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Sous pression, Anne-Catherine Lyon donne sa démission

A peine nommée présidente de la Fondation pour le Musée cantonal des beaux-arts, l’ancienne conseillère d’Etat renonce au poste. La polémique enflait.

Anne-Catherine Lyon ne présidera pas la fondation pour le Muse cantonal des Beaux-Arts.
Anne-Catherine Lyon ne présidera pas la fondation pour le Muse cantonal des Beaux-Arts.
Patrick Martin

A peine nommée, déjà dehors. Anne-Catherine Lyon a choisi de mettre fin à une polémique qui prenait de l’ampleur suite à sa nomination, le 7 juin, à la tête de la Fondation de droit public pour le Musée cantonal des beaux-arts (MCBA). Dans un communiqué laconique diffusé jeudi, le Conseil d’Etat vaudois indique que l’ancienne ministre «a demandé à être déchargée» de cette présidence.

Anne-Catherine Lyon a invoqué «l’importance de la charge que représentent les travaux préparatoires à la mise en place d’une telle institution ainsi que son démarrage, pendant au moins les douze prochains mois, au regard de la marge de manœuvre et de la disponibilité dont elle entend désormais disposer pour mener d’autres activités et projets».

Le Conseil d’Etat affirme comprendre «les motifs de cette demande», tout en la «regrettant vivement au vu des compétences et de l’expérience de Mme Lyon, sachant par ailleurs combien la poursuite et l’achèvement du projet lui tiennent à cœur.» Cela dit, le Conseil d’Etat «ne fera pas de communication supplémentaire.» Les protagonistes que nous avons tenté de joindre à ce sujet n’ont pas souhaité commenter.

La sortie d’Anne-Catherine Lyon éteint une polémique qui prenait de l’ampleur depuis le début de l’été. Le 15 juillet, 24 heures avait rapporté les critiques que provoquait cette nomination dans le monde politique et les milieux culturels. Des risques de conflit d’intérêts étaient évoqués, à cause de la proximité entre Anne-Catherine Lyon et Chantal Prod’hom. Cette dernière préside Plateforme10, le grand projet culturel en construction à côté de la gare CFF de Lausanne et qui accueillera le MCBA dans ses murs.

Des critiques déjà en 2015

La nomination de Chantal Prod’hom à ce poste avait déjà attisé des critiques, en 2015, alors qu’Anne-Catherine Lyon était à la tête de la Culture. L’Exécutif cantonal avait alors décidé de transférer le projet de Plateforme10 dans le département de Pascal Broulis. La nomination d’Anne-Catherine Lyon à la tête de la fondation, le 7 juin, quelques jours avant sa sortie du Conseil d’Etat, a remis cette proximité sous les projecteurs.

«Cette décision de jeter l’éponge est sage, même s’il aurait été souhaitable qu’elle arrive plus tôt», réagit le député Jérôme Christen (Vaud Libre), l’un des seuls élus à émettre des critiques à visage découvert. «Les choses se règlent heureusement avant la rentrée parlementaire de la semaine prochaine: le Conseil d’Etat risquait fort d’avoir à répondre à des interventions parlementaires.»

«Cette décision de jeter l’éponge est sage, même s’il aurait été souhaitable qu’elle arrive plus tôt»

Anne-Catherine Lyon a-t-elle été poussée à présenter sa démission? Des membres du PS critiquaient cette nomination en juillet: «Le mari de Cesla Amarelle a démissionné de son poste au CHUV pour éviter tout conflit d’intérêts avec sa femme, je me demande quelle image donne le PS dans cette affaire», disait l’un d’eux.

Le parti dément aujourd’hui toute pression officielle: «Je prends acte d’une décision qui permettra, je l’espère, un retour à la sérénité pour un projet de musée qui le mérite, dans l’intérêt général, dit son président, Stéphane Montangero. Par ailleurs je n’ai aucun doute qu’Anne-Catherine Lyon pourra faire profiter d’autres projets ou organisations de ses connaissances, de ses capacités et de sa force de travail.»

Un proche du dossier indique qu’Anne-Catherine Lyon a pris sa décision seule, compte tenu de la pression grandissante: «Elle s’est rendu compte que cela deviendrait intenable avec une polémique qui risquait de ne pas s’éteindre. Cette décision lui coûte, mais elle a fait passer le projet en premier.»

«Elle s’est rendu compte que cela deviendrait intenable avec une polémique qui risquait de ne pas s’éteindre»

Un membre du PS se dit «convaincu qu’elle a été poussée à arrêter. Pascal Broulis avait peut-être validé la nomination par gentillesse, sachant aussi qu’une éventuelle polémique nuirait au PS. Je ne serais pas étonné non plus d’apprendre que Cesla Amarelle a exercé de son influence au sein du parti.» En juillet, Pascal Broulis excluait tout risque de collusion, expliquant qu’il y a «une séparation entre la conduite du projet Plateforme10» et la gestion du MCBA. La question ne se pose plus désormais.

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