Procureure acquittée: un appel est annoncé

JusticeLe défenseur de la plaignante ne renonce pas après le jugement qui a libéré Camilla Masson des accusations de tentative de contrainte et de menace.

La plaignante, qui n’a pas souhaité être reconnue sur une photo, à l’entrée du Tribunal de Lausanne, avec son avocat, Me Youri Widmer.

La plaignante, qui n’a pas souhaité être reconnue sur une photo, à l’entrée du Tribunal de Lausanne, avec son avocat, Me Youri Widmer. Image: Patrick Martin

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L’affaire qui a vu la cheffe du Ministère public de l’Est vaudois se retrouver sur le banc des accusés est-elle définitivement terminée? Ce n’est pas sûr. Après l’acquittement de Camilla Masson prononcé par le Tribunal de police, jeudi, Me Youri Widmer réagit: «Une annonce d’appel me paraît indispensable. Elle me donnera accès aux motivations juridiques détaillées du jugement. Nous n’avons pas mené deux ans de procédure pour ne pas faire cette démarche», indique l’avocat de la plaignante.

Cette ancienne employée administrative du Ministère public de l’Est vaudois avait déposé une plainte pénale contre sa cheffe. Un courriel évoquant un risque de licenciement, envoyé sur la boîte privée de la plaignante alors qu’elle était en arrêt maladie, a mis le feu aux poudres. Condamnée dans un premier temps à 5 jours-amendes avec sursis par un procureur extraordinaire venu de Neuchâtel, Camilla Masson a fait opposition et a été libérée des accusations de tentative de contrainte et de menace par le juge Serge Segura.

En attendant l’examen juridique qu’il doit encore mener avant de déposer un appel définitif au Tribunal cantonal, Me Youri Widmer livre une analyse à chaud qui va nourrir ses réflexions. Sa première réaction concerne l’e-mail au centre de l’affaire: «Par ce jugement, la justice donne un blanc-seing à tout employeur qui adresserait un courriel au contenu problématique, évoquant par exemple un risque de licenciement, dans la boîte mail privée d’un employé, dans le but d’obtenir quelque chose», affirme l’avocat.

Un autre point a surpris le défenseur de la plaignante. L’État devra verser 500 fr. à la cheffe acquittée à titre d’indemnité pour tort moral. La raison? L’affaire a été médiatisée. Selon le juge, elle n’aurait pas pris de telles proportions si Camilla Masson n’avait pas été procureure. «En ce qui me concerne, j’ai toujours refusé de m’exprimer avant l’audience. Et ma cliente n’a pas cherché à s’en prendre à une procureure ou à tirer quelque chose de cette affaire comme cela a été dit. Son but est de faire respecter ses droits», déclare l’avocat de la plaignante.

Créé: 11.01.2019, 16h40

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