Aide au suicide: initiative refusée, contre-projet accepté
Votation ExitLes Vaudois se prononçaient ce dimanche sur une initiative d’Exit visant à garantir l’accès à l’assistance au suicide pour les résidents d’EMS ainsi que sur un contre-projet du gouvernement.
L'initiative d'Exit «Assistance au Suicide en EMS» est rejetée par plus de 59% de la population alors que le contre-projet du gouvernement, qui fixe un cadre plus strict, est validé par près de 62% des votants.
Pierre-Yves Maillard: «Un vote de raison»
«Je suis surpris du résultat de l’initiative. Je pensais qu’elle ferait plus» a réagi le conseiller d’Etat Pierre-Yves Maillard. Il se dit également «très content» du résultat du contre-projet qu'il défendait. «Cela s’est joué dans les derniers temps. Il y a eu un débat nourri, les gens ont eu le temps de s’approprier le sujet et on fait un vote de raison», a-t-il analysé. «J’aurais été inquiet si les organisations sur ce sujet avaient été imbattables parce que cela aurait provoqué un trop grand changement de société.»
Le socialiste estime enfin que «pour la vie en institution c’est particulier. On ne peut pas faire comme si ce qu’il y a autour du résident n’existait pas. On ne peut pas dire aux soignants: "Vous êtes responsables du patient, de sa qualité de vie, et en ce qui concerne la mort, vous n’avez rien à dire"»
Tristan Gratier: «Un message d'ouverture au niveau suisse»
Également défenseur du contre-projet, Tristan Gratier, secrétaire de l'Association vaudois des EMS et président de l'association suisse partage la surprise de Pierre-Yves Maillard. «Sincèrement, je ne m’attendais pas à ce que ce vote soit si net car la campagne a été très émotionnelle et les initiants ont mis 3 à
Il analyse: «C’est un vote très intéressant même si sur les 150 EMS vaudois il n’y en avait que dix qui refusaient le suicide assisté pour des raisons religieuses ou éthiques. Cela ne va donc pas changer grand-chose. Au niveau suisse, en revanche c’est un message d’ouverture très intéressant.»
Véronique Hurni: «Je resterai attentive à l’application du contre-projet.»
La députée PLR Véronique Hurni était quant à elle favorable à l'initiative et défavorable au contre-projet. «Je trouvais bien de légiférer pour les hôpitaux et les EMS. Le problème c’est la capacité de discernement», réagit-elle. «Dans le contre-projet elle devra être évaluée par pas mal de monde. Il sera parfois difficile de l’obtenir, notamment dans les établissements qui ont fait campagne pour le double non. Quant à la possibilité de recourir qu’auront les patients concernés, cela sera difficile pour une personne en fin de vie de trouver l’énergie de le faire.»
Véronique Hurni conclut: «Je suis très fière qu’il y ait eu ce débat et cette votation et je resterai attentive à l’application du contre-projet.»
Jérôme Sobel: «Un résultat en demi-teinte.»
Patron d’Exit Suisse romande, le docteur Jérôme Sobel qualifie ce résultat de «demi bon pas» dans la bonne direction. «Il faut voir qu’en acceptant le contre-projet, la population a validé le concept de suicide assisté. Si nous avions renoncé à notre initiative à la faveur du contre-projet, la question n’aurait pas passé par les urnes. Aujourd’hui, c’est clair, le peuple y est favorable. Reste à savoir comment les règles du contre-projet seront appliquées, au CHUV notamment, où les actuelles directives ont été interprétées jusque-là de la manière la plus restrictive», analyse-t-il.
Selon son président, Exit aura désormais la possibilité de recourir auprès du médecin cantonal ou de la commission des plaintes en cas de blocage. «Et nous aurons un droit de regard sur la procédure d’évaluation faite par les médecins des institutions, poursuit-il. Mais tout cela pourrait être très long et difficile pour le malade qui souhaite s’en aller ; c’est pourquoi je parlerais d’un résultat en demi-teinte.»
Marc Donzé: «une banalisation de la volonté de mettre fin à ses jours.»
Dans un communiqué de presse, L’abbé Marc Donzé vicaire épiscopal pour le canton de Vaud a fait savoir qu’il «regrette qu’une majorité de citoyens vaudois ait accepté le contre-projet.» Rappelant que la vie est un don de Dieu, le représentant de l’évêque dans le canton craint que «L’obligation d’accueil pour les établissements médicaux de l’assistance au suicide puisse entraîner une banalisation de la volonté de mettre fin à ses jours.» Marc Donzé promet enfin que les aumôniers de santé resteront à l’écoute et «sans jugement» des personnes amenées à envisager le suicide assisté.
Créé: 17.06.2012, 16h17
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