Ces assurés qui renoncent à se soigner, faute d'argent

SantéLe Centre social protestant dénonce des difficultés toujours plus nombreuses en lien avec les frais de santé.

La nouvelle campagne du CSP.

La nouvelle campagne du CSP. Image: DR

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En vue de diminuer le montant des primes, Monsieur X a choisi pour lui-même et son fils la franchise d’assurance-maladie la plus élevée (2500 fr.). Le fils tombe soudainement malade. Son état requiert de longues investigations et un traitement lourd, obligeant le père de famille aux revenus modestes à débourser 5000 fr. de franchise. Impossible. Il doit faire appel au Centre social protestant (CSP) pour s’en sortir.

«Ils sont des milliers, en Suisse, à être en butte à des difficultés inextricables liées au système de soins. L’accès aux soins n’est pas garanti pour tout le monde», dénoncent les quatre centres sociaux protestants romands. Ils lancent une campagne sur le thème du renoncement aux soins pour raison financière. «Nous observons cela fréquemment et depuis belle lurette dans nos consultations, rapporte Caroline Regamey, du CSP Vaud. Ce problème s’intensifie (voir chiffres ci-contre).»

Autre cas cité en exemple: un homme de 50 ans astreint à un traitement dentaire indispensable d’un montant de 4000 fr. Problème: c’est plus que son salaire. «Des gens qui sortent des centaines de francs par mois pour leur assurance n’ont pourtant pas un accès direct aux soins», déplore une assistante sociale.

Cherté des primes, subsides insuffisants, difficultés à payer la facture du médecin ou les prestations non couvertes par la LaMal… «Des situations fréquentes», répète Caroline Regamey, qui dénonce une reproduction des inégalités. Le taux de renoncement aux soins est plus élevé chez les personnes les plus précaires. «Mais aussi chez celles dont l’état de santé n’est pas bon, malheureusement. Le lien est à double sens: d’un côté, se priver de soins influe négativement sur la santé; de l’autre, ceux qui renoncent à des consultations pour une raison financière ont un moins bon état de santé que les autres.»

Trop cher, trop complexe

Le CSP pointe de longue date le poids considérable de l’assurance-maladie dans le budget des ménages et les difficultés qui en résultent en termes de dégradation de la situation financière, d’endettement et d’autorestrictions. «Ces difficultés récurrentes n’ont pas trouvé de solution, notent les comités romands. On peut se demander si ce n’est pas le système actuel qui incite à renoncer à se soigner.»

Les professionnels de l’aide sociale relèvent par ailleurs une mauvaise compréhension dudit système, jugé trop complexe. Certaines personnes n’osent pas retourner chez leur médecin parce qu’elles ont des arriérés de paiements, par exemple, ou pensent à tort ne plus être couvertes. Militant pour une simplification du système, les CSP romands soutiennent l’initiative fédérale «Pour des primes plus justes». «Des solutions doivent être trouvées pour améliorer l’accès aux soins pour tous, quelle que soit la situation budgétaire.»

Les CSP rapportent par ailleurs que leurs consultations sont saturées, alors que le nombre de donateurs privés diminue. «Notre accompagnement est gratuit; il faut que nous puissions nous appuyer sur des dons», rappellent les comités. La recherche de fonds lancée mardi est assortie d’un code Twint permettant de faire un versement de 5 ou 10 fr. (csp.ch).

En 2016, 7500 personnes se sont adressées à l’antenne vaudoise, financée à hauteur de 25% par des fonds privés. (24 heures)

Créé: 21.03.2018, 14h55

En chiffres

22% des Suisses ont renoncé à consulter, à faire un test ou un examen de contrôle, ou n’ont pas retiré un médicament sous ordonnance pour des raisons financières au cours des douze derniers mois (chiffres OBSAN 2016). En 2010, c’était 10%.

14% des personnes interrogées dans le cadre de l’étude Bus Santé (Genève) déclarent avoir renoncé à des soins pour des raisons de coûts.

3 ménages sur 5 faisant appel à Dettes Conseils Suisse ont des dettes d’assurance-maladie et 1 ménage sur 3 a des dettes auprès de prestataires de soins.

159% L’augmentation cumulée des primes d’assurance-maladie entre 1996 et 2016.

111% L’augmentation pour les ménages de la participation aux coûts de la santé depuis l’entrée en vigueur de la LAMal. Les salaires, eux, n’ont augmenté que de 23%.

12% du revenu: c’est la charge que représentent les primes d’assurance-maladie pour les ménages modestes. Près de 22% des ménages suisses sont incapables de faire face à des dépenses imprévues de 2500 fr. dans un délai d’un mois.

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