ligue vaudoise pour la défense des animaux et contre la vivisection. En parallèle à un projet immobilier conséquent, il a ainsi été procédé au bûcheronnage d’une cinquantaine d’arbres. «Provenant d’associations de protection des animaux, c’est honteux», dénonce Félix Schmidt. Il est riverain de la parcelle, président de l’Association pour un développement raisonnable d’Épalinges (ADeREpalinges) et opposant au projet.

Un projet de treize villas

Le projet prévoit la construction de treize villas, dont sept de deux logements, et l’aménagement de quarante-huit places de parc extérieures. Il a engendré une soixantaine d’oppositions. Ses détracteurs dénoncent pêle-mêle le fait que la parcelle n’est pas desservie par les transports publics et que ses habitants utiliseront forcément la voiture pour se déplacer, que l’accès au terrain est dangereux à cause d’un manque de visibilité, que la qualité du projet laisse à désirer, tout comme les aménagements extérieurs. Mais surtout, ils s’insurgent contre l’abattage d’arbres «magnifiques et massifs, certains de gros diamètre» qui viserait à réduire la surface forestière et empêcher une mise à jour de la position réelle actuelle de la lisière.

Ce qui chagrine le plus les opposants, c’est que l’abattage s’est déroulé deux semaines avant la mise à l’enquête publique du projet, et sans préavis de la part des autorités communales. «Ce sont des pratiques dignes d’une république bananière», accusent les opposants. D’autant qu’Épalinges s’est dotée d’un règlement sur la protection des arbres plutôt restrictif. «On nous chicane si on veut couper un cerisier dans notre jardin désormais, et là, on laisse faire», s’étonne Félix Schmidt.

Du côté des propriétaires de la parcelle en question, qui avaient confié la gestion complète des surfaces boisées au service forestier cantonal il y a une année déjà, on assure avoir pris connaissance de l’ampleur de l’abattage après coup. «Nous avons aussitôt demandé des explications», affirme Alain Zwygart, l’administrateur de la SVPA. Il en ressort que non seulement les coupes étaient légales, mais qu’elles s’avéraient nécessaires pour régénérer la forêt.

Arbres en fin de vie

«Un nombre important d’arbres étaient pourris en leur centre et en fin de vie, malgré les apparences. Vu la nature du terrain très pentu, ils menaçaient, entre autres, de s’abattre sur la route ou sur les habitations situées plus bas», détaille la SVPA. Cette dernière assure que les oppositions seront traitées et les droits de chacun respectés. «Je déteste quand on coupe des arbres, et je suis heureux quand je peux en sauver ne serait-ce qu’un seul», commente d’entrée de jeu le syndic d’Épalinges, Maurice Mischler (Les Verts). Il précise néanmoins que les arbres coupés sur la parcelle en question, en zone forêt, l’ont été par le Canton et que les autorités communales en ont simplement été averties. «Pour ce qui est des arbres qui doivent être coupés en zone villa, toujours dans le cadre de ce projet immobilier, ils ne l’ont toujours pas été. Et cela conformément à notre règlement.» On parle là d’une coupe de 40 mètres carrés supplémentaires.

Créé: 16.05.2018, 16h21

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