Ces apprentis racontent leurs parcours pas comme les autres

FormationA l’occasion de la journée suisse de l’apprentissage, cinq femmes et hommes témoignent de leur expérience et prouvent que la formation professionnelle offre de plus en plus d’opportunités.

De haut en bas et de gauche à droite: <b>Afif Beigi</b>, migrant afghan de 21 ans, a décroché un CFC d’horticulteur à la Ville de Lausanne. <b>Demian Gozzelino-Tschumi</b>, apprenti photographe de 21 ans, a reçu une aide pour une formation à l’étranger. Après une année au gymnase, <b>Victor Silva</b>, 22 ans, a préféré la voie de l’apprentissage dans l’automobile. <b>Françoise Dutoit</b>, 54 ans, vise un CFC d’assistante en soins et santé communautaire (ASSC). A 18 ans, comme 800 autres jeunes, <b>Marouchka Riben</b> est en formation dans l’Administration cantonale.

De haut en bas et de gauche à droite: Afif Beigi, migrant afghan de 21 ans, a décroché un CFC d’horticulteur à la Ville de Lausanne. Demian Gozzelino-Tschumi, apprenti photographe de 21 ans, a reçu une aide pour une formation à l’étranger. Après une année au gymnase, Victor Silva, 22 ans, a préféré la voie de l’apprentissage dans l’automobile. Françoise Dutoit, 54 ans, vise un CFC d’assistante en soins et santé communautaire (ASSC). A 18 ans, comme 800 autres jeunes, Marouchka Riben est en formation dans l’Administration cantonale.

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Des plus de 22'300 jeunes actuellement en apprentissage dans le canton, l’immense majorité a suivi le traditionnel parcours école obligatoire-apprentissage. Mais, parmi eux, il en est également certains au parcours un peu différent. Ils témoignent de la diversité et des nouvelles passerelles que connaît le secteur, en pleine revalorisation depuis quelques années. «Des ponts ont été jetés, il y a plus de perméabilité dans le système, qui est aujourd’hui bien plus ouvert», se réjouit Anne-Catherine Lyon. En prévision de la Journée suisse pour l’apprentissage, qui a lieu ce mercredi, la ministre socialiste en charge de l’éducation a organisé une table ronde avec 24 heures et un panel d’apprentis.

Si deux d’entre eux, Victor Silva, 22 ans, apprenti mécatronicien d’automobile de 4e année à l’ETML, qui vient de remporter la finale suisse du concours Technoskills, et Marouchka Riben, apprentie employée de commerce de 1re année de 18 ans qui rêve de devenir hôtesse de l’air, relèvent de la «voie d’excellence» traditionnellement promue par l’Etat, les autres illustrent les efforts entrepris ces dernières années pour valoriser davantage de parcours. Tour de table. A 54 ans, avec déjà deux apprentissages (un de vendeuse, un autre d’employée de commerce) à son actif, Françoise Dutoit a une vie professionnelle bien remplie. Et ce n’est pas fini. Forte d’une solide expérience dans le monde des soins, où elle œuvre depuis plus de vingt ans, cette aide-infirmière dans un EMS à La Côte a décidé de faire fructifier ses connaissances, en faisant valider ses acquis. Représentant l’une des quatre voies de la certification professionnelle pour adultes, la validation des acquis de l’expérience (VAE) permet de faire reconnaître ses compétences en vue de décrocher un CFC. «Après une première VAE d’aide en soins et en accompagnement (ASA), je vise celui d’assistante en soins et santé communautaire (ASSC), sourit la candidate. L’investissement personnel, de l’ordre de 300 à 400 heures de travail, est conséquent. Surtout en plus d’un emploi à 100%.»

En terre vaudoise, afin de lutter contre la pénurie de main-d’œuvre qualifiée, l’Etat a décidé de doper la filière en renforçant l’accompagnement et l’offre de formation, avec l’ouverture, il y a un an, d’un guichet unique pour la certification des adultes. «Nos séances d’information ont un succès fou, Vaud rattrape son retard», se réjouit Anne-Catherine Lyon. Vaud n’a jamais été à l’avant-garde en la matière, mais il semble en effet que les choses bougent. Depuis l’ouverture du fameux portail (vd.ch/certification-adulte), le Canton a reçu quelque 880 dossiers. Françoise Dutoit vante le concept: «Malgré mon long parcours, je me suis retrouvée confrontée à des experts qui se sont penchés sur mon travail. Cette reconnaissance extérieure est valorisante. Et ouvre des portes.»

Stage en Angleterre

A sa gauche est assis Demian Gozzelino-Tschumi, dont l’exemple rappelle que le programme Erasmus + n’est pas uniquement destiné à la mobilité des étudiants universitaires. Apprenti photographe du Centre d’enseignement professionnel de Vevey (CEPV), le jeune homme de 21 ans a eu la chance d’allier expérience professionnelle et découverte d’une nouvelle langue. Sur l’offre actuelle de sept pays européens, le photographe en herbe a jeté son dévolu sur l’Angleterre. «J’ai trouvé un stage chez un photographe à Brighton», se souvient Demian Gozzelino-Tschumi, qui a aussi apprécié la parenthèse qu’a constitué son aventure britannique. «J’avais besoin de sortir un peu de la Suisse et progresser en anglais m’a énormément apporté. Cette expérience a été une superbe opportunité.»

Des sous pour aider les apprentis

Pour pallier les restrictions européennes liées à la votation du 9 février 2014 «Contre l’immigration de masse» dans le dossier Erasmus, Berne et le Canton ont mis la main à la poche. En janvier, le Conseil d’Etat décidait ainsi d’allouer une enveloppe de 1,1 million pour délivrer 130 aides. Celle qu’a reçue Demian Gozzelino-Tschumi se montait à environ 5000 francs pour trois mois et demi. Une quarantaine d’autres apprentis en ont déjà profité. «Pour les apprentis, la possibilité de partir se former à l’étranger débute et doit être mise en valeur», souligne Anne-Catherine Lyon, qui profite de ses dernières semaines au Conseil d’Etat pour étoffer l’offre. «J’étais récemment à Singapour et en Australie pour développer de nouveaux partenariats. Le Québec est aussi ciblé.»

Le dernier apprenti, Afif Beigi, représente probablement le profil le plus atypique. Au bénéfice d’un permis N, le jeune homme de 21 ans d’origine afghane, arrivé en Suisse il y a deux ans, illustre la délicate question de la formation des migrants.

Veste orange fluo sur le dos, il explique fièrement, dans un français impeccable, comment il est parvenu à décrocher un apprentissage d’horticulteur à la Ville de Lausanne. «Des compatriotes m’ont parlé de l’OPTI (ndlr: organisme de perfectionnement devenu depuis l’Ecole de transition). Là-bas, une assistante sociale m’a aidé dans mes démarches.» CV et lettre de motivation en poche, le jeune homme démarche alors – un peu au culot – différents employeurs. Avec succès. «Avec la langue, le travail est le meilleur moyen pour s’intégrer», se réjouit le jeune homme, qui rêve de devenir architecte paysagiste.

Pour des profils comme celui d’Afif Beigi, l’Etat a récemment doublé la capacité des classes d’accueil de l’école de transition, qui comptent désormais 430 places. Avec, à la clé, un cursus individualisé et des cours de français.

Créé: 10.05.2017, 08h03

En chiffres

22'326 jeunes sont inscrits en formation professionnelle initiale.
14 écoles professionnelles ou des métiers publiques existent dans le canton.
6200 entreprises formatrices avec un jeune en formation sont disséminées sur le territoire.

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