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La lutte continue pour les animalistes condamnées

Les deux jeunes femmes qui avaient enlevé 18 cabris à Rolle écopent de jours-amendes sans sursis.

Après le verdict, l’éleveur Serge Kursner a dialogué avec la militante Virginia Markus, venue soutenir les accusées.
Après le verdict, l’éleveur Serge Kursner a dialogué avec la militante Virginia Markus, venue soutenir les accusées.
Keystone

Sur le trottoir devant le Tribunal de La Côte, à Nyon, on a parlé philosophie, ce jeudi matin. On a débattu d’éthique, d’engagement, et du monde que nous laisserons à nos enfants. Au sortir du verdict, qui a vu deux antispécistes condamnées à 120 et 60 jours-amendes à 30 francs sans sursis pour avoir enlevé 18 cabris à l’abattoir de Rolle en mars, le propriétaire des bêtes a accepté de dialoguer avec des militantes.

Mais si la fin est audible pour cet éleveur, les moyens utilisés ne sont pas tolérables: «J’espère que les antispécistes auront compris le message, à savoir qu’il existe de nombreuses possibilités d’entreprendre des actions légales pour changer les choses dans le respect d’autrui», précisera Serge Kursner, à qui les militantes doivent verser la somme de 11'000 francs, en plus de leur peine ferme.

Seule Elisa Keller, déléguée de l’association 269Life Libération animale Suisse, était présente à la lecture du verdict, sa compagne de lutte étant domiciliée en France. La plupart des cabris vivent aujourd’hui au sein de «familles d’accueil» que «24 heures» avait visitées en juillet dernier. L’éleveur se déclare «soulagé» que la Cour ait relevé le fait qu’il traitait bien ses bêtes.

Tout en se définissant comme «non opaque» au discours sur la souffrance animale, le tribunal a adopté une position ferme face aux militantes et à leur avocat, Lucien Colliander, qui lui avait demandé de tenir compte des motivations et intentions réelles de ses clientes. Sans succès. «Rien ne saurait justifier qu’une personne commette une infraction, quelles que soient ses idées […] lorsqu’une minorité veut imposer son point de vue à une majorité, on est aux portes de la dictature», a asséné le président, Daniel Stoll, en soulignant toutefois que les militantes prônaient une action non violente.

Les prévenues ont été reconnues coupables de violation de domicile et d’appropriation illégitime de choses. Elisa Keller a également été sanctionnée pour contrainte suite à l’occupation d’un abattoir à Vich ainsi qu’à une manifestation contre un projet d’abattoir à Aubonne.

«Mes clientes ont assumé leurs actes depuis le début, explique Lucien Colliander après le verdict. Il ne s’agissait pas pour nous de réduire la peine au maximum, mais de faire passer un message. Toute lutte ne se mène pas à coups de référendums. De nombreux exemples historiques le démontrent.»

Après le verdict, Elisa Keller s’est déclarée «surprise et déçue par cette société qui ferme les yeux sur le massacre de 75 millions d’animaux chaque année. Il ne s’agissait bien sûr pas de pointer du doigt cet éleveur en particulier. La dignité de ces 18 cabris, qui sont des rescapés, est bafouée par ce jugement. Je continuerai à m’engager.» Fera-t-elle appel? «Rien n’est sûr à ce stade, mais c’est bien parti pour.»

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