Armasuisse vient draguer sur le campus de l'EPFL

SécuritéL’école abrite l’un des trois «cybercampus» du pays. Objectif de la Confédération: recruter des talents.

Image: AFP / Fabrice Coffrini

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La Confédération tente de rattraper son retard en matière de sécurité numérique, sa stratégie pour répondre aux menaces informatiques se met en place. Début novembre, le nouvel examen professionnel de «Cyber Security Specialist» avec brevet fédéral a officiellement été lancé. Lors de la dernière rentrée académique, les deux écoles polytechniques ont vu arriver la première volée d’étudiants de leur master conjoint en cybersécurité, voulu par Berne. Les dernières pièces de ce vaste puzzle ont également été posées sur les campus des EPF, avec l’implantation du Cyberdefence Campus (CYD) d’Armasuisse, l’office fédéral de l’armement.

La structure – répartie sur trois sites: EPFL, EPFZ et Thoune – ambitionne de relever le défi particulièrement stratégique de tout ce qui touche à la défense numérique en créant des synergies entre la recherche, l’industrie et le Département fédéral de la défense. À terme, elle comptera une soixantaine de collaborateurs et devrait permettre de renforcer les compétences de l’armée.

Un exemple de son cahier des charges? L’attaque informatique dont avait été victime RUAG en 2015 n’avait été constatée que près de dix-huit mois plus tard, une éternité dans un secteur qui évolue quasi quotidiennement. Le cybercampus annonce qu’il travaillera d’arrache-pied pour détecter ce genre d’intrusions le plus vite possible et développera des stratégies pour y faire face.

Partie pas gagnée

La conseillère fédérale Viola Amherd, cheffe du DDPS, a récemment inauguré l’antenne zurichoise, sa cousine vaudoise a ouvert ses portes à la presse mercredi.

Dans les locaux du parc de l’Innovation qu’ils viennent d’investir, les cartons sont à peine déballés, on attend encore les cintres pour le porte-manteau. Mais l’important est ailleurs. La structure a déjà trouvé sa première recrue: Mathias Humbert, jeune chercheur en sciences des données «débauché» à l’EPFL.

Directeur du Campus de cyberdéfense, Vincent Lenders ne s’en cache pas: l’implantation du centre sur le campus de l’EPFL a été pensée pour dénicher et former des talents. Pour les convaincre «de ne pas partir chez Google», le centre mise notamment sur un programme de financement (fellowship program) des thèses et des doctorats, mais aussi sur des recherches au long cours, loin de la rentabilité immédiate à tout prix. À noter que les étudiants étrangers, de même que les sociétés internationales, peuvent participer.

Mais pas question de confier des secrets d’État ou des données sensibles à ceux qui fréquenteront le campus. «Aucune donnée classifiée ne sera traitée à l’EPFL. En terre vaudoise, nous travaillerons sur la recherche fondamentale, telle que la science des données, l’intelligence artificielle ou encore l’informatique quantique. Les dossiers plus sensibles, soumis à des règles de sécurité plus pointues, seront traités à Thoune», poursuit Vincent Lenders.

L’exemple de RUAG, pour ne citer qu’un des plus emblématiques, en atteste, la partie n’est pas gagnée. «Il reste encore quelques lacunes, mais nous venons de lancer le campus. D’ici à fin 2020, nous serons opérationnels», promet le directeur, qui compte beaucoup, pour relever le défi, sur l’union sacrée entre la Confédération (qui identifie les domaines de recherche), les EPF (pour leur apport scientifique) et les entreprises (pour leurs technologies).

Créé: 27.11.2019, 19h55

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