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À l’aula des Cèdres, la rénovation est aussi invisible que les danseurs

Le bâtiment de Jean Tschumi a été rénové pour 7,2 millions. Une installation y fait danser des arlequins virtuels.

Le grand auditoire possède un écran LED incurvé de 9 mètres sur 3, calqué sur la courbe décidée par Jean Tschumi. Les parois autrefois flottantes touchent désormais le plafond.
Le grand auditoire possède un écran LED incurvé de 9 mètres sur 3, calqué sur la courbe décidée par Jean Tschumi. Les parois autrefois flottantes touchent désormais le plafond.
Odile Meylan
L'écran de 27 m2 (9x3) est «le plus grand écran incurvé d'auditoire» selon l'architecte cantonal Emmanuel Ventura. A l'arrière, on découvre l'installation LED.
L'écran de 27 m2 (9x3) est «le plus grand écran incurvé d'auditoire» selon l'architecte cantonal Emmanuel Ventura. A l'arrière, on découvre l'installation LED.
Odile Meylan
L'intervention artistique Magic Window du chorégraphe Gilles Jobin fait danser 50 arlequins en réalité virtuelle par le biais d'une application smartphone.
L'intervention artistique Magic Window du chorégraphe Gilles Jobin fait danser 50 arlequins en réalité virtuelle par le biais d'une application smartphone.
Jean-Bernard Sieber
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Début 2018, nous titrions dans nos colonnes «La perfection en réfection». Lundi, les conseillers d’État Cesla Amarelle et Pascal Broulis ont inauguré la fin des travaux à l’aula des Cèdres, sous-gare à Lausanne, louant à nouveau «l’architecture exemplaire» du dernier bâtiment de Jean Tschumi (1962).

Il sera difficile au badaud de comprendre où sont passés les 7,2 millions de francs dépensés pour rénover l’intérieur de l’aula – les architectes Devanthéry et Lamunière s’étaient occupés de l’enveloppe extérieure en 1995. C’est que l’atelier d’architecture Ivan Kolecek a travaillé en profondeur. Toutes les installations techniques ont été modernisées, mais entièrement intégrées dans la construction existante. «Comme en musique, nous avons déchiffré la partition de Jean Tschumi et François Panchaud (ndlr: ingénieur du projet) avant de concevoir les rénovations», explique Ivan Kolecek, au chevet des bâtiments de la Haute École pédagogique – autrefois de l’EPFL – depuis deux décennies.

Il détaille les prouesses avant-gardistes et intelligentes qui font que «chaque geste servait à deux ou trois fonctions». Comme dans la salle circulaire du jury, où la spirale lumineuse amène l’électricité au lustre sans que rien ne soit fixé dans la coque de béton du toit, ou les lignes de briques inversées dont les trous ouvrent sur un système de ventilation caché dans un mur à double épaisseur. «Nous avons utilisé ce procédé de double paroi pour installer la nouvelle ventilation de l’auditoire», indique-t-il.

Des cendriers dans les sièges

L’auditoire, justement, est le lieu qui a le plus changé, même si son sol de lino rouge brique demeure, après une cure de désamiantage. D’abord, l’espace vitré qui «fermait» le haut des parois a été muré pour installer ladite ventilation. Mais aussi pour permettre une plus grande isolation phonique, à une époque où les différents espaces sont utilisés en même temps, ce qui n’était pas le cas en 1962. Jean Tschumi n’est pas trahi: un procès-verbal de 1961 indique que lui-même se posait la question de fermer la paroi.

De 493 sièges, l’auditoire passe à 450, les travées de sécurité ayant dû être élargies. Chaque place dispose désormais d’une tablette rétractable, avec prises secteur et USB intégrées. «Les sièges précédents étaient des fauteuils business de Swissair, commandés par Tschumi et adaptés», témoigne Ivan Kolecek, se basant sur les souvenirs de Bernard Tschumi, fils de l’architecte. «Dans le petit auditoire, qui était initialement la salle des professeurs, chaque fauteuil avait son cendrier!»

La salle – utilisée par la HEP, pour les naturalisations ou des manifestations – peut aussi se targuer d’avoir «le plus grand écran LED incurvé d’auditoire (27 m2, 9x3)», indique l’architecte cantonal Emmanuel Ventura. Un écran calqué sur la courbe décidée à l’époque par Tschumi.

L’intervention artistique de Gilles Jobin, financée par le pourcentage artistique dédié depuis 1979 à une œuvre dans tout bâtiment neuf ou rénové appartenant à l’État, joue sur la prouesse technique mais aussi sur l’invisibilité qui caractérise cette rénovation. Cinquante personnages en habits d’arlequin dansent dans et autour de l’aula. Pour les voir, le visiteur doit télécharger l’application gratuite Magic Window (uniquement Apple) et viser les bornes colorées.

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