L’armée suisse s'excuse d'avoir «volé» de l’eau aux Français

SécheresseLes Forces aériennes ont commis une erreur en envoyant des hélicoptères au lac des Rousses (F) sans autorisation.

Les pilotes puisaient en principe l’eau en Suisse, comme sur cette photo prise au lac de Joux. Pour gagner du temps, certains ont volé jusqu’au lac des Rousses, en France voisine, à quelques kilomètres. Mais ils l’ont fait sans autorisation des Français, et l’armée suisse a dû présenter ses excuses.

Les pilotes puisaient en principe l’eau en Suisse, comme sur cette photo prise au lac de Joux. Pour gagner du temps, certains ont volé jusqu’au lac des Rousses, en France voisine, à quelques kilomètres. Mais ils l’ont fait sans autorisation des Français, et l’armée suisse a dû présenter ses excuses. Image: DENIS BALIBOUSE/Reuters

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Il s’agissait seulement de donner à boire aux vaches du Jura vaudois victimes de la sécheresse. Mais on a frisé l’incident diplomatico-militaire: en allant puiser, jeudi dernier, de l’eau au lac des Rousses, en France voisine, à un ou deux kilomètres de la frontière, les pilotes des hélicoptères militaires suisses venus à la rescousse des agriculteurs ont commis une erreur. On a d’abord cru qu’ils étaient dans leur bon droit. Finalement, l’armée admet sa faute et a platement présenté ses excuses «aux autorités locales et régionales, ainsi qu’à la population concernée et aux touristes pour les désagréments engendrés», ainsi qu’elle l’a communiqué lundi.

«C’était une erreur»

«C’était une erreur et pas de la mauvaise volonté de la part des pilotes», déclare Daniel Reist, chef de la communication de l’armée. Il explique la bévue par une mauvaise interprétation d’une autorisation de survol octroyée par les autorités françaises. Il ne s’agissait en aucun cas d’une permission de puiser de l’eau qui devait être fournie par la Préfecture du Jura. Pour les pilotes suisses, l’opération au lac des Rousses représentait un gain de temps d’environ quinze minutes par rotation si on la compare à l’utilisation de l’eau du Léman, du lac de Neuchâtel ou du lac de Joux. Mais, en France voisine, des habitants étaient scandalisés car la Préfecture venait de publier un «arrêté de restriction des usages de l’eau».

Les pilotes suisses ont emmené 53 m3 d’eau française. «C’est peu par rapport aux plus de 2000 m3 que nous avons transportés depuis le début de la semaine passée», relève Denis Froidevaux, chef de l’état-major cantonal de conduite. Mais suffisant pour provoquer de vives réactions de l’autre côté de la frontière. «Tout s’est déroulé à notre insu, alors que la commune est propriétaire du lac. Ce n’est pas normal», s’insurgeait la semaine dernière le maire des Rousses, Bernard Mamet, cité par 20 minutes.

L’opération d’aide aux agriculteurs continue jusqu’au 4 août. Au-delà, une décision politique devrait être prise. Il faudra mettre en balance le coût, pas encore connu, et une météo qui semble se diriger vers une nouvelle période de canicule lors de la première quinzaine d’août. Dans l’immédiat, ainsi que l’explique Denis Froidevaux, le dispositif s’adapte à la demande, qui pourrait diminuer, vu les pluies déjà tombées ou annoncées. Le plan d’extension aux Préalpes, où seules quelques demandes isolées ont été émises, n’est pour l’instant pas déclenché.

Créé: 27.07.2015, 22h24

Des erreurs aussi dans les rivières

L’incident diplomatique avec le lac des Rousses n’est pas le seul couac enregistré au cours de l’opération d’approvisionnement des alpages. Mercredi, un des pilotes de l’armée a puisé de l’eau dans les rivières de l’Orbe et de l’Aubonne, alors que le pompage a été interdit dans les cours d’eau pour leur maintenir un débit minimal.

Plutôt que de faire d’incessants allers-retours entre le lac de Joux et le lac de Neuchâtel pour alimenter les bassins de rétention installés dans les alpages, un des pilotes a considéré qu’il serait plus judicieux de puiser de l’eau dans un endroit plus proche.

«Il s’agit d’une erreur qui a immédiatement été corrigée, et nous nous sommes excusés», a indiqué lundi Denis Froidevaux, chef de l’état-major cantonal de conduite, confirmant une information de «La Côte». ATS

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